Les universités feront les frais du contingentement

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Selon le ministre François Blais, l'offre de place au baccalauréat surpasse la demande sur le marché du travail.

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(Québec) Réduire les admissions au baccalauréat en enseignement entraînera une réduction des subventions versées aux universités, reconnaît le ministre François Blais. Mais le temps est venu selon lui de financer les établissements en fonction des besoins réels du marché du travail.

La Presse a révélé hier que le ministre veut resserrer les critères d'admission au bac. Il imposera un examen obligatoire de français qu'il faudra avoir réussi pour être admis au bac. Il exigera également de meilleurs résultats scolaires au collégial. Une cote R minimale serait fixée.

François Blais a expliqué hier que son «contingentement ministériel» passerait par une réduction du nombre de personnes admises aux programmes de bac à l'enseignement primaire et secondaire. Québec fixerait pour chaque faculté le nombre de places offertes chaque année, comme il le fait en médecine à l'heure actuelle. Seuls les candidats ayant les meilleurs dossiers scolaires, donc une cote R élevée, seraient sélectionnés.

«On va juger de nos besoins tout d'abord, comme on fait en médecine, et ensuite les universités pourront choisir les meilleurs», en fonction de la cote R, a-t-il expliqué.

En 2013, 4165 étudiants ont été admis en enseignement primaire ou secondaire, selon les plus récentes statistiques du Ministère. Ce nombre est à peu près stable depuis une décennie.

Comme le financement des universités est basé en bonne partie sur le nombre d'étudiants inscrits, un contingentement entraînera une réduction de leurs subventions. Le financement des facultés d'éducation doit être fonction des besoins, a fait valoir à La Presse l'ancien doyen de la faculté des sciences sociales de l'Université Laval.

Selon lui, l'offre de places au bac surpasse la demande sur le marché du travail. Il a ajouté que bien des finissants ont du mal à se trouver du travail et ont un statut précaire pendant des années.

«Il y a un équilibre de marché qui nous permet» de contingenter le programme, a-t-il expliqué. «Alors on va le faire. On ne se gênera pas, quand même.» Après tout, être enseignant «est un métier aussi important que celui de médecin», a-t-il plaidé.

Des modèles

La Fédération autonome de l'enseignement souligne toutefois qu'il y a bon an mal an environ 3000 professeurs sans permis qui bénéficient d'une «autorisation d'enseigner» de la part du Ministère parce qu'il y a pénurie d'enseignants légalement qualifiés en français, en anglais et en sciences au secondaire.

François Blais se défend de croire que plusieurs enseignants actuels ne sont «pas bons». Mais «quand on voit la cote R d'admission dans certaines universités, on se dit qu'il y aurait moyen d'aller chercher de meilleurs étudiants. Pourquoi? Parce que nos enseignants doivent être des modèles sur le plan intellectuel. Ils doivent aussi être des modèles sur le plan de la personnalité, sur le plan moral», a-t-il soutenu.

Il n'est pas question pour lui de réformer le programme de formation des maîtres, donc le bac de quatre ans.

Ils ont dit

«On a quand même pas mal de candidatures [au bac]. Si on allait vers un contingentement, on aurait encore de meilleures candidatures. On le fait simplement parce que tous les spécialistes nous disent que rehausser quand c'est possible le niveau intellectuel, les capacités des enseignants, ça se répercute nécessairement chez les enfants.»

- François Blais, ministre de l'Éducation

«Il faut rehausser les exigences auprès des futurs enseignants, dans les facultés d'éducation, donc exiger et une cote R, et des évaluations un peu plus difficiles.»

- François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

«Quand on parle d'attraction à la profession et d'augmentation de la performance des étudiants qui arrivent en éducation, il faut travailler sur l'ensemble du dossier. [...] Parlons un peu de salaire à l'entrée de la profession. Parlons de précarité qui dure de dix à quinze ans, quand ce n'est pas, dans certains secteurs, toute la carrière. Parlons de la tâche et des conditions de travail.»

- Josée Scalabrini, présidente de la FSE (CSQ)

«On ne peut pas être en désaccord avec le fait de rehausser les conditions pour permettre à quelqu'un d'entrer au bac en enseignement. Mais sur la question du français, il faut aller plus loin. Qu'est-ce qu'on fait apprendre aux élèves au primaire, au secondaire? Il faut se poser la question. Il faut recentrer le programme de formation sur la maîtrise de la grammaire.»

- Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement

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