Le PLQ refuse de féliciter le gouvernement grec anti-austérité

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Plus tôt au mois de janvier, les Grecs ont créé une onde de choc en élisant une coalition de gauche radicale, Syriza, menée par Aléxis Tspras (de dos).

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Couillard refuse d'adresser ses félicitations au nouveau gouvernement grec anti-austérité et à son premier ministre.

Les libéraux n'ont en effet pas accordé leur consentement essentiel pour le débat sur une motion de félicitations déposée conjointement par Québec solidaire et le Parti québécois, en cette première journée de session parlementaire, mardi.

Plus tôt au mois de janvier, les Grecs ont créé une onde de choc en élisant une coalition de gauche radicale, Syriza, qui veut mettre fin au régime d'austérité imposé notamment par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Profondément endettée, la Grèce est en effet dans un marasme économique depuis plusieurs années et les mesures draconiennes, privatisations, réductions des dépenses publiques, etc., n'ont pas donné les résultats de relance escomptés.

Juste après la période de questions, en après-midi, le député Amir Khadir a déposé une motion qui ne faisait aucune allusion précise à ce contexte. On pouvait lire: «Que l'Assemblée nationale félicite le nouveau premier ministre grec, Aléxis Tspras, et son parti politique Syriza, pour la victoire remportée aux élections générales de janvier 2015. Que l'Assemblée nationale souhaite à ce nouveau gouvernement de réussir à concrétiser tous les espoirs suscités par le choix démocratique du peuple grec avec lequel le Québec entretient des relations d'amitié privilégiées.»

Toutefois, les libéraux, qui se font reprocher tous les jours par ces deux partis d'opposition de faire subir un régime d'austérité au Québec, ont refusé d'accorder leur consentement au débat, qui est requis.

Au moment du dépôt de sa motion, Amir Khadir a même demandé directement au leader parlementaire adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos, s'il voulait joindre sa voix pour être conjoint à cette motion. Et c'est M. Sklavounos, qui est député de Laurier-Dorion et qui est lui-même d'origine grecque, qui a refusé le consentement. Un grand nombre des électeurs de sa circonscription sont d'origine grecque.

Dans une entrevue à La Presse Canadienne, Amir Khadir a dit avoir pourtant choisi «à dessein» une formulation «générale et consensuelle» pour la motion, en évitant les mots austérité ou anti-austérité.

«C'est malheureux, c'est comme une espèce d'enfermement idéologique. Je trouve regrettable cet enfermement idéologique, cette espèce de fanatisme de marché, qui empêche le gouvernement de prendre une position qui souligne l'amitié entre le peuple québécois et le peuple grec», a-t-il dit.

Il n'est pas inhabituel que la Chambre salue une élection, a-t-il pris la peine d'ajouter, en se rappelant que l'Assemblée nationale avait salué l'élection de Barack Obama en 2008.

La porte-parole péquiste qui a piloté conjointement cette motion, Carole Poirier, a dit également être surprise de la décision des libéraux et l'a trouvée regrettable. «Pourquoi? On n'est pas content que la Grèce se donne un gouvernement de façon démocratique? a demandé la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Il y a quelque chose d'un peu paradoxal. Que le Parti libéral ne soit pas content du choix des Grecs, ce n'est justement pas de ses affaires.»

Or, les libéraux soutiennent plutôt que ce n'est pas «la norme» d'adopter ce type de motion. «Ce n'est pas l'habitude de faire de telles motions pour féliciter un nouveau gouvernement après son élection», a déclaré Félix Rhéaume, le porte-parole du leader parlementaire du gouvernement, dans une entrevue téléphonique. Il ne se rappelait pas de ce qui avait été décidé pour Barack Obama, mais il ne croit pas que cela avait été fait non plus pour le précédent gouvernement grec ou italien.

Les libéraux semblent en général allergiques au terme austérité. Philippe Couillard a maintes fois répété qu'il n'imposait pas l'austérité au Québec, mais bien la rigueur, parce que les dépenses publiques continuaient d'augmenter, au lieu de diminuer.

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