Éric Caire compare le style du ministre Barrette à du harcèlement sexuel

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Éric Caire

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le style de gestion du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est de même nature que le harcèlement sexuel imposé à une femme.

C'est du moins l'avis du député caquiste Éric Caire, qui s'est autorisé cette analogie audacieuse, en Chambre, vendredi soir dernier.

La métaphore choisie par le député de La Peltrie a créé un malaise parmi les parlementaires, particulièrement chez les femmes, selon ce qu'a pu constater La Presse Canadienne.

«Blague de mon'oncle», a commenté en entrevue la députée péquiste Carole Poirier, porte-parole de l'opposition officielle en matière de condition féminine, qui était présente en Chambre à ce moment et a jugé «grossière» la comparaison employée.

«Image de mauvais goût», a renchéri la ministre de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, invitée à qualifier la déclaration de son collègue.

Il était 22h40, vendredi, en toute fin du processus d'adoption sous le bâillon du projet de loi 10, qui revoit les structures du réseau de la santé, quand M. Caire s'est levé en Chambre pour prendre la parole dans le but de critiquer le style de gestion du ministre Barrette de façon imagée.

«Il a décidé de faire de la microgestion. Si le réseau de la santé était une femme, il serait accusé de harcèlement, tellement il a les mains partout», a déclaré M. Caire.

Aussitôt, le vice-président de l'Assemblée nationale, François Gendron, est intervenu, en affirmant: «C'est une image que je ne peux pas accepter». Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a réclamé que le député retire ses propos, et M. Gendron a donné suite à sa demande.

Tout en revenant à la charge pour demander au ministre Barrette de cesser de privilégier la microgestion, M. Caire a donc rapidement retiré ses paroles controversées.

N'empêche, le mal était fait. «Jamais une femme élue n'aurait utilisé ce genre de comparaison», assure Carole Poirier, en qualifiant les propos de son collègue de «regrettables et maladroits».

Pire, elle estime que ce type de discours banalise un problème sérieux, soit le harcèlement sexuel dont sont victimes bien des femmes.

«De tels propos, en 2015, n'ont pas leur place au Salon bleu de l'Assemblée nationale», tranche la ministre Stéphanie Vallée, se permettant de rappeler à l'ordre M. Caire.

Elle juge qu'«on aurait pu s'attendre de la part de M. Caire à davantage d'empathie et de sensibilité à l'égard des femmes victimes de harcèlement, notamment suite aux vagues de dénonciations de cet automne».

La porte-parole de Québec solidaire et députée de Gouin, Françoise David, est d'avis elle aussi que la métaphore choisie par le député de La Peltrie «n'est pas une analogie très brillante», ce qu'il a au moins reconnu en la retirant aussitôt.

Après coup, M. Caire reconnaît son erreur. «Dans ma frustration de voir un ministre centraliser tous les pouvoirs entre ses mains, j'ai utilisé une comparaison qui peut choquer et je regrette ces paroles», a-t-il répondu à une demande formulée en vue de mieux comprendre son attrait pour les métaphores musclées.

«Dans le feu de l'action, admet le député, des paroles peuvent parfois être prononcées sans en considérer toutes les conséquences. C'est le cas pour ce que j'ai dit vendredi dernier.»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a refusé de commenter l'incident.

Le ministre Barrette n'a pas donné suite à une demande de commentaire.

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