Les médecins embellissent la réalité, dit Barrette

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

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(Québec) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, prête bien peu de crédibilité à un sondage au coeur de la publicité de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour décrier le projet de loi 20. Il avoue avoir lui-même invité ses collègues à embellir la réalité en répondant à ce coup de sonde annuel, au moment où il était à la tête de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Dans la publicité publiée dans différents médias, dont La Presse hier, la FMOQ dénonce «le mépris et le dénigrement du ministre Barrette avec son projet de loi 20». Elle souligne que, selon le sondage annuel des médecins de 2013 et de 2014, «les médecins de famille du Québec travaillent en moyenne entre 45 et 50 heures par semaine, 45 semaines par année. Et ces statistiques excluent les périodes de garde en établissement».

«Pas une grande valeur»

Gaétan Barrette a répliqué que ce sondage pancanadien a un faible échantillon et «n'a pas une grande valeur». «C'est un sondage auquel les deux fédérations ont demandé, il y a quelques années, de répondre de façon plus positive parce que les réponses spontanées qui étaient faites et qui montraient la réalité étaient défavorables. Je l'ai fait moi-même, en passant, auprès de mes membres. Ce qui fait que ce sondage-là a moins de valeur aujourd'hui que précédemment», a-t-il soutenu, en marge d'une réunion du Conseil des ministres.

Par «répondre de façon plus positive», il entend gonfler les chiffres au sujet du nombre d'heures travaillées. «On mettait beaucoup d'enthousiasme dans les chiffres que l'on écrivait», a reconnu M. Barrette.

Il se défend d'avoir encouragé les médecins à mentir ou encore de les accuser de le faire aujourd'hui. Il affirme que la fédération, par exemple, incitait plusieurs médecins pratiquant à temps plein à répondre au sondage alors que ceux-ci n'avaient pas l'intention de le faire au départ.

Gaétan Barrette préfère se fier aux données de la Régie de l'assurance maladie, qui sont «solides». «Le nombre de médecins augmente, mais le nombre de services diminue. Ça ne prend pas un Ph. D. en économie, en santé ou en quoi que ce soit pour tirer la bonne conclusion. Notre objectif est de faire en sorte que les services soient donnés», a-t-il plaidé.

Réplique de la FMOQ

La FMOQ nie avoir incité ses membres à trafiquer la réalité en répondant au sondage. «Il est fallacieux de tenter de nous associer aux méthodes discutables qui étaient les siennes alors qu'il dirigeait la FMSQ», a-t-elle ajouté.

Le projet de loi 20 vise entre autres à réduire la rémunération des médecins qui ne prennent pas la responsabilité d'un nombre minimal de patients et qui ne se rendent pas assez accessibles. «Je constate sur le terrain qu'il y a des gens qui ont déjà commencé à s'adapter en vue de l'adoption éventuelle de ce projet de loi. J'en suis très content», a indiqué le ministre Barrette.

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