Le gel salarial est une erreur, selon Legault

En entrevue, François Legault s'est prononcé sur plusieurs... (Photo Paul Chiasson, archives La Presse Canadienne)

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En entrevue, François Legault s'est prononcé sur plusieurs décisions ou orientations du gouvernement Couillard, notamment sa volonté d'augmenter le nombre d'élèves par classe.

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(QUÉBEC) Le gouvernement Couillard fait fausse route en voulant imposer un gel salarial aux employés de l'État pendant deux ans, estime le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault. Selon lui, les libéraux devraient protéger le pouvoir d'achat des fonctionnaires, mais réduire leur nombre.

Lors d'une entrevue de fin d'année, hier, le chef caquiste a accusé le gouvernement libéral d'utiliser la mauvaise stratégie pour réduire les dépenses de l'État. Il rappelle que son parti propose d'abolir 22 000 postes parmi les fonctionnaires qui ne donnent pas de services directs à la population.

Selon lui, toute l'économie va souffrir si le pouvoir d'achat d'un demi-million de Québécois est diminué.

«C'est une erreur de gestion, a-t-il résumé. Dans n'importe quelle organisation, publique ou privée, on aime mieux toucher moins d'employés, 22 000, que de dire que 570 000 employés vont voir leur pouvoir d'achat diminuer. On va nuire à l'économie.»

Taille des classes: Couillard va reculer

François Legault se dit convaincu que le gouvernement Couillard va faire marche arrière sur son intention d'augmenter le nombre d'élèves par classe. Le leader de la CAQ voit mal comment le gouvernement libéral peut persister dans cette stratégie. La réforme est d'autant plus «injuste» à ses yeux que, selon lui, les plus grands perdants seront les élèves en difficulté qui nécessitent une plus grande aide de leurs enseignants. «C'est trop gros, a dit M. Legault. C'est un peu comme l'aide aux revues scientifiques: ça va tellement dans le sens contraire du consensus. Même dans le monde des affaires, même les gens que je connais qui sont le plus à droite disent que la clé de notre avenir économique, c'est l'éducation.»

Gaz de schiste: une décision «irresponsable»

La décision de Philippe Couillard de fermer la porte au gaz de schiste est «irresponsable», dit le chef de la CAQ. François Legault concède que cette filière énergétique a été accueillie avec une levée de boucliers dans plusieurs régions, mais pas toutes. Selon lui, Québec devrait autoriser des projets pilotes pour vérifier si les forages affectent les eaux souterraines et de surface. Cette démarche pourrait favoriser l'acceptabilité sociale. «S'il y a acceptabilité sociale, si on peut avoir des garanties qu'on ne touchera pas à la nappe phréatique, si on est capables d'avoir des retombées, pourquoi fermer ça? Pourquoi céder encore une fois aux groupes de pression. Est-ce que l'économie est une priorité ou pas?»

Énergie Est: Québec doit exiger des redevances

Dans sa forme actuelle, le projet d'oléoduc Énergie Est «ne semble pas très intéressant» pour le Québec, juge François Legault. Comme la construction d'un port à Cacouna semble compromise, il semble peu probable que le superprojet entraîne des retombées économiques à long terme. M. Legault presse le gouvernement Couillard d'imiter la Colombie-Britannique et de monnayer son appui au versement de redevances. «Il faut que ce soient des retombées qui valent la peine dans la balance des inconvénients, a-t-il indiqué. [...] C'est bien beau prendre des risques, mais, s'il n'y a aucun potentiel de gain pour le Québec, ça ne vaut pas la peine. S'il y a un potentiel de gain important, ça peut devenir intéressant.»

L'effet du pétrole insuffisant pour relancer l'économie

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, met des lunettes roses lorsqu'il affirme que la baisse des cours du pétrole donnera un coup de fouet à l'économie du Québec, estime François Legault. «Il est un peu trop optimiste, résume le chef caquiste. Les faits, c'est que depuis qu'il est là, le Québec a perdu des emplois.» Selon lui, le gouvernement Couillard ne doit pas rester les bras croisés devant la nouvelle donne pétrolière, bien qu'il concède qu'elle aidera les entreprises québécoises à exporter. Il doit aussi accentuer les efforts pour attirer de nouveaux investissements au Québec, dit-il.

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