Transferts en infrastructure et en santé: Québec et Ontario font front commun

Le ministre Leitao est débarqué à Ottawa avec... (Photo Archives La Presse Canadienne)

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Le ministre Leitao est débarqué à Ottawa avec une vision contrastant avec celles de certains de ses homologues provinciaux et territoriaux en ce qui a trait au prix de l'essence.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le Québec et l'Ontario ont fait une nouvelle démonstration d'unité, lundi, en réclamant à l'unisson au gouvernement fédéral une hausse des transferts en infrastructure et une révision de la formule des transferts en matière de santé.

Invoquant notamment la faiblesse des taux d'intérêt, les ministres des Finances des deux provinces voisines ont plaidé que le moment était idéal pour injecter des sommes visant à financer des projets d'infrastructure.

Ils ont livré un plaidoyer en ce sens auprès du ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, qui recevait pour une première fois ses homologues provinciaux et territoriaux en chair et en os à Ottawa dans le cadre d'une rencontre interministérielle.

«Il n'y a pas eu de promesses mirobolantes, mais il y avait une certaine ouverture à se pencher sur une amélioration des transferts fédéraux en infrastructure», a relaté le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, à l'issue de la réunion.

«Nous allons continuer de marteler (ce message) d'ici le budget fédéral», a-t-il poursuivi en point de presse.

Son homologue ontarien, Charles Sousa, a pour sa part affirmé que Joe Oliver était bien conscient de la pertinence de procéder à des investissements en infrastructure.

«Sa préoccupation relève davantage du «timing'. La nôtre, c'est qu'il est plus que temps de le faire», a-t-il suggéré en point de presse.

Un autre dossier dans lequel il semble y avoir consensus - et non pas seulement au Québec et en Ontario - est celui des transferts fédéraux en santé, dont la formule est appelée à changer en 2017.

Plusieurs provinces aimeraient introduire un «élément démographique» dans la formule en raison du vieillissement de la population, selon M. Leitao, qui dit avoir trouvé «désobligeant» qu'Ottawa l'ait modifiée de façon unilatérale en décembre 2011.

Et le «montant record» que le gouvernement fédéral se targue de verser aux provinces pour 2015-2016 ne changera rien aux demandes des provinces, a signalé le ministre québécois.

«Les dépenses en santé sont celles qui augmentent le plus rapidement dans toutes les provinces. (...) La population est en train de vieillir, et ce qui nous préoccupe, ce n'est pas tellement les dépenses en santé cette année ou l'année prochaine, mais dans 10, 15, 20 ans», a-t-il souligné.

Ottawa avait dévoilé avant la rencontre entre les ministres, lundi matin, que le montant des transferts fédéraux aux provinces totaliserait 67,9 milliards $ pour 2015-2016.

Le Québec en sera le deuxième bénéficiaire (après l'Ontario): quelque 20,3 milliards $ - dont une somme de 9,5 milliards $ uniquement en paiement de péréquation - échoueront dans ses coffres.

Ces montants englobent les sommes prévues par les trois programmes de transferts fédéraux annuels dont bénéficient les provinces canadiennes: la péréquation, le transfert pour les soins de santé et le transfert en matière de programmes sociaux.

En précisant le contenu de l'enveloppe, le ministre Oliver a exhorté les provinces à poursuivre leur ménage dans les finances publiques.

«J'appelle (...) tous les gouvernements à suivre notre exemple en équilibrant leur budget, en réduisant leurs impôts et en faisant montre de discipline fiscale», a-t-il insisté.

En anglais, lors de son discours, il a explicitement appelé l'Ontario à le faire. Il a ensuite nommé le Québec dans une réponse en français.

La référence à l'Ontario a fait sourciller, notamment puisque le gouvernement de Kathleen Wynne et celui de Stephen Harper sont à couteaux tirés.

La dirigeante ontarienne réclame depuis quelques semaines une rencontre en tête-à-tête avec le premier ministre canadien, mais sans succès jusqu'à présent.

Joe Oliver a été invité à justifier cette pique.

«Il n'y a pas d'attaque contre l'Ontario. Je ne fais qu'exposer les faits», a-t-il dit en réponse à la question d'une journaliste.

Front commun

L'harmonisation des discours québécois et ontarien est venue témoigner à nouveau, lundi, de l'accroissement constant des liens stratégiques entre les deux provinces voisines.

Depuis que les libéraux de Philippe Couillard ont investi l'Assemblée nationale et que ceux de Kathleen Wynne ont été réélus à Queen's Park, les rapprochements se multiplient entre les deux provinces.

Après avoir voyagé en Chine ensemble dans le cadre d'une mission économique, fin octobre, les deux dirigeants ont orchestré un conseil des ministres conjoint, fin novembre, lequel a mené à la signature de quatre protocoles d'entente.

M. Couillard en avait profité pour qualifier d'«incontournable» ce «bloc d'influence» que «tout le monde doit écouter» lorsqu'il s'exprime.

La population combinée des deux provinces totalisait environ 62 pour cent de l'ensemble de la population canadienne au 1er juillet 2014, selon Statistique Canada.

Prix de l'essence

Le ministre Leitao est débarqué à Ottawa avec une vision contrastant avec celles de certains de ses homologues provinciaux et territoriaux en ce qui a trait au prix de l'essence.

Alors que la dégringolade des cours du pétrole laisse présager des lendemains inquiétants pour le gouvernement fédéral et d'autres provinces, elle profite à l'économie des provinces du centre du pays, a-t-il analysé.

«À titre de ministre des Finances du Québec, ça ne m'inquiète pas, parce que pour les économies du centre du Canada comme l'Ontario et le Québec, la chute des prix du pétrole a le même effet qu'une baisse d'impôt majeure», a expliqué M. Leitao lors du point de presse s'étant tenu avant la rencontre.

En dépit de l'importante baisse du prix du baril de pétrole, Ottawa maintient le cap en ce qui concerne le retour à l'équilibre budgétaire, prévu en 2015-2016.

À partir de quel seuil les promesses du gouvernement conservateur en matière de réduction du fardeau fiscal pourraient-elles être compromises?

Le ministre Oliver n'a pas voulu spéculer.

«Ce que je peux vous dire, c'est que les engagements pris par le premier ministre concernant les mesures fiscales pour les familles sont des promesses que nous respecterons», a-t-il affirmé.

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