Austérité: Coiteux critique ceux qui «naviguent à courte vue»

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Martin Coiteux

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Alors que quelques centaines de personnes manifestaient à l'extérieur contre les compressions du gouvernement Couillard, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a laissé entendre que ceux qui protestent contre son plan naviguent à courte vue.

«Ce qu'on fait, c'est donner un coup de barre alors que le bateau allait à la dérive. C'est certain que le redressement fait des vagues, ce qui peut donner parfois le mal de mer à ceux qui naviguent à courte vue», a lancé le ministre Coiteux.

Le président du Conseil du trésor s'adressait ainsi aux convives de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi. Il a d'ailleurs été chaleureusement applaudi par les gens d'affaires présents.

Il a aussi promis que lorsque l'équilibre budgétaire sera de nouveau atteint, en 2015-2016, «les eaux seront plus calmes et la croisière plus agréable».

Pour le reste de son allocution devant les gens d'affaires, il a vanté son plan d'austérité - un mot qu'il refuse de prononcer, lui préférant «redressement». Il a aussi loué le courage du gouvernement dont il fait partie. «Le gouvernement agit avec rigueur et pose des gestes courageux», a-t-il lancé.

«Il est temps de faire face à la réalité», a-t-il lancé en anglais, invitant les gens à «ne pas croire ceux qui voudraient faire passer nos politiques de redressement économique» pour de l'austérité. «L'austérité, c'est un slogan, c'est le slogan de ceux qui voudraient ne rien changer à l'état des choses au Québec», a-t-il soutenu.

Mais à l'extérieur de l'hôtel, une manifestation rassemblait de grandes centrales syndicales, des groupes sociaux et des responsables de services de garde - des gens frappés par les mesures de redressement du gouvernement. La manifestation a été pacifique et s'est déroulée dans les règles.

D'ailleurs plusieurs dizaines de policiers étaient présents, non seulement à l'extérieur, mais aussi dans l'hôtel et sur l'étage devant la salle où M. Coiteux prenait la parole.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, a prévenu que les effets des compressions annoncées dans les services de garde, en santé et en éducation ne faisaient que commencer et s'étendraient sur plusieurs années.

Kim De Baene, de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles, a suggéré au gouvernement de scruter l'autre colonne, celle des revenus, non pas seulement celle des dépenses. Elle a suggéré de s'attaquer à l'évitement fiscal et conseillé de s'intéresser aux profits des banques, qui viennent justement d'être dévoilés.

L'équipe de négociation du Conseil du trésor doit justement rencontrer les syndiqués des secteurs public et parapublic, la semaine prochaine, pour leur présenter officiellement les offres gouvernementales en prévision de la prochaine négociation des conventions collectives.

M. Coiteux semble encore vouloir prêcher les restrictions. «Ça va être une offre qui tient compte évidemment du contexte dans lequel on vit; ça va être une offre qui va tenir compte de la capacité de payer des Québécois, mais ça, ce sont des choses qu'on a déjà discutées. Moi, j'ai rencontré au mois de septembre tous les syndicats et j'ai expliqué quelle est la situation budgétaire, la situation économique. Donc, je pense que les gens vont être appelés à faire un effort avec nous encore une fois, dans l'intérêt de tout le monde», a-t-il affirmé.

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