Malgré l'austérité, Québec ne se désengage pas de la Francophonie

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Le premier ministre Philippe Couillard a été accueilli par le premier ministre sénégalais Mahammed Boun Abdallah Dionne, à Dakar.

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Denis Lessard
Denis Lessard

Envoyé spécial

La Presse

(Dakar, Sénégal) Même en période d'austérité budgétaire, le Québec ne compte pas réduire son appui financier à la Francophonie. Il s'agit du seul forum où le Québec peut s'exprimer directement sur la scène internationale, a rappelé hier le premier ministre Philippe Couillard.

«On a étudié ça, et il n'y en aura pas de compressions! L'Organisation internationale de la francophonie (OIF) c'est l'instance internationale où le Québec parle de sa propre voix», dit fermement M. Couillard. Les premiers ministres du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick sont reçus en tant que membre à part entière à cette table multilatérale. «Lorsqu'on y parle, c'est au nom du Québec. C'est très précieux, on exerce nos juridictions à l'international également, mais c'est un forum très important pour nous», a-t-il souligné à l'issue d'un entretien de près d'une heure avec le premier ministre sénégalais, Mahammed Boun Abdallah Dionne.

Le Québec donne environ 10 millions par année à des initiatives pour la francophonie, dont une bonne partie va directement à l'Organisation internationale de la Francophonie, établie à Paris. Il est le cinquième contributeur de l'OIF, la France avec 43% du budget se taille la part du lion, suivie du Canada, 25%, et de la Wallonie Bruxelles 8%. Suivent presque ex aequo la Suisse et le Québec qui épongent un peu plus de 6% des coûts de l'OIF.

Prudent sur les chances de Michaelle Jean

À quelques heures du début officiel du Sommet, devant l'absence de consensus autour d'une candidature pour le poste de futur président de l'Organisation, M. Couillard s'est montré très prudent quant aux chances de la candidate canadienne, Michaëlle Jean, de l'emporter. L'ex-gouverneure générale est bien perçue, mais la représentation africaine à l'OIF est «importante» prévient-il.

Clairement, les politiciens québécois paraissaient moins confiants qu'il y a quelques semaines sur les chances de l'ex-gouverneure générale du Canada. «Il est clair que sa candidature suscite beaucoup d'intérêt au Sénégal et ailleurs. Mais c'est un processus qui va se dérouler dans les prochains jours. On souhaite par contre que la désignation se fasse par consensus, ce qui est la règle générale au sein de la francophonie», a souligné le premier ministre.

Le Canada, le Québec et le Nouveau-Brunswick appuient Mme Jean, ainsi qu'Haïti, son pays d'origine. Mais jusqu'ici chez les 45 pays ou gouvernements représentés au sommet, aucun autre membre ne s'est, publiquement, rallié à la candidature canadienne. Les fonctionnaires du Québec soutiennent que sa tournée en Asie lui permet d'espérer les appuis du Viêtnam, du Laos et du Cambodge. Le gouvernement canadien qui fait sa promotion avec insistance défraie même les coûts de sa campagne internationale. Théoriquement, un vote pourrait avoir lieu dimanche, mais la règle veut que l'on s'entende à l'avance sur une candidature pour éviter un scrutin susceptible de semer la division.

M. Couillard rappelle, comme s'il voulait atténuer l'impact d'une défaite de la candidate canadienne, qu'il y a deux fonctions distinctes de dirigeant à l'OIF, la présidence à l'évidence, mais aussi le poste de «l'administrateur» occupé depuis 10 ans par le Québécois Clément Duhaime, «qui a fait un travail formidable».

«On est confiants», martelait aussi hier la ministre des Relations internationales, Christine Saint-Pierre, à l'issue d'une table ronde sur l'égalité des femmes dans la francophonie. 

Le sommet, qui réunit 45 membres - chefs d'États ou de gouvernements - réunit plus de 3000 personnes dans la capitale sénégalaise. Avec M. Couillard, une délégation d'une vingtaine d'entreprises québécoises sera au rendez-vous, Bombardier notamment qui souhaite louer des

avions au transporteur national Sénégal Airlines.

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