Commissions scolaires: les fusions vont affecter les services, pense la FCSQ

Les élèves risquent de faire les frais des fusions annoncées par le ministre de... (Photo Pascal Ratthé, archives Le Soleil)

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Photo Pascal Ratthé, archives Le Soleil

Martin Ouellet
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Les élèves risquent de faire les frais des fusions annoncées par le ministre de l'Éducation Yves Bolduc, croit la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.

Les nouveaux territoires élargis vont compliquer la tâche du personnel et les services aux élèves pourraient en souffrir, a soutenu Mme Bouchard, jeudi, à l'issue d'une assemblée des représentants des commissions scolaires à Québec.

«Les gens ne sont pas surpris du projet de fusions mais ce qui les inquiète, c'est la perte de services pour les élèves, c'est aussi la qualité de travail qui va diminuer et faire en sorte que notre personnel devra parcourir de grands territoires pour aller donner des services aux élèves», a-t-elle déclaré.

Les membres de la Fédération ont eu l'occasion de consulter la nouvelle carte des commissions scolaires dont le nombre sera réduit de 72 à 46. La métropole conservera ses trois commissions scolaires francophones mais avec un transfert massif d'élèves de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) vers Marguerite-Bourgeoys. À Québec, le nombre de commissions scolaires passera de cinq à deux. De nombreuses commissions scolaires seront aussi fusionnées en région.

Mme Bouchard doute que des économies puissent être réalisées avec cette réorganisation d'envergure. Elle redoute plutôt des coûts supplémentaires.

«C'est une question de proximité. Ça va être extrêmement couteux de faire voyager des professionnels qui vont perdre du temps sur la route pour se diriger vers les élèves. Il y a aussi les conventions collectives qui nous limitent à un déplacement de 50 kilomètres. L'opération est très coûteuse», a argué la présidente.

Les commissions scolaires feront connaître officiellement leur réponse au scénario soumis par le gouvernement Couillard au début du mois de décembre. Mais il est clair, selon Mme Bouchard, que l'enthousiasme n'y est pas. Au contraire, les élus sont «blessés» par le grand chambardement annoncé par le ministre quelques semaines à peine après les élections scolaires, a-t-elle fait valoir.

À l'Assemblée nationale, le ministre Bolduc a eu droit à la médecine de la Coalition avenir Québec qui lui reproche de naviguer à l'aveuglette dans ce dossier.

Le porte-parole caquiste en éducation, Jean-François Roberge, a même pressé le premier ministre Philippe Couillard de remanier son cabinet pour confier à quelqu'un d'autre le dossier délicat de l'éducation.

«C'est une question de compétence, a dit le député de Chambly en point de presse. Il est manifestement incapable de diriger ce ministère-là correctement. Donc, je demande au premier ministre: Écoutez, je ne sais pas si vous voulez le garder dans le conseil des ministres mais, s'il vous plaît, pas en éducation».

Pour le député Roberge, il est inconcevable que le ministre Bolduc soit incapable de fournir une évaluation des économies escomptées par les fusions.

«J'imagine qu'il visait des économies d'échelle. Il y a une armée de fonctionnaires, des gens compétents qui travaillent pour lui. Je ne sais même pas s'il leur a posé la question, a pesté l'élu caquiste. Je pense qu'il n'a aucune idée pourquoi il veut les fusionner. Il sent qu'il faut faire quelque chose, alors il va fusionner. Il est incapable de nous dire combien d'argent on pourrait économiser.»

Le député se demande aussi comment le ministre peut laisser miroiter plus d'autonomie aux écoles alors qu'il maintient en place la structure bureaucratique des commissions scolaires.

Du reste, en excluant l'abolition des commissions scolaires, M. Bolduc n'a pas entendu le message de la population le 2 novembre, a estimé M. Roberge.

«On est dans une situation grave parce que, suite aux résultats des élections scolaires où 95 pour cent des gens ne sont pas allés voter, le statu quo est évidemment intenable. (...) Par contre, si on refuse le statu quo, il faut proposer quelque chose. Le gouvernement, et particulièrement le ministre de l'Éducation, n'a absolument rien à proposer», a-t-il dit.

Non seulement le ministre étale son incompétence, il démontre aussi son absence de vision pour l'avenir, selon le député de l'opposition.

«On n'a plus confiance en ce ministre-là qui est allé de gaffe en gaffe depuis sept mois. Normalement, quand on annonce une mesure, on commence par annoncer où est-ce qu'on s'en va. C'est quoi, la vision du ministre? Où est-ce qu'il veut atterrir? (...) Il n'a aucune idée où est-ce qu'il s'en va. Quels pouvoirs il veut garder? Quels pouvoirs il veut déléguer aux écoles?», a-t-il soulevé.

Informé de la sortie de la CAQ, M. Bolduc a pris la chose avec un grain de sel, faisant remarquer que la formation de François Legault réclame sa démission «chaque semaine».

Le ministre a réitéré lors d'un impromptu de presse son intention de réformer la gouvernance des commissions scolaires et d'allouer plus d'autonomie et de pouvoirs aux écoles. Ce volet de la réorganisation ne sera défini qu'après les Fêtes, a-t-il indiqué.

«Il va y avoir plus de pouvoirs aux écoles, ça fait partie de la gouvernance, et ça va se faire dans un deuxième temps. D'abord, il faut s'entendre sur les nouvelles délimitations géographiques des commissions scolaires pour avoir une meilleure organisation des services», a déclaré M. Bolduc.

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