Retraite des députés: deux poids, deux mesures, disent les employés municipaux

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«À l'instar de ce qui sera demandé aux employés du secteur municipal, les membres de l'Assemblée nationale feront également le même effort pour atteindre l'objectif de l'équilibre budgétaire», a déclaré Philippe Couillard.

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(Québec) Les députés de l'Assemblée nationale refusent de se plier au traitement qu'ils veulent administrer aux employés municipaux, a dénoncé la Coalition syndicale pour la libre négociation, hier, après que les élus eurent adopté une motion les incitant à payer la moitié de leur régime de retraite.

Au terme d'un débat, 107 députés libéraux, péquistes et caquistes ont voté pour la motion symbolique.

La Coalition avenir Québec, qui a défendu la motion, pressait les autres partis de faire preuve de «cohérence». Le projet de loi 3 du gouvernement Couillard prévoit que les employés municipaux devront verser une cotisation correspondant à 50% dans leur caisse de retraite; les députés auraient envoyé un «mauvais signal» en refusant de se soumettre au même régime, selon François Legault.

Les députés ne paient actuellement que 21% de leur régime de retraite.

Or, la motion caquiste reste muette sur les déficits passés de la caisse de retraite des députés, a noté Marc Ranger, porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation. «Ils ne s'appliquent pas la même médecine en ne touchant pas aux déficits passés», a-t-il dit hier soir.

Au 31 décembre dernier, le Régime de retraite des députés de l'Assemblée nationale était en déficit de 110 millions, tandis que le Régime de prestations supplémentaires des membres de l'Assemblée nationale affichait un déficit de 87 millions.

Ce déficit de près de 200 millions représente près de 370 000$ pour chacun des 532 parlementaires ou ex-parlementaires qui participent au régime, note Marc Ranger.

«S'ils s'étaient appliqué la formule 50-50 de la manière dont ils nous l'appliquent, ils auraient tous dû allonger près de 185 000$», a-t-il illustré.

Le «même effort», a dit Couillard

En matinée, le premier ministre, Philippe Couillard, s'était montré d'accord avec le principe sous-tendant la motion caquiste. Les députés feraient le «même effort» que celui qu'ils demandent aux employés municipaux.

«À l'instar de ce qui sera demandé aux employés du secteur municipal, les membres de l'Assemblée nationale feront également le même effort pour atteindre l'objectif de l'équilibre budgétaire», a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale.

François Legault estime que les députés ne pouvaient exiger des sacrifices à la population sans s'en imposer eux-mêmes.

«Dans l'entreprise privée, c'est la même chose, a-t-il dit. Chaque fois que j'ai demandé des sacrifices à mes employés chez Air Transat, j'ai d'abord donné l'exemple avec ma rémunération.»

Un comité piloté par l'ex-juge Claire L'Heureux-Dubé avait recommandé l'an dernier que les élus versent à leur régime de retraite une contribution correspondant à 41%, mais que leur salaire soit augmenté.

Le whip du Parti québécois, Marjolain Dufour, a noté que les conclusions du comité faisaient consensus au sein des partis politiques. «Je trouve curieux aujourd'hui qu'on veuille le décortiquer ou le morceler», a-t-il déclaré.

Son parti a néanmoins appuyé la motion caquiste.

Les députés de Québec solidaire se sont abstenus de voter sur la motion d'hier puisqu'ils s'opposent au projet de loi 3.

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