Plan Nord: la version de Couillard plus modeste que celle de Charest

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Le gouvernement de Philippe Couillard (photo) doit rendre publique d'ici janvier une nouvelle version du Plan Nord.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
REYKJAVIK, Islande

Le Plan Nord de Philippe Couillard s'annonce pour être une pâle copie du projet grandiose concocté par l'ex-premier ministre Jean Charest en 2011.

Le gouvernement Couillard doit rendre publique d'ici janvier une nouvelle version du Plan Nord et il appert que ses ambitions seront bien plus modestes que celles nourries par M. Charest.

La version Couillard du Plan Nord sera limitée dans le temps, avec un horizon allant de 2015 à 2020, et sera axée sur la réalisation à court terme de projets concrets et raisonnables, a commenté vendredi le ministre des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, en entrevue à La Presse Canadienne, en marge de sa participation à un atelier à l'horaire de la conférence internationale Arctic Circle, qui se tient dans la capitale islandaise tout le week-end.

Rien à voir, donc, avec la grandiloquence du projet vanté par M. Charest en mai 2011, une grande aventure qui devait s'étirer sur 25 ans, générer des investissements privés et publics de plus de 80 milliards $ et devenir la locomotive économique du Québec, gage de prospérité pour les générations à venir, notamment grâce aux redevances minières.

Rappelons-nous: le Plan Nord devait créer ou maintenir 20 000 emplois par année et générer 14 milliards $ de retombées dans les coffres de l'État.

Sur le fond, le ballon semble s'être dégonflé en trois ans à peine, avec la chute marquée de la valeur des minéraux.

L'emballage a aussi changé du tout au tout. En mai 2011, Jean Charest parlait de l'annonce du Plan Nord comme d'un «des plus beaux moments» de sa vie. Ce discours lyrique a fait place avec son successeur à un discours beaucoup plus terre à terre.

«Ce qu'il faut faire dans la version deux du Plan Nord, c'est d'arriver avec des projets concrets, avec un échéancier plus raisonnable sur ce qu'on doit faire et de quelle façon on va le faire», résume le ministre Arcand, qui prépare son document «Plan Nord 2015-2020».

Tout en prenant ses distances, il refuse de blâmer M. Charest ou de remettre en question son approche.

Prudent, M. Arcand refuse tout autant de garantir que les importantes sommes de fonds publics consacrées à bâtir des infrastructures dans le grand-nord rapporteront les bénéfices escomptés.

«Dans ces affaires-là, on n'a jamais de garanties absolues», convient-il, en ajoutant qu'il estime «incontournable que le Plan Nord va se développer et il appartient juste à nous de le développer rapidement ou plus rapidement».

Malgré l'ampleur des sommes en cause, Québec n'a jamais fait d'analyse coûts-bénéfices de l'ensemble du projet, mais le ministre reste persuadé que les bénéfices à venir «peuvent être extrêmement intéressants».

Selon lui, il faut attendre d'avoir des projets concrets pour procéder à ce type d'analyse.

Le ministre Arcand ne se risque pas non plus à évaluer combien de fonds publics ont été investis dans le nord depuis le lancement du projet en 2011.

Le ministre Arcand précise que la présentation du Plan Nord sous forme d'un plan quinquennal ne change en rien l'échéancier plus global fixé en 2011.

Vendredi, le premier ministre Philippe Couillard était en transit. Il devait poser le pied à Reykjavik, en Islande, en fin de soirée, après sa mission économique en Chine, pour participer à la conférence.

Il doit prendre la parole samedi matin et présenter sa vision du développement du Nord québécois.

La capitale la plus septentrionale du globe réunit pendant trois jours une brochette impressionnante de centaines de conférenciers venus d'une trentaine de pays ayant en commun une préoccupation pour le développement des régions nordiques. L'impact des changements climatiques, le transport maritime, les questions de souveraineté, l'exploitation des ressources naturelles et énergétiques, la place faite aux nations autochtones, sont au nombre des sujets abordés par les chercheurs universitaires, dirigeants d'organismes, chefs d'entreprises et chefs de gouvernements présents à Reykjavik.

L'événement, parrainé par un organisme à but non lucratif, a vu le jour grâce à l'initiative du président islandais, Olafur Grimsson. Il vise à attirer l'attention de la communauté internationale sur l'avenir du grand-nord, dans un contexte de fonte accélérée des glaces.

C'est la deuxième rencontre du genre. L'an dernier, elle avait attiré quelque 1200 participants provenant d'une quarantaine de pays. Cette année, on en attend 1300.

La conférence, qui s'agite dans un décor de carte postale, aura débuté avec une présentation vidéo de la chancelière allemande, Angela Merkel, vendredi matin. L'ancien premier ministre français Michel Rocard fera une intervention samedi après-midi. Dimanche, Christina Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, fait partie des conférenciers.

Le Québec participe à deux ateliers, un sur l'énergie et un autre sur le Plan Nord.

Parmi les orateurs, on voit aussi les noms du grand chef du Grand conseil des Cris, Matthew Coon Come.

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