Négos: Québec fait planer un gel des salaires

Le gouvernement a-t-il «les moyens de donner des... (PHOTO MARIO BEAUREGARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Le gouvernement a-t-il «les moyens de donner des augmentations de salaire?», ont demandé les journalistes au ministre des Finances, Carlos Leitao. «Non. C'est très clair dans le budget», a-t-il répondu.

PHOTO MARIO BEAUREGARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(TROIS-RIVIÈRES) Le gouvernement Couillard fait planer un gel des salaires des employés de l'État pour 2015-2016, année où il prévoit rétablir l'équilibre budgétaire.

À son arrivée au conseil général du PLQ à Trois-Rivières, samedi, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, n'a pas exclu un gel des salaires pour l'an prochain, en raison de l'état des finances publiques. Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a lui aussi indiqué qu'il s'agit d'une option.

Les conventions collectives des 550 000 employés des secteurs public et parapublic seront échues le 31 mars. Le front commun syndical, qui représente 400 000 personnes, réclame des hausses salariales de plus de 4,5 % par an sur une période de trois ans. Ce serait un total de 16 % si l'on tient compte de toutes les clauses et des prévisions de croissance économique.

Le front commun déposera officiellement ses demandes à la fin octobre. Québec aura 60 jours pour répliquer avec une offre. Il voudra limiter les hausses salariales puisqu'il veut atteindre le déficit zéro en 2015-2016 et le maintenir par la suite.

Carlos Leitao a répondu que le gouvernement ne peut accepter les demandes syndicales. Pour 2015-2016, le gouvernement a-t-il «les moyens de donner des augmentations de salaire?», lui a-t-on demandé. «Non. C'est très clair dans le budget», a répondu le ministre des Finances. Questionné pour savoir si cela signifie un gel, il a répondu : «Je ne dis pas que c'est zéro, ce sera négocié. Ça dépend de l'arbitrage qui va se faire entre la rémunération totale et le nombre de personnes».

Dans son budget, il a prévu une croissance des dépenses de programmes de 0,7 % en 2015-2016. «Nous savons tous très bien que 60 % des dépenses de programmes, c'est la rémunération. Alors, faites vos calculs : c'est dans ces eaux-là que nous sommes», a-t-il dit. «Mais on va négocier une entente à moyen terme», a ajouté le grand argentier du gouvernement, laissant entendre que le gouvernement aurait un peu plus de moyens au-delà de 2015-2016. Il a d'ailleurs indiqué que les conventions collectives seraient renouvelées pour une durée de «cinq ou sept ans».

Martin Coiteux n'a pas exclu lui non plus un gel des salaires pour 2015-2016. «On entre dans une négociation, alors est-ce qu'on connaît l'issue finale des négociations ce matin? La réponse est non. Par contre, tout le monde doit faire des efforts. On ne va pas augmenter les impôts pour financer des choses impossibles. On ne va pas compromettre le maintien de l'équilibre budgétaire au-delà de 2015-2016», a-t-il dit.

Rappelant la croissance prévue des dépenses de 0,7 %, il a soutenu qu' «il va falloir négocier à l'intérieur des paramètres financiers de l'État et de la collectivité. Ce sont les Québécois qui, ultimement, paient tout ça. Alors il faut que ce soit compatible avec leur capacité de payer».

Il a souligné qu'une augmentation de salaire de 1 % représente «des sommes considérables». Le Trésor estime qu'une telle hausse représente 388 millions de dollars - 289 millions, selon le front commun.

«Il ne s'agit pas seulement de rétablir l'équilibre budgétaire en 2015-2016, il s'agit de ramener l'équilibre budgétaire pour de bon, a insisté Martin Coiteux. Alors quand on se lance dans des négociations qui peuvent impliquer plusieurs années, il va falloir que ça se fasse dans un cadre où on parvient à atteindre l'équilibre budgétaire, mais on le maintient par la suite. On ne prendra pas de décisions qui compromettraient l'atteinte et le maintien des cibles.»

«L'argent ne poussant pas dans les arbres, il faut faire attention à ce qu'on doit faire», a ajouté le président du Conseil du trésor.

Une proposition «Bolduc»

Parmi les résolutions présentées par les associations régionales du PLQ au conseil général, la commission politique de Montérégie-Centre propose d'abolir le programme de primes aux médecins pour la prise en charge de patients. C'est un programme dont a bénéficié le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, une affaire qui a soulevé la controverse plus tôt cette année. M. Bolduc a esquivé les questions au sujet de cette résolution. «Le dossier est clos», a-t-il répondu.

Au moment où il était dans l'opposition, M. Bolduc a touché à titre de médecin une prime de 215 000 $ pour avoir pris en charge 1500 patients orphelins. Ces patients sont retournés sur des listes d'attente lorsque Yves Bolduc a été nommé au Conseil des ministres. À la suite d'une enquête, la Régie de l'assurance maladie a exigé que M. Bolduc rembourse un peu plus de 27 000 $, c'est-à-dire 50 % de la prime qu'il a reçue pour des patients qu'il n'a pas suivis pendant 12 mois. Le ministre a également donné une somme équivalente à deux organismes de charité. L'opposition péquiste lui demande depuis des semaines de rembourser en totalité la prime ou de démissionner.

Manifestation

À l'extérieur de l'hôtel où sont réunis quelques centaines de militants libéraux, des membres de la Coalition syndicale pour la libre négociation manifestent contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite. Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a répliqué qu'il ne reculera pas malgré les moyens de pression.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer