Claude Castonguay réclame la démission d'Yves Bolduc

Lorsqu'il était dans l'opposition, Yves Bolduc, aujourd'hui ministre... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Lorsqu'il était dans l'opposition, Yves Bolduc, aujourd'hui ministre de l'Éducation, a pris en charge 1500 patients.

Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne

Le père de l'assurance maladie, Claude Castonguay, réclame la démission du ministre de l'Éducation Yves Bolduc. En colère, il a écrit une lettre au premier ministre Philippe Couillard, dans laquelle il dénonce une prime de 215 000 $ qu'a reçue le médecin devenu politicien, lorsqu'il était sur les bancs de l'opposition.

«[Yves Bolduc] s'est évidemment servi de sa connaissance du système de rémunération des médecin consenti alors qu'il était ministre de la Santé. C'est ainsi qu'il est allé chercher le maximum en donnant le minimum, aussi bien comme député qu'en tant que médecin», écrit M. Castonguay dans sa missive, obtenue par La Presse.

«Alors que le Québec traverse une période difficile, il a donné le pire des exemples en se servant à deux mains dans notre pauvre assiette à beurre. Il n'est plus digne de conserver la haute fonction de ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur», poursuit-il.

Yves Bolduc, qui a été ministre de la Santé dans le cabinet de l'ancien premier ministre Jean Charest, a touché une prime de 215 000 $ lors du bref gouvernement minoritaire formé par le Parti québécois, pour avoir pris en charge 1500 patients qui attendaient un médecin de famille, selon ce qu'a rapporté récemment Le Soleil.

Jeudi dernier, il s'est défendu en affirmant avoir respecté les règles prescrites par la loi. Informé dimanche soir par La Presse de la critique sévère formulée par l'ancien ministre libéral Claude Castonguay, le bureau d'Yves Bolduc a de nouveau dit que l'argent ne serait pas remis et que le ministre n'avait pas l'intention de démissionner.

«M. Bolduc a décidé de prendre en charge des patients qui avaient besoin d'un médecin de famille. Il a travaillé les fins de semaine, les jours fériés, s'est dévoué à sa fonction de député et à sa fonction de médecin. Quand il est retourné à la pratique tout en étant simple député, il ne pouvait pas prévoir qu'une élection serait déclenchée 18 mois plus tard, ni que le Parti libéral serait reporté au pouvoir», a déclaré son attachée de presse, Yasmina Abdelfadel.

«[Le ministre] n'a pas eu de traitement de faveur et n'a pas bénéficié d'un passe-droit pour [toucher cette prime]. Tout a été fait dans les règles de l'art et il a reçu la même rémunération que les autres médecins. Il a simplement offert ses services à la population, et c'est tout à son honneur», a-t-elle ajouté.

La semaine dernière, la députée péquiste Agnès Maltais a réclamé que le ministre rembourse cet argent provenant des fonds publics. «[Il s'est] rempli les poches avec l'argent des contribuables, car il savait qu'il ne pouvait pas s'engager à long terme», a-t-elle affirmé en Chambre.

Pas de transgression, selon les libéraux

De son côté, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a affirmé que la prime et ses modalités seraient analysées par la Commission de révision des programmes. Au cours de cette même journée, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré qu'il trouvait «étrange qu'on reproche [à Yves Bolduc] d'avoir vu des patients [...] pris en charge selon les règles en vigueur».

Mais selon la lettre envoyée par l'ancien ministre libéral Claude Castonguay, il est difficile d'imaginer que les deux hommes partagent ce jugement.

«Lors de votre élection, vous avez pris l'engagement de diriger dans la transparence un gouvernement soucieux avant tout de son intégrité. Vous n'êtes pas sans savoir qu'au-delà des grandes déclarations, votre gouvernement doit prêcher par l'exemple. Vous avez aussi affirmé que, compte tenu de la situation, vous n'hésiteriez pas à prendre les décisions qui s'imposent. Vous en avez une devant vous», écrit-il solennellement.

«Si vous évitez de la prendre, comment pourrez-vous, face à l'exemple donné par votre ministre de l'Éducation, demander aux policiers, aux pompiers, aux médecins, aux enseignants et à tout le monde de se serrer la ceinture. Il en va de votre crédibilité, de celle de votre gouvernement et de votre capacité d'agir lors des affrontements qui malheureusement vous attendent», conclut-il, ajoutant qu'il aurait bien préféré «ne pas avoir eu à écrire cette lettre».




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