PQ: le refus d'attendre

L'ex-politicien Jonathan Valois.... (Photo fournie par le Parti québécois, archives)

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L'ex-politicien Jonathan Valois.

Photo fournie par le Parti québécois, archives

Katia Gagnon
La Presse

Octobre 2003. Le Parti québécois vient de perdre les élections. Le chef du PQ, Bernard Landry, invite le politologue Jean-Herman Guay à venir prononcer un discours devant les militants. C'est l'équivalent d'un électrochoc: le rêve de la souveraineté, leur dit-il, est à ranger dans la boîte à souvenirs, car «les raisins de la colère ont disparu».

«La salle était à ce point choquée que j'avais dû sortir du Conseil national, se souvient M. Guay. Quand j'ai quitté l'estrade, les gens du service de sécurité m'ont entouré. Ils m'ont accompagné vers la sortie pour ne pas que les gens me prennent à partie devant les caméras.»

«Si vous êtes venu nous dire d'abandonner notre rêve, alors je vous dis: non merci!», avait rétorqué le chef péquiste, Bernard Landry, dans un discours aux militants.

Pour le politologue, le PQ a toujours refusé la discussion sur cette question pourtant fondamentale. «Pour ne pas abdiquer sur leur rêve, à chaque fois, ils ont trouvé des causes techniques ou tactiques aux défaites électorales, ou alors ils s'en sont pris aux leaders. Il y a une fuite, une volonté d'évitement.»

Au milieu des années 2000, le Parti québécois se fera répéter ce message, et deux fois plutôt qu'une, par trois jeunes députés, surnommés les Mousquetaires, ressortis bouleversés d'une tournée du Québec.

Un rapport décapant

Jonathan Valois, Stéphane Tremblay et Alexandre Bourdeau en avaient tiré un rapport décapant. «Ce que nous avons entendu bouscule, choque et assomme», écrivaient-ils. La souveraineté risquait de devenir «dépassée, désuète et vétuste».

«Plusieurs personnes nous ont reproché ce document au PQ, raconte Jonathan Valois, dix ans plus tard. Notre critique n'avait pas été bien accueillie. Il y a une génération qui veut avoir raison et préserver ses luttes historiques.»

Depuis notre tournée, ça s'est empiré au PQ, croit-il. Pour les jeunes, il y a peu de différence entre le PQ et les libéraux. Pour employer une analogie de Star Wars, pour les jeunes, le PQ fait désormais partie de l'Empire, et non plus des rebelles.»




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