Souveraineté: le projet de deux générations

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De gauche à droite: Jacques Parizeau, Pauline Marois, Lucien Bouchard et René Lévesque.

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Katia Gagnon
La Presse

Après la défaite historique du Parti québécois en avril dernier, on s'est demandé si la souveraineté avait été l'idée d'une seule génération. Des courbes tracées avec les données des 35 dernières années pour La Presse, à l'aide d'une banque de plus de 100 sondages, montrent plutôt que l'idée de souveraineté a été portée par deux générations. Et que, depuis l'an 2000, elle est en constant déclin chez les jeunes francophones.

Voilà matière à réflexion pour les présidents d'association du Parti québécois, qui se réunissent samedi.

La sociologue Claire Durand, spécialiste des sondages, a analysé pour La Presse 125 sondages, réalisés par la firme CROP de 1977 à 2014. Elle a isolé les électeurs francophones et a ensuite tracé selon les groupes d'âge des courbes d'appui à la souveraineté et au Parti québécois.

Elle en conclut que la souveraineté a été portée par deux générations: les baby-boomers (nés entre 1945 et 1960), et la génération X (les personnes nées entre 1960 et 1975).

La génération X, explique Mme Durand, «est devenue souverainiste pendant la campagne référendaire de 1995. Après le second référendum, l'option a continué à monter à cause d'une sorte de sentiment de «on aurait pu l'avoir». C'est après que le renouvellement ne s'est pas fait».

L'appui des jeunes à la souveraineté culmine quelques années après le référendum de 1995. Par la suite, la courbe descend constamment avec, autour de 2005, un léger regain d'intérêt qui correspond au scandale des commandites. Autour de 2009, l'appui à la souveraineté passe à moins de 50% chez les jeunes de 18 à 34 ans. Il ne remontera jamais au-dessus ce seuil critique.

Actuellement, l'intérêt pour la souveraineté est revenu à peu près à ce qu'il était dans la période qui a précédé l'échec de l'accord du lac Meech: soit un creux historique.

«Ce qui a changé, c'est qu'il n'y a plus de différence entre les groupes d'âge. Ce n'est plus vrai que les jeunes sont plus souverainistes que les autres», observe Claire Durand.

Les jeunes d'aujourd'hui ne sont donc ni plus ni moins souverainistes que leurs aînés. En revanche, ils sont moins péquistes. «Pour le Oui, il y a peu de différence entre les groupes d'âge à la fin de la courbe. Pour le PQ, il y en a: les jeunes sont encore moins péquistes que les autres groupes d'âge. Les jeunes ont lâché le PQ encore plus que la souveraineté», dit Mme Durand.

La théorie de l'ancien premier ministre Bernard Landry, qui disait que la souveraineté était inéluctable puisque les jeunes sont toujours plus souverainistes et le demeurent, est donc battue en brèche par ces données, selon Mme Durand. «Les chiffres qu'on a, ce n'est pas ça. Les gens ne demeurent pas nécessairement souverainistes toute leur vie et, en plus, la jeune génération n'a pas pris le bateau.»

«L'appui peut monter»

Est-il possible que la souveraineté redevienne populaire chez les jeunes? «En 1995, l'appui a monté durant toute la campagne référendaire chez les jeunes. Ils sont donc plus mobilisables. S'il y a une campagne, l'appui peut monter. Mais est-ce que cela peut monter au-delà de 50% de la population? Disons que c'est un gros contrat.»

Il faut aussi noter que, en 35 ans, le poids démographique des jeunes a fondu: en 1977, les personnes de 18 à 34 ans représentaient 47% de la population. Leur impact était énorme. Aujourd'hui, les jeunes ne forment plus que 27% de la population.




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