Pauline Marois assiste au post-mortem du PQ

Pauline Marois a démissionné comme chef du PQ... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Pauline Marois a démissionné comme chef du PQ à la suite de la défaite de son parti, le 7 avril au soir.

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(LAVAL) Les militants péquistes venus faire le post-mortem de leur défaite électorale ont eu droit à une surprise: non annoncée, Pauline Marois est venue partager avec eux l'analyse des causes de la déroute du 7 avril.

Celle qui avait déclenché l'élection, convaincue de l'emporter, est toutefois passée par une porte dissimulée pour atteindre la salle de réunion à huis clos, où l'attendaient 150 militants - les présidents de circonscriptions et les membres de l'exécutif. Pas de sorties émotives de la part de l'assistance qui posait des questions à Mme Marois, mais aussi à Sylvain Tanguay, le directeur démissionnaire qui participait au post-mortem qui s'est étendu tout l'après-midi.

Des sources indiquent que Mme Marois a reconnu que les stratèges péquistes avaient clairement sous-évalué le «tsunami» apparu avec la candidature de Pierre Karl Péladeau. Les organisateurs de l'événement n'avaient pas prévu de «photo op» permettant aux caméras de présenter Mme Marois devant ses troupes.

L'homme d'affaires a crédibilisé la tenue d'un référendum rapide, une perche vite saisie par les adversaires libéraux.

Pas d'emportement non plus dans les couloirs du Centre des congrès de Laval où défilaient les participants. Le nouveau chef de l'aile parlementaire, Stéphane Bédard propose de «regarder la campagne, oui, mais en même temps se projeter dans l'avenir». Il a rendu hommage au directeur du parti, Sylvain Tanguay qui a annoncé sa démission et quittera ses fonctions après une période de transition, à la fin juin. Assailli de questions sur les causes de la déroute péquiste du 7 avril, il a souligné que le PQ devrait revoir «la façon dont on fait les campagnes du point de vue médiatique. Le format impose un jeu entre deux ou trois chefs».

«La population nous envoie un message, on peut faire mieux ça c'est clair! Aussi, la population a déconnecté durant cette campagne, durant les deux dernières semaines il n'y avait plus d'intérêt, il y avait même un écoeurement!» d'expliquer M. Bédard. Quand on lui rappelle que la CAQ a senti que les militants n'étaient pas à l'écoute durant les deux dernières semaines, M. Bédard a repoussé la question.

M. Tanguay «a rendu de grands services au Parti québécois, mais la pression était tellement forte sur lui et il a décidé de prendre la décision de quitter. Il a pris la décision avec courage de se présenter devant nous pour répondre aux questions des militants», dira Raymond Archambault, le président du PQ.

Quand on lui demande pourquoi la chef de cabinet de Mme Marois, Nicole Stafford et son adjoint Dominique Lebel ne sont pas venus affronter les militants, il explique que Mme Stafford a pris sa retraite, et M. Lebel est retourné au secteur privé, M. Tanguay, lui, est toujours à l'emploi du PQ.

Battu le 7 avril, le député de Repentigny Scott McKay est devenu président de son association. «C'est trop simple de faire rouler des têtes. On n'a pas pu passer notre message. On avait une des meilleures équipes, un excellent programme, et on n'a pas pu passer ce message», observe M. McKay.

Président de Beauharnois, le syndicaliste Marc Laviolette désapprouve sans appel la stratégie de son parti durant la campagne. . «La stratégie dominante au PQ est de grappiller des votes à la CAQ, c'est ce qui était derrière l'arrivée de PKP. Or non seulement ça n'a rien grappillé à la CAQ mais cela a renforcé le vote libéral ! J'espère qu'on va enterrer ça !» a-t-il lancé.

Il partage l'avis de Jacques Parizeau exprimé dans un texte publié par le Journal de Montréal hier. «Il faut être souverainiste avant, pendant et après les élections. Tu ne peux pas être souverainiste et cacher ton option, la stratégie du bon gouvernement dure depuis longtemps au Parti québécois... cela ne marche pas», résume-t-il. «C'est nous même qui nous sommes battus, 320 000 voix de moins pour le PQ, nos sympathisants ne sont pas sortis ! Pourquoi ? Parce qu'ils ne voyaient pas d'enjeux dans cette élection! » Il s'esclaffe quand on lui rapporte que le chef Bédard a retenu que le PQ «pouvait faire mieux» comme message de l'élection, «c'est un peu court !».

Pour lui le constat est simple, «les libéraux sont parvenus à définir» l'adversaire péquiste, à ramener le référendum sans parler de l'enjeu, la souveraineté croit-il. «Parce qu'on n'a pas parlé du pourquoi, nos adversaires nous ont défini sur le comment, le référendum» résumera M. Laviolette.

L'ex-député Michel Leduc, président de la région de Laval, croit que «l'excès de confiance et la mauvaise préparation» explique la déroute péquiste. «On s'est trop fié aux sondages, il aurait fallu être moins superficiels» résume-t-il. Il n'y a pas un seul responsable, «c'est un peu tout le monde bien que l'équipe dirigeante porte peut-être une plus grande responsabilité»

L'entrée en scène de Pierre Karl Péladeau est «une bonne idée mal encadrée qui a enclenché la campagne sur le référendum. Ce n'est pas mauvais en soi, mais ce n'est pas ça qui était prévu!» résume M. Leduc. Il y a deux articles au PQ rappelle-t-il, l'article 1 parle de souveraineté, mais l'article 2 est tout aussi important, et dresse l'ordre de marche du PQ en attendant la souveraineté. «M. Parizeau l'a fait en 1993, c'est possible d'avoir en même temps un programme gouvernemental et d'avancer sur la souveraineté», a-t-il expliqué.

L'ex-ministre Réjean Hébert, le post-mortem est vite fait : le PQ n'a pas suffisamment mis de l'avant son équipe avec une campagne et de la publicité concentrée sur Mme Marois, «après coup on voit que c'était pas la bonne stratégie, l'équipe était très solide et on n'a pas joué sur cette équipe» résume-t-il. «Durant la campagne, j'ai signalé que j'étais disponible, mais cela n'a pas été retenu» laisse-t-il tomber. L'arrivée de M. Péladeau «est intéressante, mais aurait dû être mieux planifiée. Elle a été faite en secret et c'est ce que je reproche» résume l'ancien ministre de la Santé. Pour Réjean Hébert, l'ancien chef Jacques Parizeau a raison, doit miser sur son option souverainiste. Le PQ doit aussi être aussi clairement social-démocrate, insiste-t-il.

«Ce ne sont pas des personnes qui sont responsables, c'est une stratégie qui n'a pas marché, on aurait dû davantage insister sur l'équipe et le bilan des 18 mois qui étaient très solides» observe M. Hébert.

Le PQ accepte la démission de Sylvain Tanguay

Le Parti québécois (PQ) a accepté la démission de son directeur général, Sylvain Tanguay.

Dans un bref communiqué envoyé dans nuit de vendredi à samedi, le comité exécutif national du PQ publie une résolution adoptée unanimement à cet effet. Il y est cependant également inscrit que le comité «lui réitère sa confiance et lui demande d'assurer l'intérim jusqu'au 30 juin 2014».

Toujours dans le communiqué, le président de l'exécutif national, Raymond Archambault, salue le long engagement de M. Tanguay au sein du PQ et affirme que le comité a accepté sa démission «avec regret».




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