Jeunesse: le manque d'objectifs clairs dénoncé

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À peine présenté, le livre blanc sur la jeunesse est déjà critiqué par ceux qu'il concerne. Quatre organisations de jeunes s'inquiètent du fait que le gouvernement dise vouloir «sensibiliser» les sociétés d'État au recrutement de jeunes administrateurs sans énoncer d'objectifs clairs pour y arriver.

«La sensibilisation n'est clairement pas suffisante. Le livre blanc reconnaît une volonté [du gouvernement], mais dans la future politique jeunesse, il faut opérationnaliser cette volonté pour que ça produise des résultats. [...] Il faut des objectifs, sans quoi il n'y aura pas de résultats», affirme le président de Force jeunesse, Éloi Lafontaine-Beaumier.

Les jeunes sont largement sous-représentés dans les instances comme les conseils d'administration des sociétés d'État, constate le groupe formé par Force jeunesse, la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec, la Fédération étudiante collégiale du Québec et la Fédération étudiante universitaire du Québec.

Si le livre blanc partage cette préoccupation, ce qui est salué et présenté comme un bon point de départ par les groupes jeunesse, des mesures concrètes devraient être mises de l'avant dans la future politique jeunesse que décrétera le gouvernement.

«Il faut solliciter de manière systématique les groupes jeunes pour aller chercher des candidatures. Les comités de sélection des instances doivent s'engager formellement à affirmer leur désir d'avoir de jeunes administrateurs et établir un plan de relève», propose notamment Élise-Ariane Cabirol, présidente de la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec (TCFJRQ).

«Lorsque le gouvernement utilise les mots "sensibiliser" ou "encourager", c'est de notre point de vue ironique. Rappelons que c'est le Conseil des ministres qui nomme les administrateurs des sociétés d'État au Québec. Par conséquent, si le gouvernement parle de sensibiliser les responsables à la place des jeunes administrateurs, c'est lui-même qu'il veut sensibiliser», ajoute-t-elle.

Les quatre organisations proposent aussi de créer un siège réservé à un jeune sur les différentes instances, de définir une proportion minimale de candidatures jeunes dans les recommandations faites aux comités de sélection, et d'établir un plan de relève comprenant des engagements formels afin d'aider les jeunes à devenir administrateurs.

«Il y a des jeunes qui sont compétents et qui peuvent siéger à de telles instances. Il faudrait qu'on se donne comme objectif d'avoir par exemple un jeune par conseil d'ici trois à cinq ans», espère le président de Force jeunesse, Éloi Lafontaine-Beaumier.

«On a souvent tendance à dire que les jeunes sont individualistes et ne s'impliquent pas. Je pense qu'il faut déconstruire ce mythe. [...] Avec le travail, les études, la famille, les jeunes ont des horaires très chargés. Les conseils doivent leur faire une place, mais en offrant un accompagnement. Sinon, avoir un siège jeunesse serait plutôt caduc», ajoute Élise-Ariane Cabirol.

Le gouvernement n'exclut pas les quotas

L'adjoint parlementaire de la première ministre Pauline Marois pour les dossiers jeunesse, le député péquiste Léo Bureau-Blouin, dit qu'il est prêt à défendre l'idée d'imposer des quotas aux sociétés d'État pour qu'elles nomment des jeunes aux conseils d'administration si cela est la volonté exprimée par les organisations jeunesse.

«Je suis ouvert à l'idée, mais je ne veux pas créer un poste de «jeune de service» sur les conseils d'administration. Ils doivent être considérés comme des administrateurs à part entière. C'est pourquoi on parle d'abord de formation dans le livre blanc», précise le député.

M. Bureau-Blouin était accompagné de la première ministre Marois le 4 février dernier lors de la présentation du livre blanc. Il dit espérer que la politique jeunesse sera en vigueur d'ici 2015.

À court terme, le gouvernement prévoit déposer le livre blanc en commission parlementaire, où toute la société civile sera appelée à venir se prononcer sur la future politique jeunesse.

Finalement, rappelle-t-on au gouvernement, cette politique définira les orientations à prendre pour les quelque 480 millions de dollars versés dans «des programmes, mesures et services existants».




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