La neutralité religieuse de l'État, pas celle des individus, dit Couillard

«Il faut faire la distinction entre les institutions... (Photo Erick Labbe, Le Soleil)

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«Il faut faire la distinction entre les institutions et les individus. Les citoyens sont libres de s'habiller comme ils le veulent», mais le gouvernement et ses institutions ne doivent pas favoriser une religion ou même l'absence de religion, a soutenu M. Couillard.

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Denis Lessard
Denis Lessard
La Presse

(QUÉBEC) Un État laïc, des institutions neutres du point de vue religieux, sans interdire à qui que ce soit le droit d'afficher sa foi; le PLQ précise sa position sur les questions identitaires.

En point de presse avec les membres du comité ad hoc présidé par le député Marc Tanguay, le chef libéral Philippe Couillard a promis qu'un gouvernement libéral modifierait la Charte québécoise des droits et libertés pour y enchâsser expressément la neutralité de l'État et de ses institutions.

Pas question toutefois de proscrire le port d'un signe religieux visible chez les employés de l'État. Pour l'ensemble de ces individus, ce serait une entrave aux libertés fondamentales, insiste-t-il.

«Il faut faire la distinction entre les institutions et les individus. Les citoyens sont libres de s'habiller comme ils le veulent», mais le gouvernement et ses institutions ne doivent pas favoriser une religion ou même l'absence de religion, a soutenu M. Couillard. «Il est dangereusement réducteur de limiter ce débat important à une discussion sur le code vestimentaire», a-t-il souligné.

Il a blâmé sans réserve le gouvernement Marois qui, selon lui, teste l'opinion publique à partir de «ballons» véhiculés dans les médias. Le gouvernement devait rendre publique sa politique lundi prochain - or l'annonce a été reportée puisque Mme Marois sera monopolisée par une conférence de premiers ministres et de gouverneurs américains, ce jour-là. On vise toujours la semaine prochaine du côté de Québec.

La position du PLQ, «c'est ce que je crois» sans égards aux sondages, une lecture bien éphémère d'une situation complexe, observera M. Couillard.

La commission Bouchard-Taylor proposait de circonscrire l'interdiction du port de signes religieux visible aux employés investis d'un pouvoir de «coercition», les juges, les policiers et les procureurs de la Couronne notamment. Pour M. Couillard cette frontière serait bien difficile à tracer; un agent de sécurité, un gardien de prison ou même un garde-chasse pourraient aussi être assimilés à ce groupe, «le caractère coercitif d'une fonction varie selon les circonstances» prévient-il.

Le port d'un signe religieux n'a pas à soulever des doutes sur l'impartialité d'un juge ou d'un policier, le débat est théorique de relever le chef libéral, un juge pourrait être un chrétien fondamentaliste, rendre des verdicts conformément à sa foi sans pour autant l'afficher.

Sur les accommodements pour des questions culturelles et religieuses, M. Couillard souligne qu'ils ne devraient pas accorder un traitement de faveur à quiconque, mais à assurer plutôt que des règles prévues pour une majorité ne portent préjudice aux citoyens membres d'une minorité. Surtout, ces accommodements ne devront jamais remettre en question l'égalité des hommes et des femmes. Ainsi on ne pourrait réclamer de voir son dossier traité par un homme plutôt qu'une femme, une situation déjà apparue à la Société d'assurance automobile du Québec.

En revanche comme prévu au projet de loi 94 du gouvernement Charest, mort au feuilleton sans être adopté, un gouvernement libéral s'opposerait au port du «voile facial» pour les femmes musulmanes, pour des questions d'identification et de sécurité. Les sondages semblent favorables aux éléments de la politique du gouvernement qui ont filtré dans les médias, les sondages, toujours, appuyaient à 90 % le projet de loi 94, qui n'a pourtant pas été adopté, relève le chef libéral.

Pour favoriser l'intégration des nouveaux arrivants, le PLQ proposera aussi «une politique sur l'interculturalisme» qui reflète mieux la diversité culturelle d'un Québec, avec comme base un tronc de valeurs communes.

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