Services à domicile : d'énormes lacunes, selon le vérificateur général

Le vérificateur général, Michel Samson... (Photo Jacques Boissinot, archives La presse Canadienne)

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Le vérificateur général, Michel Samson

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(Québec) Le gouvernement Marois promet une réforme en profondeur des services à domicile; elle tombera à point nommé si on en croit le dernier rapport annuel du Vérificateur général du Québec qui constate d'énormes lacunes dans ce programme qui coûte 600 millions par année.

> Le rapport du Vérificateur général du Québec (PDF)

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert mercredi matin, assurait que son assurance autonomie serait la solution aux problèmes et, selon lui «dans deux ans» il sera impossible de lire des rapports aussi alarmistes.

Le vérificateur Michel Samson observe après avoir vérifié trois agences de santé (Lanaudière, Montréal et Outaouais) que les centres de services sociaux ne font pas un repérage adéquat des personnes âgées vulnérables, le dépistage se passe à l'urgence des hôpitaux, mais les personnes qui s'y présentent sont déjà lourdement affligées de perte d'autonomie. L'état de santé de 70% des gens âgés qui se présentent aux urgences est «méconnu du réseau» observe le vérificateur.

Une personne sur quatre a un dossier qui n'est pas à jour pour les soins à domiciles dispensés. On retrouve des évaluations qui datent de plus d'un an dans 26% des dossiers. Des lacunes importantes dans l'évaluation des besoins et dans les programmes d'intervention auprès de cette clientèle sont constatées. Implanté depuis 2003, l'outil d'évaluation de besoins préconisé par le ministère n'est appliqué que dans 75 % du réseau.

Les mesures mises en place pour vérifier la qualité des services, en particulier par les entreprises de l'économie sociale, sont insuffisantes.

On ne peut pas toujours faire le lien entre les besoins de la personne âgée et les services offerts, d'une région à l'autre les critères d'intervention du ministère varient passablement. Ainsi, le nombre d'heures moyen pour chaque personne par année s'établit à 101 heures pour Montréal, mais seulement de 54 heures dans l'Outaouais.

Il n'y a guère de services professionnels à domicile, la proportion du temps à domicile varie de 17 à 43% pour les soins infirmiers et de 3 à 55% pour les soins ergonomie. Les intervenants psychosociaux ne travaillent que 11% du temps aux domiciles des prestataires, la plus faible performance pour l'ensemble des spécialités.

Le rapport relève aussi la difficulté d'accès aux services pour les patients atteints d'un trouble envahissant du développement ou une déficience intellectuelle. 

La clientèle a augmenté

Québec dépense annuellement 868 millions pour ces services, mais le ministère n'a un portrait précis que de 37% de la clientèle. Dans les centres de services sociaux, seulement 44% des cas urgents sont traités dans les délais requis, une proportion en augmentation constante toutefois. On vise 90% quant aux respects des délais pour tous les types de clientèle d'ici 2015.

Les enfants devraient recevoir 20 heures de soins par semaine, on est plutôt à 12,8 heures, pour cette clientèle de moins de 6 ans. Dans l'ensemble du territoire, la disponibilité des services varie énormément, de 38 heures de traitement par année à 129 heures, selon la région. L'analyse des coûts des services est insuffisante, elle varie de 19 000  à 43 000$ par usager, selon l'établissement, un écart de 127%.

Le rapport constate aussi l'importance du dérapage informatique à la CARRA, la commission d'administration des régimes de retraites des fonctionnaires. Après trois ans, on constate qu'un employé sur cinq doit prendre sa retraite sans avoir reçu à temps un portrait précis de sa situation financière, une personne sur 10 ne reçoit pas son premier versement de pension dans les délais prévus, soit deux mois après le début de sa retraite. Les erreurs de calcul sont nombreuses, dans un cas sur trois il a fallu ajuster la pension manuellement, parce que l'informatique se trompait. Même si la CARRA parle toujours de 108 millions de dollars, elle n'a pas compilé les coûts des suppléments, que même le vérificateur ne parvient pas à comptabiliser.




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