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La chef de cabinet de Nicole Léger quitte son poste

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La ministre de la Famille, Nicole Léger, a affirmé hier à La Presse que le départ de sa chef de cabinet n'était pas lié aux allégations de financement illégal à son égard entendues à la Commission Charbonneau.

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(Québec) Après avoir été éclaboussée par des allégations de financement illégal à la commission Charbonneau, Lucie Papineau quitte son poste de chef de cabinet de la ministre de la Famille, Nicole Léger.

Son départ n'est pas lié à la commission d'enquête, selon Mme Léger. «C'était convenu qu'elle reste en fonction six mois, et c'est allé jusqu'à huit mois», a-t-elle expliqué à La Presse, hier.

Le gouvernement Marois n'avait jamais précisé auparavant que le mandat de Mme Papineau était d'une durée très limitée. Nicole Léger n'en disait rien dans le communiqué de presse qu'elle avait diffusé le 27 septembre dernier pour annoncer la nomination de cet «atout précieux» au sein de son cabinet. Il est d'ailleurs plutôt rare que le choix d'un chef de cabinet fasse l'objet d'un communiqué. La ministre affirme aujourd'hui que Lucie Papineau, 66 ans, retourne à la retraite.

Cette ancienne détective privée a été députée du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Prévost, de 1997 à 2007. Son nom a été prononcé par deux témoins devant la commission Charbonneau.

Dons illégaux

En mars, Yves Cadotte, de SNC-Lavalin, a indiqué que la firme faisait des dons illégaux au PQ au moment où Ginette Boivin puis sa remplaçante en 2007, Lucie Papineau, étaient responsables du financement. Les employés de SNC-Lavalin ont versé 477 000$ au PQ - et 570 000$ au PLQ - de 1998 à 2010. Ils le faisaient en échange d'une prime de leur employeur, ce qui contrevient à la loi.

Au début du mois, Gilles Cloutier a raconté qu'il avait organisé un cocktail de financement pour Lucie Papineau, en 2001, à la demande d'un ami proche du PQ. Il avait exigé que l'invité d'honneur soit Guy Chevrette, alors ministre des Transports. Il a attiré à ce cocktail une quinzaine d'entrepreneurs, qui ont versé 1000$ chacun. Plusieurs ont donné de l'argent comptant, un geste illégal. L'avocate du PQ, Me Estelle Tremblay, a soutenu que cet événement n'a jamais eu lieu.

À la suite de ces allégations, la première ministre Pauline Marois et Nicole Léger se sont portées à la défense de Mme Papineau. «Nous avons toujours demandé à ceux et celles qui contribuaient de respecter la loi [...]. Je persiste et signe: nous avons toujours agi en ce sens-là. Et Mme Papineau travaillait, en fait elle faisait du bénévolat, pour le PQ comme beaucoup d'autres l'ont fait», affirme Mme Marois.

La nouvelle directrice de cabinet de Mme Léger, Manon Blanchet, est également une ex-députée péquiste. Elle a représenté la circonscription de Crémazie de 1998 à 2003 après avoir été attachée politique de Jean Campeau.

Compressions maintenues

Nicole Léger a assuré hier que le gouvernement ne reculera pas sur les compressions aux garderies privées subventionnées. «Je maintiens que c'est 14,9 millions cette année», a-t-elle martelé. «C'est réalisable, c'est faisable, et ça doit se faire.»

La ministre et son collègue du Trésor, Stéphane Bédard, chargé de contrôler les dépenses budgétaires, n'ont pas nié que le gouvernement ait fait avorter une entente avec l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ), la semaine dernière. La sous-ministre de la Famille a proposé d'étaler les compressions sur trois ans, l'AGPQ était prête à accepter cette offre, mais le gouvernement Marois a mis fin abruptement aux négociations. Les garderies privées faisaient la grève le lendemain.

La députée caquiste Sylvie Roy accuse Nicole Léger de s'être «complètement discréditée», de saboter les négociations et d'en faire payer le prix aux parents. Elle réclame la nomination d'un médiateur. Pour la députée libérale, Danielle St-Amand, la première ministre doit prendre le dossier en main. «La ministre échoue lamentablement. Elle est incapable de réparer ses pots cassés ni de faire face à ses partenaires», a-t-elle lancé. Elle a reproché à la ministre de ne pas avoir participé, hier, à une rencontre de négociation sollicitée par une autre association, le Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ).

«On a fait quatre propositions aux représentants du ministère, mais on ne veut pas en parler sur la place publique. On nous a dit qu'on nous reviendrait jeudi de la semaine prochaine», a indiqué la présidente du RGPQ, Julie Plamondon.




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