Une autre nomination pour un fidèle de Marois

Pauline Marois... (Photo: David Boily, La Presse)

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Pauline Marois

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Denis Lessard
Denis Lessard
La Presse

(Québec) Le gouvernement Marois va remercier un autre vieux compagnon de route: Jean-Yves Duthel, qui, pendant des années, a été le bras droit de Claude Blanchet au Fonds de solidarité, puis à la Société générale de financement, deviendra, en mai, le représentant d'Investissement Québec à Munich, a appris La Presse.

La semaine dernière, le gouvernement Marois soulevait une controverse avec la nomination de Sylvain Simard au poste de président du conseil d'administration de la Société des alcools du Québec. Dans le dossier Duthel, on passe sous le radar, ce poste de «démarcheur» pour la société d'État n'étant pas une nomination du Conseil des ministres et, par conséquent, habituellement pas annoncée hors de l'organisme.

Le syndicat en désaccord

Porte-parole d'Investissement Québec, Chantal Corbeil a confirmé hier l'arrivée prochaine de l'ancien collaborateur de M. Blanchet, mais aussi de Bernard Landry et Pauline Marois. Son salaire annuel ne peut dépasser 92 000$, mais il a droit à des frais de représentation. De plus, pour son appartement, il devra payer 900$ par mois, la société d'État payant le reste conformément aux règles prévues pour les employés envoyés à l'étranger par le ministère des Relations internationales.

Le poste n'est pas nouveau, un autre employé d'Investissement Québec, André Pratte, l'occupait depuis trois ans, mais il a été récemment muté à Paris, dans un poste supplémentaire.

Le syndicat des professionnels d'Investissement Québec réprouve cette nomination, le seul candidat à l'interne ayant été mis de côté pour permettre à M. Duthel de postuler. «Il a été la seule personne approchée à l'externe», a confirmé Mme Corbeil.

Un autre proche du couple Blanchet-Marois a trouvé domicile à Investissement Québec. Pascal Monette, directeur des communications du PQ, est devenu vice-président des communications à près de 200 000$ par année. MM. Duthel et Monette avaient travaillé ensemble: Jean-Yves Duthel avait été nommé par Bernard Landry sous-ministre au Conseil exécutif, grand manitou pour toutes les communications gouvernementales, une direction où M. Monette avait été engagé comme fonctionnaire.

M. Duthel avait été permanent aux communications au PQ de 1977 à 1980 et, par la suite, attaché de presse de Bernard Landry quand ce dernier était au Développement économique et au Commerce extérieur.

Comparution prévue

M. Duthel devra, avant de se rendre en Bavière, se présenter au tribunal. Le Directeur général des élections, en juillet 2012, l'avait accusé, avec un autre ancien permanent de Vision Montréal, d'avoir fourni des contributions illégales au parti que dirigeait son patron à l'époque, Benoît Labonté. M. Duthel doit comparaître le 30 avril pour convenir d'une date de procès, a précisé hier Carl Charest, du bureau du DGE. M. Duthel a plaidé non coupable et soutenait en juillet dernier «n'avoir ni été ni utilisé un prête-nom» pour des contributions politiques.

Fidèle parmi les fidèles du couple Marois-Blanchet, M. Duthel a soulevé sa part de controverse. En décembre 2009, la Ville de Montréal avait fait enquête sur le «détournement» d'une partie des 150 000$ accordés à la Société pour promouvoir les arts gigantesques (SPAG). Le président de la société, René Jacques, avait déclaré qu'en 2008, M. Duthel l'avait approché pour qu'une partie de sa subvention soit transmise à un autre organisme dont il était l'un des dirigeants, la Fête des aînés, dont le budget était épuisé.

Des doutes

M. Duthel avait répliqué à l'époque être victime d'une vendetta. Ses dépenses comme vice-président aux communications de la SGF, sous Claude Blanchet, avaient fait jaser; après l'arrivée des libéraux au pouvoir, la nouvelle administration de la SGF avait fait faire une vérification qui a conclu que les frais de représentation importants de MM. Blanchet et Duthel en 2002, «[méritaient] explications». On avait scruté 564 000$ de frais de représentation pour six cadres de l'organisme pour constater que, souvent, ces dépenses n'étaient pas préautorisées et que bien des notes de frais étaient «mal ou non documentées». Auparavant, Radio-Canada avait rapporté des dépenses excessives, mais M. Duthel avait porté plainte au Conseil de presse, qui avait tranché la poire en deux et soutenu que les reportages «manquaient de contexte».

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