La CAQ présente son Plan Sud, le Projet Saint-Laurent

François Legault, chef de la CAQ.... (Photo: André Pichette, archives La Presse)

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François Legault, chef de la CAQ.

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(Boucherville) Après les ciseaux et le balai, le projet. La Coalition avenir Québec (CAQ) a passé les derniers mois à proposer un ménage des finances publiques et des moeurs politiques, avec un succès mitigé. Elle veut maintenant se positionner comme le nouveau parti de l'économie. Les libéraux de Jean Charest avaient leur Plan Nord, les caquistes de François Legault auront leur un Plan Sud: le Projet Saint-Laurent.

Son chef François Legault veut créer une «vallée de l'innovation». Le projet: arrimer les universités, particulièrement les facultés de génie, aux besoins des entreprises. Développer des parcs industriels le long du fleuve Saint-Laurent, avec des «milieux de vie» pour leurs employés. Et utiliser la moitié des crédits d'impôt actuels -soit deux des quatre milliards de dollars- pour convaincre des entreprises de s'y installer.

Devant quelque 450 militants réunis au conseil général de son parti, M. Legault a esquissé les grandes lignes de son projet ce matin à Boucherville. Plus de détails doivent être donnés demain. L'exercice culminera avec la publication d'un livre cet automne.

Une firme a déjà été mandatée pour trouver près du fleuve des terrains «zonés blanc», où le développement industriel est autorisé.

M. Legault dit s'inspirer entre autres de la Silicon Valley en Californie et de la route 128 près de Boston. La clé de leur succès, selon lui, c'est que «les entreprises y sont proches des universités». Il réfère à Stanford et Berkeley pour la Silicon Valley, ainsi que le MIT et Harvard pour le Massachusetts.

La CAQ veut que la formation en génie soit «très proche» des besoins des entreprises innovantes, comme les technologies de l'information. Il inclut les universités de Montréal, Trois-Rivières et Québec, mais aussi Sherbrooke.

Son chef assure qu'il ne sacrifiera pas pour autant la recherche fondamentale. Il la maintiendra, mais consacrera les nouveaux moyens à la recherche appliquée. Pour combler le «sous-financement», il propose encore de moduler les droits de scolarité pour les sciences de la vie, comme la médecine, et le génie.

Appel à l'histoire et nouvelle conquête

Le Projet Saint-Laurent s'échelonnerait sur «une dizaine d'années», avance M. Legault. Il croit pouvoir ainsi combler l'écart de richesse entre le Québec et les autres provinces canadiennes, et atteindre la «péréquation zéro».  

L'appartenance au Canada pose-t-elle problème pour la réalisation de ce plan? «Je ne pense pas», a-t-il répondu. Il dénonce toutefois lui aussi les compressions et les nouvelles conditions pour la formation de la main-d'oeuvre contenues dans le dernier budget.

Le jeune parti cherche encore à définir son nationalisme tout en laissant la question constitutionnelle en jachère. Dans son discours, M. Legault a fait appel à l'histoire. «L'histoire du Québec commence dans la vallée du Saint-Laurent. C'est là que nos ancêtres se sont enracinés avant de partir à la conquête d'un nouveau continent. (...) Et c'est là qu'émergera une nouvelle génération de créateurs et d'entrepreneurs.» Il y voit une «nouvelle conquête», qui devrait s'inspirer du «goût du risque» des ancêtres qui ont su «se débrouiller dans des conditions difficiles».   

Le plan de développement actuel est désuet, croit-il. «Il a été créé il y a 20 ans, quand il fallait créer des emplois, peu importe leur qualité». Le nombre d'emplois créés ne devrait plus être l'objectif principal. Ce devrait être la qualité des emplois, soutient-il.

M. Legault ne s'oppose pas au Plan Nord, qui avait été qualifié de «plan marketing» par le Parti québécois. Mais il en réduit la portée à long terme, car il dépend, dit-il, du boom minier et de ressources non renouvelables.

Il a attaqué les compétences en économie du nouveau chef libéral, Philippe Couillard. Il a raillé une récente interview de M. Couillard publiée dans nos pages, qui traite notamment de fiscalité. «On ne sait même pas s'il parle de fiscalité pour les individus ou les entreprises, on n'a aucune idée. Ce sont des concepts intellectuels, pas des idées concrètes.»

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