«Les valeurs du Québec devront être respectées»

Pauline Marois, première ministre du Québec.... (PC)

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Pauline Marois, première ministre du Québec.

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Denis Lessard
Denis Lessard
La Presse

(DRUMMONDVILLE) Restaurer la confiance des Québécois reste le passage obligé pour arriver à la souveraineté, estime Pauline Marois qui promet des actions très fermes sur la question toujours délicate de la cohabitation des cultures et des religions au Québec.

«Nous ne ferons pas comme les libéraux, nous ne laisserons pas les professeurs, les directeurs d'école et les cuisiniers de cafétéria s'organiser avec l'épineuse question d'accommodements religieux», a soutenu samedi Mme Marois dans son discours d'ouverture du Conseil national de son parti.

«Nous allons présenter des orientations claires: les Québécois pourront se prononcer. Nous allons trancher une bonne fois pour toutes. Les valeurs du Québec devront être respectées», a-t-elle martelé, soulevant les applaudissements de son auditoire. Pour l'heure, toutefois, Québec a déjà indiqué qu'il ne serait pas prêt de sitôt à présenter la Charte de la laïcité promise en campagne électorale. Plusieurs mois de débats sur des orientations générales sont à prévoir.

Pour Mme Marois, «un peuple fier qui sait ce qu'il est et ce qu'il veut» est un passage obligé pour la souveraineté. La ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, présentera bientôt son programme pour l'enseignement d'histoire, a-t-elle prévenu. Sur la question linguistique, la réforme de la Charte de la langue française «affirmera clairement qu'au Québec, au travail, dans les commerces et dans la vie publique, cela se passe en français!» Québec veut, aussi, «fermer la porte aux écoles passerelles», et, s'il faut recourir à la clause dérogatoire de la constitution pour y arriver, «on ne se gênera pas» a-t-elle prévenu.

Réforme de la loi 101

Les délégués devaient avoir en après-midi, en huis clos, une présentation sur la gouvernance souverainiste, mais le gouvernement n'était pas prêt à remplir cet engagement qui, pourtant, se trouvait encore au programme vendredi. Pour le ministre Cloutier, il faut distinguer le plan de promotion de la souveraineté du parti et la stratégie de gouvernance souverainiste du gouvernement. Présenter les deux conjointement risquait de nourrir la confusion. «Il faut faire la distinction entre le plan du Parti québécois et la gouvernance souverainiste qui est gouvernementale», de renchérir Jean-François Lisée.

À la place de cette présentation, la ministre Diane de Courcy et son collègue Lisée ont fait une présentation des objectifs de la réforme de la loi 101, le projet de loi 14, déposé en décembre à l'Assemblée nationale -il fera l'objet sous peu d'une consultation générale en commission parlementaire à l'Assemblée nationale.

L'anglais et la STM

Ténor de l'aile plus radicale au PQ, Marc Laviolette, ancien président de la CSN, s'en est pris à la position de Jean-François Lisée, le responsable des relations avec les anglophones, qui a dit souhaiter que la Société de transports de Montréal donne davantage de services en anglais.

«Le bilinguisme dans le transport en commun! Il y a toujours bien des limites, on prône le français dans nos services publics. On ne se mettra pas à avoir des services publics bilingues!» a-t-il lancé, heureux que Mme Marois, «ait remis à l'ordre» son ministre «qui a fait une erreur». «Il ne doit pas y avoir d'exception pour Montréal, c'est la métropole du Québec et on doit la maintenir francophone», a-t-il renchéri. «Quand je vais en Italie, et que je veux acheter un billet d'autobus, j'essaie que le chauffeur me comprenne. C'est la même chose à Montréal, la langue commune est le français», insiste M. Laviolette.

«Mon mandat est de changer le ton du débat», d'expliquer Jean-François Lisée, qui avait demandé plus de services en anglais de la STM, «en autant que les services publics soient concernés, il est clair qu'il y a une responsabilité claire de montrer un visage français au Québec dans l'ensemble, et la STM en fait partie».

«Mais la Loi 101, rédigée avec minutie par Camille Laurin, prévoit certaines exceptions et c'est la responsabilité de la STM de décider comment elle vivra avec cela», ajoutera M. Lisée. Ce dernier a déjà discuté avec Michel Labrecque, le président de la STM, et tout le monde s'entend sur la marche à suivre, selon lui.

Pas de coalition souverainiste en vue

Les plans de coalitions avec les autres partis souverainistes sont passés à la trappe. Jean-François Lisée ne croit même plus à celui qui était chargé d'établir des ponts avec Québec solidaire, l'an passé. «On doit démontrer que la vraie coalition souverainiste, c'est le Parti québécois. (Une coalition) on voit difficilement comment ça peut s'articuler. On verra, mais ça semble la quadrature du cercle», ajoute-t-il. «Pour qu'il y ait des alliances stratégiques, il faut qu'il y ait une plate-forme commune. Or, il n'y en a pas. Ces alliances seraient vides de sens», dira Raymond Archambault, le président du PQ.

La question des alliances avec les autres partis souverainistes est académique, croit aussi Marc Laviolette: «Si on regarde les règles de financement, les conditions objectives ne sont pas là. Un parti qui accepterait de ne pas présenter un candidat perdrait de l'argent» observe M. Laviolette.

«Je ne pense pas que ce soit avec 22 chapelles qu'on bâtisse une cathédrale», lance-t-il, d'accord avec le président du PQ, Raymond Archambault, pour qui ce débat sur les coalitions a assez duré.

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