Les écologistes espèrent un ministre de l'Environnement combatif

Yves-François Blanchet, nouveau ministre québécois de l'Environnement.... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Yves-François Blanchet, nouveau ministre québécois de l'Environnement.

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(Québec) La nomination d'Yves-François Blanchet au poste de ministre de l'Environnement, à la suite de la démission de Daniel Breton la semaine dernière, est plutôt bien accueillie par les militants environnementalistes. Mais tous espèrent qu'il sera aussi combatif que celui qu'il remplace.

Suzanne Méthot siégeait au conseil d'administration du Jour de la Terre de 2006 à 2008 quand le nouveau ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, en était le président. «Il connaît l'environnement, ça fait partie de ses valeurs, alors ça nous rassure», dit la directrice pour le Québec de l'Initiative boréale canadienne.

Steven Guilbeault, d'Équiterre, s'est occupé avec M. Blanchet de la portion montréalaise du concert Live Earth organisé par Al Gore en 2007. «Ce n'est pas un militant écologiste comme Daniel Breton, mais c'est une personne qui s'intéresse à l'environnement et qui s'implique depuis plusieurs années», a-t-il déclaré à Radio-Canada.

D'autres environnementalistes connaissent moins le nouveau ministre. «Comme d'habitude, on laisse la chance au coureur. C'est un peu tannant, un changement de ministre, car il faut recommencer nos rencontres. Mais on fait confiance à son jugement», dit Christian Simard, directeur général de Nature Québec. Même son de cloche d'Ugo Lapointe, de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine.

Karel Mayrand, de la Fondation David Suzuki, croit qu'on a jugé trop rapidement M. Breton. Il ne connaît pas son successeur. «On est bien sûr prêts à travailler avec lui, assure-t-il. Mais au-delà de l'identité du ministre, il faut que Mme Marois respecte ses engagements électoraux.»

Le nouveau ministre a déjà été qualifié de goon. «C'est quelqu'un qui ne se laisse pas marcher sur les pieds», dit M. Guilbeault. Il espère que M. Blanchet sera aussi pugnace avec ses collègues, notamment pour obtenir une étude du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) au sujet du pipeline d'Enbridge. «Mme Marois semble branler dans le manche. Ça va prendre quelqu'un qui va se battre au Conseil des ministres», croit-il.

Dossiers urgents

M. Blanchet n'aura pas beaucoup de temps pour se familiariser avec ses dossiers. Quelques-uns doivent déjà être réglés avant les vacances.

Le décret qui confirme la participation du Québec au marché du carbone doit être signé d'ici au 15 décembre. «Sinon, on va manquer le signal de départ, ce qui serait catastrophique», prévient M. Guilbeault.

Un décret doit aussi être signé pour exiger une étude du BAPE sur chaque projet minier, ajoute M. Lapointe. Moins du tiers y est actuellement soumis. Cette mesure figurait dans le projet de loi libéral sur les mines. Le gouvernement péquiste a promis de l'inclure dans son propre projet de loi, mais il faudra attendre quelques mois avant qu'il soit déposé. «Mais en campagne électorale, le Parti québécois (PQ) s'était engagé à adopter cette mesure dans ses 100 premiers jours au pouvoir. Ils peuvent le faire par un simple décret. C'est urgent car, pendant ce temps, des projets de mineavancent sans passer par le BAPE», explique M. Lapointe, en allusion au projet Orbite, en Gaspésie.

M. Blanchet demeure responsable de la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Un fonds de diversification économique de 200 millions de dollars est prévu pour compenser la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. Christian Simard invite M. Blanchet à saisir l'occasion pour démanteler la centrale Gentilly-1. Cette centrale, qui appartient au fédéral, est en dormance depuis 40 ans. «Tout l'argent du fédéral va présentement aux projets en Ontario», regrette-t-il. Il croit qu'on pourrait ainsi stimuler l'économie locale et régler un dossier environnemental.

M. Blanchet devra de plus mettre sur pied le Plan d'action de lutte contre les changements climatiques 2013-2020. Le précédent gouvernement devait le dévoiler avant la fin de cette année. «Le PQ a promis de réduire les émissions de gaz à effet de 25% sous le taux de 1990, rappelle M. Simard. On a hâte de voir son plan.»

«Ce plan est urgent», renchérit André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Il rappelle aussi que le PQ s'est engagé à réduire sa consommation de combustibles fossiles de 30% d'ici à 2030. «Il faut mettre ça en place rapidement, surtout quand on voit qu'à Doha ça n'avance pas.»

Suzann Méthot est aussi préoccupée par la protection des territoires du Nord. Mme Marois s'était engagée par écrit à en protéger 50%. «Mais elle n'en a pas parlé publiquement depuis, et elle n'a pas donné de signal à ce sujet dans le budget», rappelle-t-elle.

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