Cartel de Saint-Jean: un des arrêtés avait reçu Jean Charest chez lui

Le premier ministre du Québec, Jean Charest.... (Photo: Graham Hughes, PC)

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Le premier ministre du Québec, Jean Charest.

Photo: Graham Hughes, PC

Vincent Larouche
La Presse

Pour la deuxième fois en trois mois, l'Escouade Marteau de la SQ a arrêté aujourd'hui un entrepreneur qui avait eu le rare privilège de recevoir le premier ministre Jean Charest à sa résidence personnelle pour une soirée de financement.

Selon un article de l'hebdomadaire local Le Canada Français daté du 18 juin 2003, le premier ministre s'était rendu à l'époque dans une soirée de financement chez l'homme d'affaires Gaétan Paradis, président de Construction GCP Inc et «organisateur libéral bien connu».

«Le premier ministre n'a pas l'habitude de participer à des soirées de financement, mais il a fait une exception lundi, remplissant une promesse qu'il avait faite il y a deux ans à Gaétan Paradis alors qu'il était chef de l'opposition», écrivait le journal.

M. Paradis fait partie des personnes arrêtées aujourd'hui par l'Escouade Marteau, bras armé de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), lors du démantèlement  d'un cartel accusé d'avoir truqué les appels d'offres municipaux avec l'aide de fonctionnaires corrompus, en plus d'avoir recours à des fausses factures.

«C'était aussi une soirée de financement. J'avais demandé à M. Charest de me promettre de revenir chez moi quand il serait premier ministre. Il a tenu parole. Les gens qui étaient au rendez-vous lundi soir étaient pour la plupart les mêmes qu'il y a deux ans», expliquait M. Paradis, cité par le Canada Français au sujet de l'activité tenue chez lui en 2003.

Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Gilles Dolbec, ainsi que les députés d'Iberville et de Saint-Jean, Jean Rioux et Jean-Pierre Paquin, étaient de la cinquantaine d'invités à la réception, selon l'article.

«La rencontre nous a permis de reparler au premier ministre de quelques priorités régionales, principalement du parachèvement de l'autoroute 35 et de la volonté de Saint-Jean-sur-Richelieu d'accueillir le prochain Sommet Québec-New York», déclarait le maire, qui s'était absenté de l'hôtel de Ville pour participer à la soirée de financement, selon le Canada Français.

Rappelons que le mois dernier, dans le cadre d'une autre enquête de l'UPAC, l'Escouade Marteau a arrêté l'entrepreneur Normand Trudel, pour une histoire de corruption à Mascouche. En 2008, Normand Trudel avait organisé un cocktail de financement du PLQ chez lui, à Terrebonne. L'invité d'honneur était Jean Charest. Quelque 100 000$ y ont été amassés pour la caisse du PLQ.

Cette opération dans la région de Mascouche avait aussi mené à l'arrestation d'un ancien «bénévole de l'année» du PLQ, Louis-Georges Boudreault. Il a été accusé d'abus de confiance et de participation à une infraction.

Aujourd'hui, le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, a toutefois été catégorique: rien n'a permis de relier les activités du cartel de St-Jean à une quelconque forme de financement politique, au palier municipal, provincial ou fédéral.

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