Le bilan environnemental du gouvernement Charest critiqué

Le Commissaire au développement durable Jean Cinq-Mars en... (Photo: PC)

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Le Commissaire au développement durable Jean Cinq-Mars en conférence de presse à Québec, mercredi.

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Paul Journet
La Presse

(Québec) Données incomplètes ou erronées, reddition des comptes déficiente, objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) qui risque de ne pas être atteint en 2012: le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, a rendu public hier un rapport très critique sur le bilan environnemental du gouvernement Charest.

Le ministre du Développement durable, Pierre Arcand, ne conteste pas le rapport. «Nous allons donner suite à l'ensemble des recommandations», s'est-il empressé de déclarer.

Contrairement à ce que prétend le gouvernement, il est difficile d'affirmer que le Québec atteindra cette année son objectif de réduction des GES (6% de moins que le taux de 1990), soutient le commissaire. Les données ont fluctué en dents de scie de 2005 à 2009, dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles. De 2005 à 2007, les émissions sont restées pratiquement stables - elles sont passées de 86 à 87 mégatonnes. Elles ont diminué au cours des deux années suivantes, durant la crise économique. En 2009, elles ont été de 82 mégatonnes.

Le commissaire regrette qu'on utilise ces données pour conclure que le plan d'action est efficace. Ces variations pourraient être conjoncturelles et ne pas se répéter. En outre, la marge d'erreur de ces calculs est considérable.

M. Arcand rappelle que les émissions québécoises ont tout de même diminué de 2,5% par rapport à 1990, même si la population a augmenté de 12% et le PIB de 45%. «On doit quand même faire quelque chose de correct», a-t-il lancé.

Reddition de comptes déficiente

Au-delà des chiffres, le commissaire critique la méthode. Les plans de lutte contre les changements climatiques pour 2006-2012 et 2013-2020 seront respectivement dotés de 1,5 milliard et 2,7 milliards de dollars. «Mais le Ministère n'évalue pas l'efficacité du plan et des mesures qu'il inclut», constate M. Cinq-Mars.

Le choix des projets est également critiqué. Dans sa sélection, le Ministère «n'a pas utilisé de méthode systématique, documentée et basée sur des critères clairs», écrit le commissaire. Et pour faire le suivi, Québec utilise des données qui sont parfois «incomplètes, imprécises ou erronées». Il n'y a pas d'indicateurs pour suivre les progrès. «Nous sommes d'accord pour dire qu'il faut plus d'efforts pour améliorer la reddition de comptes», a dit M. Arcand.

Réactions

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) juge le rapport «inquiétant». «Si le gouvernement adhère aux recommandations, pourquoi a-t-il attendu ces critiques pour changer sa façon de faire?», demande Patrick Bonin, directeur climat-énergie à l'AQLPA.

M. Arcand promet de créer bientôt un «bureau de chargé de projet» pour coordonner le plan d'action 2013-2020. Ce plan doit être dévoilé dans les prochaines semaines. Le processus de consultation entourant ce plan est toutefois «opaque», juge M. Bonin.

Même son de cloche de Scott McKay, critique du PQ en matière d'Environnement. «Aucun lien direct» ne peut être fait entre le précédent plan et les réductions de GES. C'est «énormément d'argent pour peu de résultats», pense-t-il.

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