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Vers un gouvernement minoritaire

L'enthousiasme autour de Pauline Marois s'est estompé.... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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L'enthousiasme autour de Pauline Marois s'est estompé.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

(Québec) En cette période de turbulences sociales, la satisfaction à l'endroit du gouvernement Charest a encore baissé en avril. Mais l'enthousiasme autour de Pauline Marois, qui avait triomphé de l'adversité il y a deux mois, s'est désormais estompé: libéraux et péquistes sont maintenant au coude-à-coude, à tel point qu'il devient difficile de prédire le résultat du scrutin.

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On se rapproche d'un gouvernement minoritaire, comme l'a connu le Québec au lendemain des élections de 2007, observe Youri Rivest, de CROP, à la suite de son enquête réalisée pour La Presse du 18 au 23 avril auprès de 1000 internautes. Les résultats de l'enquête sont «colorés» par la blague de Jean Charest lors des manifestations étudiantes de vendredi dernier et, dans une moindre mesure, par le premier congrès de la Coalition avenir Québec, samedi dernier.

L'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest a encore augmenté: 73% des gens se disent désormais mécontents des décisions de Québec, trois points de plus que depuis le début de l'année - les enquêtes de janvier, février et mars révélaient toutes 70% d'insatisfaits. «C'est un niveau rarement constaté, on est au fond du baril», affirme M. Rivest. Ce constat est cohérent avec l'humeur générale de la population, au plus bas depuis décembre 2010. En effet, 71% des gens croient que le Québec «va dans la mauvaise direction», trois points de plus que le mois précédent.

Selon le spécialiste de CROP, on vogue vers un gouvernement minoritaire qui pourrait même être libéral. «On peut le comparer à 2007: le PLQ avait deux points d'avance sur l'ADQ et cinq sur le PQ. Aujourd'hui, il a la même avance sur le PQ et la CAQ. Ce serait très serré pour la première position», explique M. Rivest, tout en demeurant prudent.

En ce qui concerne les intentions de vote, le Parti québécois encaisse une chute importante et passe de 34% à 28% des suffrages, six points de moins après répartition des indécis - qui passent de 5% à 14%. Selon M. Rivest, cela n'est pas une surprise: depuis que Gilles Duceppe a jeté l'éponge, «le PQ et Mme Marois bénéficiaient d'un élan», puisque la chef avait survécu à la fronde contre toute attente. Ainsi, les 34% récoltés le mois dernier surévaluaient son appui réel dans la population, explique le sondeur. Avec son score d'avril, le PQ se rapproche du résultat de février, plus près de sa situation réelle, croit le sondeur. «La baisse peut sembler importante, mais elle n'est pas déterminante.»

Autre voyant jaune au tableau de bord péquiste: la souveraineté recule de sept points, à 36%. Le résultat de mars, 43%, sortait clairement de la tendance, observe toutefois le sondeur. Il y a eu un «élan» de sympathie à l'endroit de la ténacité de la chef péquiste, mais «le PQ incarne difficilement le changement, or c'est un enjeu important».

Les libéraux à 30%

Les libéraux marquent le pas, à 30%, comme le mois précédent. La Coalition avenir Québec grimpe d'un point, à 25%, un mouvement insuffisant pour être significatif. «Ils reviennent à une base électorale qui est autour d'un Québécois sur quatre», affirme le sondeur.

Les gagnants du dernier mois sont Québec solidaire, qui reprend trois points et revient à 8% comme en février, et le Parti vert, qui monte de deux cases, à 7%.

La répartition par groupes d'électeurs est éclairante: le PQ domine chez les francophones avec 32% d'appuis, suivi de la CAQ avec 29%. Le PLQ ferme la marche avec 22%. La CAQ domine à Québec avec 40%; dans la région de Montréal, elle est au coude-à-coude avec le PLQ, à 33%. Ailleurs en région, c'est le PQ qui a la cote, avec 32% des intentions de vote.

Quand on demande qui serait le meilleur premier ministre, François Legault accuse une baisse significative, de quatre points, passant de 21 à 17%, et Pauline Marois suit un parcours identique. Jean Charest baisse quant à lui d'un point, à 18% d'appuis. «Personne ne se démarque comme meilleur premier ministre, et les trois chefs font désormais moins bien que leur parti», conclut M. Rivest.




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