Un nouveau parti mené par François Legault balaierait le Québec

La crise au Parti québécois fait fuir les... (Photo: André Pichette, La Presse)

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La crise au Parti québécois fait fuir les électeurs, au point où le Parti libéral a ravi au PQ la première place dans les intentions de vote. Mais un nouveau parti dirigé par François Legault (notre photo) ferait une razzia non seulement chez les péquistes, mais aussi chez les libéraux.

Photo: André Pichette, La Presse

(Québec) Nouveau coup dur pour le PQ: le Parti libéral a dépassé les troupes de Pauline Marois dans les intentions de vote des Québécois, malgré l'insatisfaction persistante de la population envers le gouvernement. Le véritable avantage revient toutefois à François Legault, dont le futur parti pourrait envoyer libéraux et péquistes au tapis advenant des élections.

La crise au Parti québécois fait fuir les électeurs, au point où le Parti libéral a ravi au PQ la première place dans les intentions de vote. Mais un nouveau parti dirigé par François Legault ferait une razzia non seulement chez les péquistes, mais aussi chez les libéraux.

C'est ce que révèle un sondage CROP-La Presse réalisé par internet du 15 au 20 juin auprès de 1000 personnes. C'était avant la défection de Benoit Charette, cinquième député à quitter le PQ, et l'expulsion de René Gauvreau.

Le PLQ est maintenant en tête avec 35% des intentions de vote, après répartition des indécis. C'est un bond spectaculaire de 12 points en un mois. Son avance est même de six points sur le PQ. Le parti de Pauline Marois glisse en effet à 29%, une chute de 5 points.

«S'il y avait eu des élections la semaine dernière, les libéraux auraient probablement été majoritaires, constate Youri Rivest, vice-président de CROP. Ça demeure fragile, mais c'est quand même tout un retournement.» Il faut remonter à 2009 pour trouver une avance notable du PLQ dans les intentions de vote.

De son côté, l'ADQ stagne à 17%. Québec solidaire, à 7%, enregistre une baisse de 5 points et se retrouve à égalité avec le Parti vert. Chez les francophones, le PQ, à 34%, maintient sa première position, mais perd des plumes, et le PLQ remonte à 27%.

Le raz-de-marée Legault

L'entrée en scène d'un nouveau parti dirigé par François Legault provoquerait un raz-de-marée. Et la vague serait plus forte encore s'il y avait fusion avec l'ADQ.

Sans l'ADQ, la coalition de Legault récolte 40 % des intentions de vote et envoie le PQ au tapis, à 17%. CROP souligne que 37% des électeurs péquistes passeraient dans le camp de François Legault.

La formation de Pauline Marois subirait donc le même sort que le Bloc québécois -voire pire. «À 17%, on fait élire deux ou trois députés», selon Youri Rivest. Le PLQ se retrouve en deuxième position, à 26%. Environ 17% de ses électeurs voteraient pour M. Legault.

François Legault ferait également mal à l'ADQ, dont il rallierait 52% des électeurs. Le parti de Gérard Deltell devrait se contenter de 8% des votes.

M. Legault séduirait même 50% des électeurs de Québec solidaire. «Il faut faire attention. À l'approche des élections, M. Legault devra se révéler de plus en plus, et ça va être difficile de ratisser autant à l'ADQ qu'à Québec solidaire, qui sont quand même dans deux spectres différents. Mais le NPD a réussi à ratisser aussi large au fédéral», dit Youri Rivest.

Appuis à une coalition

Un parti né de la fusion de la Coalition pour l'avenir du Québec avec l'ADQ raflerait quant à lui 47% des intentions de vote après répartition des indécis. Le PLQ obtiendrait 25%; le PQ, 18%. «Sans l'ADQ, François Legault est en bonne position. Mais avec l'ADQ, c'est la grande bascule. Ce serait une force assez irrésistible», résume M. Rivest.

Chez les francophones, François Legault obtient un score au-dessus de 40% sans l'ADQ, et de 50% avec. Dans les deux cas, le PLQ et le PQ sont à peu près à égalité, à moins de 20%.

Crise au PQ

En mai, pour le compte d'un autre client, CROP a posé les mêmes questions sur le succès que récolterait un parti dirigé par M. Legault. Conclusion du sondeur: «La crise au PQ a grandement profité à François Legault.» Celui-ci a en effet gagné 14 points en un mois, lui qui, à 26%, arrivait alors tout juste derrière le PQ (29%). Un parti Legault-ADQ a quant à lui fait un bond de 10 points depuis mai; il était déjà le meneur il y a un mois.

La crise au PQ a également ébranlé la confiance des Québécois envers Pauline Marois. Jean Charest la détrône au titre de la personne qui «ferait le meilleur premier ministre»: il obtient 22% des appuis, et la chef du PQ, 15% -il hérite donc des cinq points perdus par Mme Marois. Depuis le mois de février, Amir Khadir est passé de 11% à 4%. «Il est manifestement sur une pente descendante», note M. Rivest. Gérard Deltell, lui, se maintient à 10%. Mais 29% des répondants disent qu'aucun chef ne ferait le meilleur premier ministre et 18% ne savent pas.

Le taux de satisfaction à l'égard du gouvernement Charest est toujours faible, à 32%, mais il a augmenté de 7 points en un mois. «Ça s'inscrit dans une tendance à la hausse depuis février», alors que le gouvernement était «dans le fond du baril» à 21%, affirme M. Rivest. Environ 63% des Québécois sont toujours plutôt insatisfaits (34%) ou très insatisfaits (29%) du gouvernement.

La crise au PQ mine en outre l'option souverainiste. Le oui passe à moins de 40% après répartition des indécis pour atteindre 38%. Le non est à 62%, en hausse de 5 points, surtout parce que plusieurs répondants qui se disaient indécis il y a un mois sont passés dans ce camp.




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