Des «avenants», pas des «dépassements», explique Hydro-Québec

À l?Assemblée nationale, Mme Normandeau a souligné qu?Hydro...

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À l?Assemblée nationale, Mme Normandeau a souligné qu?Hydro faisait une «pré-qualification» des entreprises en informatique, et c?est à partir de la liste réalisée que les contrats étaient signés de gré à gré, sans appel d?offre spécifique avec les entreprises.

Denis Lessard
Denis Lessard
La Presse

(Québec) Hydro-Québec préfère parler d'«avenants» plutôt que de «dépassements de coûts», mais le tiers des contrats qu'elle accorde en informatique finissent par coûter plus cher que prévu.

Dans un communiqué publié hier en réponse à un reportage de La Presse, la société d'État souligne que «près des deux tiers des contrats informatiques sont réalisés sans variation des montants attribués à l'origine». Pour le tiers restant - donc plus de 33% - les coûts estimés lors de l'attribution du contrat représentent une «commande initiale». Hydro-Québec peut en cours de route faire «des achats complémentaires» ou demander de «nouvelles fonctionnalités» qui n'étaient pas prévues à l'origine, explique le communiqué.

Hydro-Québec voulait aussi répliquer au Parti québécois, qui, après avoir colligé l'ensemble des contrats d'informatique accordés par la société d'État depuis l'an 2000, a conclu que 38% d'entre eux avaient dépassé les budgets prévus.

«Tous ces changements sont traités selon les règles dans des avenants aux contrats initiaux. Par le fait même, des montants sont ajoutés par rapport à l'attribution initiale, ce qui entraîne des avenants aux contrats de base», explique Hydro-Québec.

Hier, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a elle aussi préféré parler d'«avenants» plutôt que de dépassements de coûts.

Si la très grande majorité des contrats sont accordés «de gré à gré», c'est qu'Hydro-Québec fait au préalable un appel d'offres général pour permettre à des firmes de se qualifier, a-t-elle expliqué.

Des sources à Hydro-Québec confient qu'une part importante des mandats vont à une demi-douzaine de géants, «d'intégrateurs». Deux cadres supérieurs du secteur informatique d'Hydro-Québec viennent d'ailleurs de l'une de ces firmes, la société CGI. Enfin, s'il est facile de voir que des contrats dépassent les budgets initiaux, il est moins évident de constater que la portée de certains projets a été réduite bien que les prix aient été maintenus.

À l'Assemblée nationale, le critique du Parti québécois en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, a souligné que les dépassements de coûts représentent une somme supplémentaire de près de 400 millions de dollars. «C'est beaucoup d'argent», a-t-il observé.

En outre, «les deux tiers de ces contrats ont été octroyés de gré à gré au lieu de faire l'objet d'un appel d'offres». Selon lui, il est clair que Québec devrait permettre au Vérificateur général de mettre son nez dans les affaires de la société d'État. «La réalité, c'est que 40% des contrats d'informatique ont dépassé leurs budgets initiaux. La moyenne des excédents est de 106%», a soutenu le député Gaudreault.

François Bonnardel, de l'ADQ, a pour sa part reproché à Hydro-Québec «la loi du silence» que cautionne le gouvernement Charest. Les bonus des cadres ont augmenté depuis cinq ans alors que les profits, les dividendes versés à l'actionnaire public, ont diminué. Il est inconcevable que, à la différence des dirigeants des autres sociétés d'État, le président Thierry Vandal ne vienne pas s'expliquer à l'Assemblée nationale, a lancé l'adéquiste. Les dépassements de coûts en informatique ne le surprennent pas «quand on regarde le restant, du Dossier santé Québec à la Commission d'administration des régimes de retraite», mais il s'inquiète de voir que M. Vandal, qui a déjà été président de la commission politique du PLQ, «se cache des parlementaires».

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