Le cancer emporte le ministre Béchard

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Claude Béchard a rendu public son retrait de la vie politique par voie de communiqué, mardi matin. Il a rendu le dernier soupir vers 16h.

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Claude Béchard (1969-2010)

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Claude Béchard (1969-2010)

Le cancer emporte l'ex-ministre libéral, Claude Béchard. »

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(Québec) Le ministre Claude Béchard s'est éteint mardi à l'âge de 41 ans, quelques heures seulement après avoir annoncé son retrait de la vie politique. Le cancer du pancréas, qu'il combattait depuis deux ans, l'a emporté.

Claude Béchard était rentré à l'hôpital au début de la semaine dernière. Tous étaient conscients que c'était son dernier séjour à l'Hôtel-Dieu de Québec, où il avait été traité depuis 2008.

Peu de gens le savent, mais, depuis longtemps, il recevait une chimiothérapie extrêmement agressive, utilisée en Europe, qui était encore au stade du protocole expérimental.

Le 11 août, lors du remaniement ministériel, il s'était présenté à l'Assemblée nationale pour être reconfirmé dans ses fonctions de ministre de l'Agriculture et des Affaires intergouvernementales canadiennes. Bien que souriant et détendu, il portait alors sous son veston des bouteilles de soluté qui faisaient partie de son traitement de chimiothérapie. Ce fut sa dernière apparition publique. Son état de santé s'est détérioré peu de temps après.

Le médecin lui avait annoncé à la fin de la semaine dernière qu'en dépit du traitement foudroyant, la maladie n'avait pas été enrayée et qu'il vivait ses derniers jours. Le cancer du pancréas est très virulent. Seulement une personne sur cinq survit à cette maladie dans les cinq ans suivant le diagnostic.

Vendredi, Claude Béchard était lucide et serein, en dépit de moments de grande tristesse. «Il savait ce qui s'en venait», dit un proche qui l'a rencontré ce jour-là. Il avait déjà pris sa décision de démissionner de son poste de député de Kamouraska-Témiscouata et de ses responsabilités ministérielles. Sa lettre, toute prête, était datée du 7 septembre. M. Béchard laisse dans le deuil ses deux filles nées d'une première union, Justine et Béatrice, sa conjointe Mylène Champoux et ses deux enfants.

Vendredi, Claude Béchard avait rencontré des anciens collaborateurs, dont Stéphane Gosselin qui défrayait alors la chronique parce qu'il est passé du cabinet de Clément Gignac à l'Association pétrolière et gazière. Dès jeudi, il avait passé un coup de fil à M. Gosselin pour le rassurer et prendre de ses nouvelles. Les deux hommes se connaissaient depuis des années. Ils avaient étudié ensemble à l'Université Laval.

Dimanche, Claude Béchard avait rencontré des amis politiques à l'hôpital, Benoît Savard notamment, à qui il avait succédé comme conseiller jeune au cabinet du premier ministre Robert Bourassa. Un autre vieux compagnon de route, Claude-Éric Gagné, par malheur, était retenu à l'extérieur; il était en croisière. Dimanche, c'était aussi le jour de l'anniversaire de la conjointe de M. Béchard, Mylène Champoux.

Claude Béchard a rendu public son retrait de la vie politique par voie de communiqué, mardi matin. Il a rendu le dernier soupir vers 16h, mais depuis la matinée, ses proches savaient bien que la mauvaise nouvelle était imminente.

En conférence de presse vers 14h30, le premier ministre Jean Charest a dit, les larmes aux yeux, que «la cour des miracles est toujours ouverte. Il peut arriver des choses, sait-on jamais... Il va se battre jusqu'à la fin». Il s'est refusé à tout commentaire à la suite du décès de son «ami». «Le premier ministre est profondément, profondément touché», a affirmé son porte-parole, Hugo D'Amours.

Déjà M. Charest transmettait avec émotion un message au nom de M. Béchard en conférence de presse. «Il aurait aimé dire aux Québécois qu'il a toujours travaillé au meilleur de sa connaissance, qu'il a toujours fait du mieux qu'il pouvait, qu'il a donné le maximum de ses capacités pour aider les gens, qu'il s'ennuie des hommes et des femmes de sa région, qu'il les a aimés profondément, et également ses collègues...» a-t-il dit avant de s'interrompre, la gorge nouée par l'émotion. Il l'avait rencontré à l'hôpital la semaine dernière.

Jean Charest a souligné «l'intelligence, la détermination, la fougue, l'énergie et la polyvalence» de M. Béchard, à qui il avait confié la coprésidence de sa campagne au leadership du PLQ en 1998. Il laisse un «legs impressionnant», a-t-il ajouté. Par exemple, il a réalisé le premier plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement québécois et déposé un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre «reconnu mondialement comme l'un des meilleurs».




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