ADQ: les candidats plaident pour la primauté de l'égalité des sexes

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Gilles Taillon, Christian Lévesque et Eric Caire ont... (Photo: La Presse)

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Gilles Taillon, Christian Lévesque et Eric Caire ont dénoncé le projet de loi 16, déposé par la ministre de l'Immigration, Yolande James.

Photo: La Presse

 

Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Au Québec, l'égalité des sexes doit primer sur la liberté de religion, ont clamé mardi les trois candidats inscrits dans la course à la direction de l'Action démocratique.

D'une seule voix, Gilles Taillon, Christian Lévesque et Eric Caire ont dénoncé mardi le projet de loi 16, déposé le printemps dernier par la ministre de l'Immigration, Yolande James.

Cette pièce législative controversée impose aux ministères et organismes l'adoption de directives pour accommoder les immigrants et les minorités religieuses indisposés par les pratiques courantes dans les services publics.

Les trois aspirants à la succession de Mario Dumont jugent que le gouvernement Charest fait fausse route avec un projet de loi qui renvoie à la majorité l'obligation de s'adapter à la minorité.

«C'est un projet de loi à l'envers du bon sens. On veut que le Québec s'adapte aux particularités des autres, alors qu'il faudrait demander aux gens qui s'en viennent ici de s'intégrer à nos valeurs», a estimé Gilles Taillon, en entrevue à La Presse Canadienne.

Mais avant d'exiger quoi que ce soit des immigrants ou des minorités religieuses, le Québec doit d'abord inscrire noir sur blanc ses valeurs dans une constitution interne, plaide M. Taillon.

A l'instar de son ancien chef, M. Taillon propose l'enchâssement des valeurs fondamentales de la société québécoise dans un document constitutionnel.

Il en identifie au moins quatre: la laïcité des institutions publiques, le français comme langue commune, l'égalité entre les hommes et les femmes de même que le respect des traditions historiques (fête de Noël, patrimoine religieux, etc).

Donner préséance à l'égalité des femmes dans la Charte des droits de la personne, comme le suggère le Parti québécois, «n'est pas suffisant», croit M. Taillon.

«Ce n'est pas assez fort. L'égalité des sexes et la laïcité de nos institutions publiques sont des valeurs qui devraient figurer dans un texte de nature constitutionnelle et non pas dans le préambule d'une loi qui donne une possibilité d'interprétation», a-t-il expliqué.

Perçu comme le candidat le «plus à gauche» engagé dans la campagne au leadership, Christian Lévesque milite lui aussi en faveur d'une constitution toute québécoise.

Cependant, il appuie sans réserve la proposition de l'opposition péquiste de faire primer l'égalité des sexes sur la liberté de religion.

«Je suis tout à fait d'accord. J'ai travaillé longtemps en Afrique et je peux vous dire qu'on vous fait comprendre rapidement quelle est la façon de se comporter. Il ne faut pas laisser un autre Etat nous définir, c'est nous qui devons nous prendre en main», a dit l'ex-député de Lévis.

Pour sa part, Eric Caire est en faveur d'une «Charte de la laïcité» afin de dissiper toute ambiguïté.

Comme ses vis-à-vis Lévesque et Taillon, le député de La Peltrie prédit que le projet de loi 16 «ne règlera rien».

«C'est un amas de bonnes intentions, mais ce sont encore le chauffeur d'autobus, le fonctionnaire ou l'administrateur public qui devront interpréter ce que veut dire le législateur», a-t-il soulevé.

Par manque de courage politique, le gouvernement Charest laisse le Québec baigner dans la confusion en matière d'accommodements des minorités, a accusé M. Caire.

Il est plus que temps, selon lui, de proclamer la préséance de la laïcité de l'Etat et de l'égalité des sexes sur la liberté de pratiquer sa religion.

«L'égalité entre les hommes et les femmes est un droit alors que la pratique religieuse est une liberté. Et la liberté s'arrête où le droit commence», a fait valoir M. Caire, qui est donné favori pour l'emporter lors du congrès au leadership, le 18 octobre..

L'Action démocratique du Québec se retrouve en terrain connu avec la reprise du débat sur les accommodements raisonnables.

En 2006, l'ancien chef Mario Dumont avait propulsé son parti aux premières loges de l'actualité en dénonçant une série d'accommodements «déraisonnables» à ses yeux.

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