Québec accuse le Moulin à paroles de faire l'apologie du FLQ

Le ministre responsable de la Capitale nationale, Sam... (Photo: Le Soleil)

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Le ministre responsable de la Capitale nationale, Sam Hamad, a affirmé vendredi que le gouvernement du Québec se dissocie de la manifestation artistique visant à commémorer le 250e anniversaire de la bataille des Plaines.

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Rémi Nadeau
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Charest accuse les organisateurs du Moulin à paroles de chercher à faire l'apologie de la haine et du terrorisme prônés par le FLQ.

Dans une virulente sortie, le ministre responsable de la Capitale nationale, Sam Hamad, a annoncé vendredi que le gouvernement du Québec se dissocie de la manifestation artistique prévue les 12 et 13 septembre à Québec, visant à commémorer le 250e anniversaire de la bataille des Plaines.

Le ministre Hamad reproche particulièrement aux organisateurs de prévoir la lecture du manifeste du Front de libération du Québec et de s'associer à Patrick Bourgeois, du Mouvement de résistance du Québécois, qu'il accuse de préconiser les appels à la violence.

«Ils sont rendus loin de la poésie. Le FLQ pour moi, le souvenir que j'ai, ce sont les assassinats, les bombes», a déclaré le ministre Hamad en entrevue à La Presse Canadienne.

Il a ajouté que les organisateurs, dont Bizz, le leader du groupe rap Loco Locass, minent le sentiment de fierté ressenti par les gens de Québec depuis le succès du 400e anniversaire de la ville en «encourageant les gens dans le FLQ».

Dénonçant son caractère politique, le ministre précise que le gouvernement du Québec ne versera pas un sou pour la tenue de l'événement, et qu'aucun membre du gouvernement n'y participera.

«Le FLQ, la violence et le terrorisme, on ne se reconnaît pas là-dedans», a-t-il insisté.

Le député péquiste Maka Kotto, qui lira un texte lors de cette commémoration, a qualifié la sortie du ministre Hamad de «caricaturale, simpliste et exagérée».

Selon lui, les organisateurs du Moulin à paroles ne sont pas des extrémistes et il n'y a rien à craindre.

«Nous n'avons pas affaires au Québec à des fous d'Allah. Les Québécois sont pacifistes. Je crois que c'est le gouvernement qui est peut-être mal à l'aise avec l'histoire dans son intégrité», a commenté le porte-parole de l'opposition officielle en matière de culture et communications, lors d'un entretien téléphonique.

Le président du Mouvement de résistance du Québécois, Patrick Bourgeois, a pour sa part publié un communiqué de presse dans lequel il nie avoir proféré des appels à la violence lorsque faisait rage, l'hiver dernier, le débat public sur la tenue d'une reconstitution de la bataille des Plaines, qui n'a finalement pas eu lieu.

Selon lui, le maire de Québec, Régis Labeaume, la ministre fédérale Josée Verner et le ministre Hamad mènent une campagne de désinformation à son sujet.

Les organisateurs ont refusé vendredi de confirmer ou d'infirmer le fait que le manifeste du FLQ fera partie de la liste des textes historiques qui seront lus dans le cadre du Moulin à paroles.

Le leader du groupe Loco Locass, Sébastien Ricard, alias Bizz, n'a pas retourné les appels de La Presse Canadienne.

Une autre membre du comité organisateur, Brigitte Haentjens, à qui a été confiée la direction artistique de l'événement, a reproché aux médias de faire circuler des informations qui n'ont jamais été confirmées par les responsables du Moulin à paroles.

Elle a par contre refusé de dire si le manifeste du FLQ serait lu ou non.

Selon une liste ayant circulé au cours des derniers jours, et dont La Presse Canadienne a obtenu copie vendredi, le texte devrait être lu par le chanteur Luck Mervil.




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