Scheer expulse Bernier de son cabinet fantôme

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Durant la course au leadership, Maxime Bernier avait fait campagne en promettant d'abolir la gestion de l'offre, tandis qu'Andrew Scheer s'était engagé à défendre ce régime.

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(OTTAWA) Désirant afficher la plus grande unité au sein de ses troupes sur la question de la gestion de l'offre - un dossier qui provoque des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis - le chef du Parti conservateur Andrew Scheer a décidé de dépouiller son ancien rival de la course au leadership, Maxime Bernier, de toutes ses fonctions au sein du cabinet fantôme.

Dans une déclaration de deux paragraphes émises mardi soir, M. Scheer a indiqué qu'il avait décidé d'expulser Maxime Bernier, qui demeure favorable à l'abolition de ce régime, du cabinet fantôme et de confier les responsabilités de critique en matière d'innovation, des sciences et du développement économique qu'il avait au député albertain Matt Jeneroux de façon intérimaire.

M. Scheer n'a toutefois pas donné plus de détails. Mais tout indique que le chef conservateur n'a pas apprécié la décision de M. Bernier de mettre sur son site internet en fin de semaine le chapitre qu'il a rédigé sur la nécessité d'abolir la gestion de l'offre pour les produits laitiers, les oeufs et la volaille et qui devait faire partie d'un livre à paraître cet automne. Le député de Beauce a posé ce geste alors que le président des États-Unis Donalds Trump s'est livré à une charge à fond de train contre le Canada et le premier ministre Justin Trudeau, en grande partie à cause du refus du gouvernement canadien d'abolir la gestion de l'offre.

Durant la course au leadership, M. Bernier avait fait campagne en promettant d'abolir la gestion de l'offre, tandis que M. Scheer s'était engagé à défendre ce régime. M. Scheer a finalement remporté la course au leadership par une mince majorité au 13e et dernier tour, en obtenant notamment l'appui de plusieurs producteurs agricoles du Québec qui avaient acheté leur carte de membre dans le but de bloquer la route à Maxime Bernier.

M. Bernier avait décidé de diffuser ce chapitre de son livre sur la gestion de l'offre au printemps, alors que les négociations visant à moderniser l'Accord de libre-échange nord-américain se poursuivaient et que l'un des sujets en litige portait sur cet enjeu. Une semaine plus tard, il annonçait qu'il reportait indéfiniment la publication de son livre après que ses écrits eurent provoqué une malaise au sein des troupes conservatrices. D'autant plus que, dans ce chapitre, il soutenait que M. Scheer avait remporté la victoire grâce à l'appui de «faux conservateurs» opposés à l'abolition de la gestion de l'offre.

«M. Scheer n'avait d'autre choix que de poser ce geste. M. Bernier avait donné sa parole au caucus au printemps qu'il ne dérogerait plus de la position de notre parti dans ce dossier. Il ne l'a pas fait. M. Bernier ne s'est pas comporté comme un joueur d'équipe», a indiqué à La Presse une source conservatrice qui a requis l'anonymat.

Aux Communes, mardi, les libéraux de Justin Trudeau se sont fait un malin plaisir de rappeler la position de Maxime Bernier sur la gestion de l'offre pour ridiculiser les conservateurs d'Andrew Scheer. Lundi, les députés de toutes les formations politiques ont voté en faveur d'une motion appuyant la décision du gouvernement Trudeau de défendre la gestion de l'offre. Avant le vote unanime, toutefois, Maxime Bernier a quitté son siège à la Chambre des communes.

M. Scheer a éjecté le député de Beauce de son cabinet fantôme alors qu'il doit se rendre jeudi dans la circonscription de Chicoutimi-Le-Fjord, ou aura lieu lundi une élection partielle, afin de donner un coup de pouce au candidat conservateur Richard Martel. L'ancien chef du Bloc québécois Michel Gauthier et le lieutenant politique du chef conservateur au Québec, Alain Rayes, participeront aussi à ce blitz de campagne avant la tenue du scrutin de lundi. Les conservateurs déploient des efforts importants afin d'arracher cette circonscription nationaliste qui appartenait aux libéraux de Justin Trudeau avant la démission surprise du député Denis Lemieux en novembre dernier.




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