Ottawa prévient les Salvadoriens expulsés des É.-U. et tentés par le Canada

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Le député libéral Pablo Rodriguez compte répéter le message que martèle inlassablement le gouvernement canadien depuis des mois : il existe des règles en matière d'immigration, et celles-ci doivent être respectées.

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(Ottawa) Le député libéral d'Honoré-Mercier Pablo Rodriguez prendra de nouveau le bâton de pèlerin dimanche pour se rendre en Californie afin de tuer dans l'oeuf une possible vague de demandeurs d'asile dans la foulée de la décision de l'administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) qui protégeait de l'expulsion plus de 200 000 Salvadoriens résidant aux États-Unis.

M. Rodriguez, dont la langue maternelle est l'espagnol, en sera à sa quatrième mission du genre depuis que Washington, sous la houlette du président Donald Trump, a décidé de resserrer les règles en matière d'immigration au cours des derniers mois. Cette visite du député libéral était d'ailleurs dans les cartons depuis quelques semaines, les autorités canadiennes anticipant une telle décision de la part du département américain de la Sécurité intérieure (DHS) relativement au statut des ressortissants du Salvador.

Depuis mars 2011, ces ressortissants ont pu travailler légalement sans titre de séjour aux États-Unis grâce au TPS, instauré par les autorités américaines à la suite de l'arrivée massive de réfugiés après deux tremblements de terre dévastateurs ayant frappé leur pays.

M. Rodriguez, qui est aussi le whip du gouvernement Trudeau à la Chambre des communes, compte répéter le message que martèle inlassablement le gouvernement canadien sur toutes les plateformes depuis des mois à l'intention des migrants tentés de rentrer au Canada en formulant une demande d'asile : il existe des règles en matière d'immigration, et celles-ci doivent être respectées.

Plusieurs visites

Depuis septembre, M. Rodriguez s'est rendu à Los Angeles, à New York, à Dallas et à Houston. À chacune de ces visites, le député a rencontré des membres de la société civile, des avocats qui défendent des groupes d'immigrants et de réfugiés, des élus locaux et des médias de langue espagnole.

Rappelons que l'administration Trump a déjà annoncé l'abrogation du TPS pour près de 60 000 Haïtiens, plus de 5000 Nicaraguayens et un millier de Soudanais. Il a toutefois été prolongé jusqu'en juillet pour 57 000 Honduriens, dont le pays d'origine est depuis plusieurs mois la proie de violences après la réélection contestée du président Juan Orlando Hernandez.

«Il y a un message qui demeure le même : le Canada dispose d'un système d'immigration robuste et structuré qui doit être respecté. Avant de quitter votre emploi, de retirer votre enfant de l'école et de vendre votre maison pour venir au Canada, assurez-vous de bien comprendre les règles et les lois. Car si vous ne remplissez pas les critères, il est très probable que vous serez retournés, non pas aux États-Unis, mais dans votre pays d'origine.»

C'est le message que M. Rodriguez compte livrer durant sa prochaine mission de quatre jours dans la région de Los Angeles.

En entrevue, le député libéral a affirmé que les mesures prises par le gouvernement canadien depuis la vague de demandeurs d'asile enregistrée l'été dernier, notamment dans le secteur du poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, ont donné des résultats. Le nombre de demandeurs d'asile, qui oscillait autour des 250 cas par jour durant l'été, est stable à quelque 60 cas aujourd'hui.

Un statut permanent aux États-Unis

M. Rodriguez a aussi dit être convaincu que bon nombre des quelque 200 000 Salvadoriens pourraient être en mesure de demeurer aux États-Unis au bout du compte.

«Beaucoup d'entre eux auront accès à un statut permanent. Il y a beaucoup de ces gens qui se sont mariés avec des Américains, mais ils ne se sont jamais donné la peine de prendre les démarches pour régulariser leur situation. Quel sera le nombre exact? Cela reste à voir. Mais à l'heure actuelle, il n'y a pas de mouvement dans la communauté salvadorienne vers le Canada», a dit M. Rodriguez.

«On parle de gens qui se trouvent aux États-Unis depuis 15 ans. Il y a des gens qui ont des carrières extraordinaires, qui ont des familles. Il y a des enfants qui ont fait tout le système scolaire. Ils ont acheté des maisons. Et leur premier choix, c'est de rester aux États-Unis. C'est le pays qu'ils ont choisi. Mais si on veut parler à ces gens, il faut que cela soit en espagnol. Il y a une grande partie de cette population qui ne parle pas l'anglais et qui va chercher ses nouvelles par le biais des médias espagnols», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le comité ad hoc formé par le gouvernement Trudeau pour traiter le dossier de l'arrivée massive de migrants à la frontière canado-américaine tiendra une conférence téléphonique cet après-midi pour discuter de l'impact possible de la dernière décision de l'administration Trump. Ce comité est présidé par le ministre fédéral des Transports Marc Garneau; les ministres de la Sécurité publique Ralph Goodale et de l'Immigration Ahmed Hussen, ainsi que le ministre de l'Immigration du Québec David Heurtel et la ministre des Affaires civiques et de l'Immigration de l'Ontario Laura Albanese en font partie. Les députés libéraux Pablo Rodriguez et Emmanuel Dubourg sont également membres de ce comité.

- Avec l'Agence France-Presse




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