Netflix: la ministre Joly dit entendre ce qui se dit au Québec

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La ministre Mélanie Joly était l'invitée de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain vendredi.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a réitéré, vendredi, qu'il appartenait à son collègue des Finances, Bill Morneau, de décider si Netflix devait être soumis à la Taxe sur les produits et services, comme les autres. Elle a cependant dit «entendre ce qui se passe au Québec» quant à la nécessité d'offrir du contenu en français et d'être équitable envers tous.

Et elle s'est également dite prête à rapporter cette «réaction» à ses collègues ministres fédéraux.

La ministre, qui s'est adressée à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, ne s'est cependant pas engagée à ce que Netflix soit soumis à la TPS comme les autres, ni même à faire la promotion de cette idée, qui est défendue par le milieu de la culture et des médias, en plus du gouvernement du Québec lui-même.

Québec a d'ailleurs annoncé qu'il comptait soumettre Netflix à la Taxe de vente du Québec.

L'entente de 500 millions $ du gouvernement fédéral avec Netflix ne fait pas seulement sourciller pour des raisons d'équité dans la taxation, mais aussi à cause du manque de garantie quant aux investissements dans le contenu en français.

«Moi, je suis en charge de la culture au sein du gouvernement. J'entends ce qui se passe au Québec, j'entends la réaction, et ça va me faire plaisir de la transmettre à mes collègues», a-t-elle répondu.

Pour ce qui est du contenu en français, elle a dit «s'attendre» à ce que Netflix offre du contenu en français, dans le cadre de l'entente qu'elle a signée avec l'entreprise, mais elle ne l'a pas «exigé».

Mme Joly a paru plus nerveuse qu'à l'habitude, et parfois même ébranlée, durant son discours et lors de la rencontre qui a suivi avec les médias. D'ailleurs, son «courage» a même été salué par le président de la Chambre, Michel Leblanc, puisqu'elle a été l'objet de vives critiques depuis l'annonce de cette entente avec Netflix.

Lorsqu'on lui a demandé si ce sont les critiques qui l'avaient ainsi ébranlée, Mme Joly n'a pas répondu directement, affirmant qu'elle avait à coeur la protection de la culture et de la langue française.

«Je suis très fière d'être québécoise, et tous les jours, je suis là pour protéger la culture ici et aussi le fait français au pays. Je suis en charge des langues officielles aussi, dans le contexte de mes fonctions», a-t-elle ajouté.

M. Leblanc s'est porté à sa défense, en parlant plus largement de toute la question de la taxation du commerce en ligne, au nom de l'équité pour toutes les entreprises. Et si le ministre Morneau ne comprend pas, a-t-il dit, et bien il faudra s'adresser au premier ministre du Canada.

«J'ai l'impression d'avoir entendu une ministre, qui, pour la première fois, n'a pas défendu une décision, mais a dit »je vous entends«», a affirmé le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Je sais pertinemment que la politique fiscale est du ressort du ministre des Finances. Il n'y a pas un ministre des Ressources naturelles qui va décréter si la TPS s'applique ou pas sur le minerai de fer. Et quoi que dise une ministre de la Culture, c'est le ministre des Finances qui en a la responsabilité», a ajouté M. Leblanc.

>> Relisez le clavardage sur l'allocution de Mélanie Joly




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