Ottawa interpellé pour freiner la déportation d'immigrants «exemplaires»

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Puisqu'il revient aux services frontaliers d'exécuter la déportation, L'avocat des Lawrence, Stéphane Handfield, interpelle le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

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Roxanne Ocampo
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Des députés néo-démocrate, solidaire et péquiste ainsi que la présidente de la Commission scolaire de Montréal ont interpellé le gouvernement fédéral pour une dernière fois, samedi, afin de freiner la déportation de la famille Lawrence vers son Sri Lanka natal.

Ces immigrants présentés comme exemplaires doivent être expulsés dimanche après-midi, cinq ans après leur arrivée au pays.

Une des soeurs Lawrence a fait la manchette cette semaine en raison de son brillant parcours académique. La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, présente Leony Pavithra Lawrence comme une «élève exceptionnelle» qui a d'ailleurs été récompensée pour sa persévérance.

Elle devra quitter le pays avec ses proches en raison du refus de leur demande d'asile, alors qu'elle s'apprêtait à entrer au cégep avec un permis d'études en poche.

Le ministre québécois de l'Immigration, David Heurtel, leur a même accordé vendredi des certificats de sélection du Québec pour des considérations humanitaires, ce qui s'inscrit dans une démarche vers l'obtention de la résidence permanente.

M. Heurtel a écrit sur Twitter que Leony Pavithra Lawrence «est un exemple d'intégration et représente le genre d'immigration que nous voulons accueillir».

La jeune femme a pour ambition de devenir médecin.

«Pour devenir oncologiste, je ne peux pas le faire au Sri Lanka, a-t-elle expliqué en conférence de presse, samedi. Parce que j'ai commencé tout en français, il faut que je le finisse en français.»

En entrevue avec La Presse canadienne, l'avocat des Lawrence, Stéphane Handfield, a affirmé qu'il garderait espoir jusqu'à ce que leur avion décolle, à 17 h 30 dimanche.

«Le fédéral devrait respecter cette décision-là (de délivrer des certificats de sélection du Québec), suspendre le renvoi et finaliser l'étude du dossier, a-t-il exposé. Tout ce qui reste à faire, ce sont des formalités du côté fédéral pour que la famille puisse obtenir la résidence permanente pour des considérations humanitaires.»

Puisqu'il revient aux services frontaliers d'exécuter la déportation, il interpelle le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

Les Lawrence craignent de retourner dans leur pays d'origine, indique Me Hanfield, d'autant plus que le frère aîné de Leony Pavithra, Léon, a eu un enfant en sol québécois il y a à peine quelques mois. Sa femme fait également l'objet d'une mesure de renvoi.

«On va faire quoi avec l'enfant demain lorsqu'on devra se présenter à l'aéroport? Il faudra se poser la question parce que si l'enfant ne peut pas rentrer au Sri Lanka parce qu'il n'a pas de statut dans ce pays, il va être remis à qui? Aux services sociaux?» a soulevé Me Handfield.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice dénonce quant à lui «un manque de respect envers la vie» de ces immigrants sans statut, qui ont appris le français, entamé des études et qui se sont déniché des emplois.

«Une bonne partie de l'absurdité de la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui, c'est les délais de traitement de dossiers du gouvernement fédéral», a-t-il lancé.

Il a rappelé que le ministre Goodale a déjà usé de ce pouvoir discrétionnaire par le passé.

Pour la députée péquiste Carole Poirier, cette affaire met en lumière la limite des pouvoirs du gouvernement québécois en matière d'immigration.

Le député solidaire de Mercier, Amir Khadir, a pour sa part relevé que les Lawrence ont fait la démonstration de leur «capacité à prendre racine».

«Je pense que M. Goodale a toutes les bonnes raisons de considérer que cette famille ne représente aucun risque pour la sécurité du Canada, a-t-il martelé. Je suis sûr que ceux et celles à Ottawa qui sont responsables d'examiner le dossier d'immigration de cette famille vont se rendre compte que nous avons toutes les raisons de les accueillir au Québec, à Montréal.»

L'organisme de défense des droits de la personne Amnistie internationale a par ailleurs joint sa voix aux leurs pour réclamer un sursis du gouvernement fédéral.




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