Les questions d'éthique ne lâchent pas Bill Morneau

Le ministre des Finances Bill Morneau continue de soutenir... (Photo Adrian Wyld, La Presse canadienne)

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Le ministre des Finances Bill Morneau continue de soutenir qu'il avait suivi à la lettre les conseils de la commissaire à l'éthique Mary Dawson dès son élection.

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La Presse Canadienne
Ottawa

Le ministre fédéral des Finances Bill Morneau, habituellement flegmatique, commence à montrer des signes d'impatience, alors que les questions d'éthique sur la manière dont il a géré sa fortune personnelle depuis qu'il a accédé au gouvernement en 2015 continuent de le hanter.

Dans l'espoir de mettre un terme aux allégations de conflit d'intérêts, l'ex-homme d'affaires a annoncé, jeudi, qu'il vendrait 21 millions d'actions de l'entreprise familiale, Morneau Shepell, qu'il a travaillé à bâtir durant 25 ans. Il a aussi promis de placer le reste de ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard.

Malgré ces mesures, la controverse a continué de le suivre, vendredi, alors que les questions des journalistes ont poursuivi sur le même thème lors d'un événement médiatique qui se déroulait à Waterloo en Ontario.

À plusieurs occasions, le ministre a laissé paraître son exaspération, alors que la conférence de presse devait porter sur la réforme fiscale visant les petites entreprises.

Bill Morneau a continué de soutenir qu'il avait suivi à la lettre les conseils de la commissaire à l'éthique Mary Dawson dès son élection. Il a réitéré que les nouvelles mesures annoncées jeudi allaient beaucoup plus loin que ce qu'exige la commissaire.

Le ministre insiste qu'il a mis en place, selon les recommandations de Mary Dawson, un écran pour s'assurer qu'il demeure à l'écart de toute discussion ou décision touchant des enjeux qui pourraient lui procurer un bénéfice personnel.

Il s'est fait demander pourquoi il avait utilisé des compagnies à numéro établies en Alberta et en Ontario pour assurer la gestion de ses actifs. «Alors, est-ce que la question est pourquoi elles portent des numéros et pas des noms? Sérieusement?», a répliqué Bill Morneau en levant les yeux.

«La procédure dans ce pays n'est pas que je rapporte ma situation personnelle aux journalistes. C'est que je me rapporte à la commissaire à l'éthique et que je m'assure qu'elle comprenne parfaitement ma situation», a-t-il ajouté.

Bill Morneau se trouvait à Waterloo pour annoncer que le gouvernement fédéral souhaite collaborer avec les investisseurs en capital de risque et les premiers investisseurs afin de les rassurer au sujet de sa réforme fiscale controversée et de s'assurer que les investissements se poursuivent dans les entreprises en forte croissance à travers le pays.

Il s'agit de la plus récente annonce d'une série de changements apportés au projet initial de réforme fiscale. Des modifications bien accueillies par les groupes d'entrepreneurs, les producteurs agricoles et d'autres intervenants qui avaient critiqué la réforme initiale. Ils tiennent tout de même à attendre la version finale pour se prononcer.

L'annonce, incluant une réduction des impôts des petites entreprises à neuf pour cent, a été éclipsée par la controverse sur la situation financière personnelle du ministre Morneau.

«En suivant les règles et en respectant les plus hauts standards, en respectant les recommandations de la commissaire à l'éthique, je m'attendais à ce que tout fonctionne. Je m'attendais qu'en faisant tout ce que les ministres de Finances ont fait avant moi, qu'en faisant ce que les 337 autres membres du parlement font, ce soit la bonne manière de traiter le problème», a expliqué M. Morneau.

À la Chambre des communes, vendredi, le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, a demandé au ministre Bill Morneau de divulguer s'il s'était abstenu de prendre des décisions sur une série d'enjeux qui auraient pu lui procurer un bénéfice personnel. La firme Morneau Shepell est spécialisée dans la gestion des ressources humaines et de fonds de pension.

«S'est-il récusé des discussions sur les paradis fiscaux à la Barbade où sa compagnie a une filiale?», a demandé le député Poilievre.

«S'est-il récusé des discussions sur les profits des fonds de pension, d'où son entreprise tire des millions de profits? S'est-il récusé des discussions sur les politiques fiscales qui forcent les petites entreprises à investir dans des fonds de pension dont son entreprise va profiter?», a poursuivi le député conservateur.

Dans ses recommandations, la commissaire à l'éthique avait précisé que le ministre n'avait pas à s'abstenir de décisions dont l'application est générale.




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