L'étau se resserre autour du ministre Morneau

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Bill Morneau a visité mardi à Montréal une usine qui fabrique des comptoirs de cuisine.

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(Ottawa) L'étau se resserre autour du ministre des Finances, Bill Morneau, dans la foulée des révélations voulant qu'il a omis de placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, comme il avait indiqué avoir l'intention de le faire après avoir été nommé grand argentier du pays par le premier ministre Justin Trudeau il y a deux ans.

Alors que le Parti conservateur et le NPD ont mitraillé le gouvernement Trudeau de questions à la Chambre des communes sur les possibles conflits d'intérêts auxquels s'exposait le ministre des Finances, le principal intéressé, qui était absent des Communes, a sollicité une rencontre mardi avec la commissaire aux conflit d'intérêts et à l'éthique, Mary Dawson, afin d'évaluer si «des mesures supplémentaires s'imposent» pour maintenir la confiance des Canadiens envers les élus.

Le ministre Morneau, qui dirigeait la firme Morneau Sheppell avant de se lancer en politique fédérale en 2015, a affirmé lundi, après que le quotidien The Globe and Mail eut rapporté qu'il n'avait pas placé ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, qu'il avait suivi les recommandations de la commissaire à l'éthique Mary Dawson.

Le premier ministre Justin Trudeau s'est porté à la défense de son ministre lundi, après avoir annoncé qu'il allait honorer son engagement de réduire le fardeau fiscal des petites entreprises de 10,5% à 9% d'ici le 1er janvier 2019, en insistant aussi sur le fait que M. Morneau avait suivi les recommandations de Mme Dawson.

Or, Mme Dawson a tenu à nuancer ces propos, mardi, affirmant qu'elle n'avait pas spécifiquement recommandé à M. Morneau de ne pas mettre ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, mais qu'elle lui avait dit que cela n'était pas une nécessité.

Ce faisant, Mme Dawson a voulu renvoyer la balle à M. Morneau en soulignant que la décision finale de ne pas aller de l'avant avec cette mesure était la sienne.

Dans une lettre qu'il a fait parvenir à la commissaire, mardi, le ministre Morneau a donc sollicité une rencontre afin de clarifier la situation.

«J'aimerais vous demander une nouvelle rencontre afin de discuter des conseils que vous m'avez donnés ainsi que de mes biens et avoirs et des déclarations que j'ai faites», écrit le ministre dans sa missive.

«Si, à la lumière de cette discussion, vous déterminez que des mesures supplémentaires s'imposent, comme une fiducie sans droit de regard, c'est avec plaisir que je me conformerai à vos nouvelles recommandations», ajoute M. Morneau, reconnaissant au passage que sa situation actuelle a fait l'objet «de diverses critiques de la part du public».

Déjà sur la défensive à cause de la réforme fiscale controversée qu'il avait dévoilée le 18 juillet, le ministre Morneau doit maintenant affronter les tirs nourris des partis de l'opposition sur des questions d'éthique. Avant les révélations du Globe and Mail concernant son omission de placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, la CBC avait rapporté la semaine dernière qu'il avait aussi omis de déclarer que lui et son épouse sont propriétaires d'une entreprise qui possède une villa en France.

Durant la période de questions, mardi, le Parti conservateur a cherché à savoir si M. Morneau détient toujours des parts dans l'entreprise Morneau Sheppell ou s'il les a vendus. Pour sa part, le NPD a affirmé que l'entreprise que dirigeait M. Morneau était susceptible de profiter de la réforme fiscale annoncée en juillet puisque cette entreprise offre des services d'administration de régimes de retraite au pays.

«Lors de la dernière campagne électorale, le premier ministre a accusé les propriétaires d'entreprises locales d'être des fraudeurs fiscaux. C'est pourtant son bras droit, le ministre des Finances, qui a caché pendant deux ans aux Canadiens qu'il avait une corporation privée à l'étranger. C'est son ministre qui a évité de l'impôt au Canada», a tonné le chef du Parti conservateur Andrew Scheer.

«Ce qui est inquiétant dans cette histoire, c'est que le ministre n'a pas eu le gros bon sens de comprendre que la situation était problématique. Il est indéniable que si le projet de loi C-27 (sur la réforme fiscale) devenait loi, Morneau Shepell bénéficierait de façon significative d'une hausse de ses affaires et de ses revenus. En tant qu'important investisseur de cette compagnie, le ministre des Finances bénéficierait personnellement de l'adoption de cette loi», a quant à lui déclaré le chef parlementaire du NPD, Guy Caron.

Le secrétaire parlementaire du ministre des Finances, Joel Lightbound, a défendu l'intégrité de Bill Morneau.

«Le ministre des Finances a travaillé depuis le tout début de son mandat avec la commissaire à l'éthique pour s'assurer qu'elle a une vision de ses avoirs et qu'il puisse collaborer avec elle pour respecter toutes les règles qui nous gouvernent. (...) Si je peux me permettre, le ministre des Finances est un homme d'une grande intégrité, qui s'est consacré depuis deux ans au service public avec un bilan qui fait pâlir le leur en comparaison, et qui fait l'envie du monde, la plus forte croissance du G7 et une prospérité inclusive pour tous les Canadiens», a dit M. Lightbound.




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