Droits de la personne: le Canada exhorté à accroître la pression sur la Turquie

Le président d'Amnistie internationale en Turquie, Taner Kilic,... (Photo John MACDOUGALL. AFP)

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Le président d'Amnistie internationale en Turquie, Taner Kilic, fait partie des quelque 50 000 personnes détenues dans ce pays.

Photo John MACDOUGALL. AFP

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Lee Berthiaume
Agence France-Presse
Ottawa

Des intervenants exhortent le Canada à accroître la pression sur la Turquie concernant la répression contre les défenseurs des droits de la personne, les journalistes et les membres de l'opposition au pays.

Le Canada a haussé le ton contre les détentions de masse depuis que les autorités turques ont arrêté le président d'Amnistie internationale en Turquie au début du mois de juin.

Taner Kilic est maintenant parmi les quelque 50 000 personnes détenues pour leurs liens présumés avec Fethullah Gülen, cet imam basé aux États-Unis que le gouvernement turc accuse d'avoir fomenté un coup d'État l'année dernière.

Des diplomates canadiens, dont l'ambassadeur Chris Cooter, ont exprimé leurs inquiétudes sur les réseaux sociaux et directement à leurs homologues turcs à Ankara, selon un responsable.

La semaine dernière, alors que des mandats d'arrêt ont été lancés contre plusieurs autres membres d'Amnistie internationale, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, s'est jetée dans la mêlée en demandant à la Turquie de respecter les droits de la personne.

Dans un communiqué, Mme Freeland a dit être «sérieusement inquiète» des détentions de masse, de la fermeture de médias et de certains organismes non gouvernementaux.

«Personne ne devrait se sentir menacé ou faire face à la violence pour avoir exprimé ses idées et ses opinions», a-t-elle déclaré.

«Nous appelons les autorités turques à répondre aux défis actuels sans violer leurs obligations en matière de droit international et de droits de la personne.»

Bien que ces propos sont anormalement directs à l'endroit d'un partenaire de l'OTAN, le directeur d'Amnistie internationale Canada espère que le gouvernement fera un pas de plus.

Alex Neve soutient que les gestes du Canada sont les bienvenus, mais encore trop insuffisants.

Il suggère notamment au gouvernement de se joindre à plusieurs autres pays, dont l'Allemagne, qui ont demandé carrément aux autorités turques de libérer M. Kilic et d'autres défenseurs des droits de la personne.

«Ce que nous attendons pour la suite, c'est une déclaration très claire et explicite de la ministre dans laquelle elle demandera la libération de tous les défenseurs des droits de la personne. Nous n'avons pas encore cette déclaration explicite», a-t-il soutenu en entrevue avec La Presse canadienne.

Dans la foulée de plusieurs arrestations touchant ses citoyens, l'Allemagne a également diffusé un avertissement aux voyageurs qui voudraient se rendre en Turquie.

Les pays occidentaux marchent sur des oeufs depuis le coup d'État raté en Turquie, que le président Recep Tayyip Erdogan est accusé d'exploiter pour mener sa répression contre ses opposants.

Cette situation délicate s'explique par le fait que la Turquie est membre de l'OTAN et que le pays a un rôle important dans le combat contre Daech (le groupe armé État islamique).




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