Lucie Charlebois dit ne pas tenir des propos «trompeurs» sur le cannabis

La ministre québécoise de la Santé publique, Lucie... (Jacques Boissinot, archives PC)

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La ministre québécoise de la Santé publique, Lucie Charlebois.

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
Québec

Une lettre ouverte de la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, qui accuse le gouvernement Couillard d'avancer des arguments trompeurs dans le dossier de la légalisation de la marijuana, a fait bondir la ministre québécoise de la Santé publique, jeudi.

Lucie Charlebois s'est indignée, en entrevue à La Presse canadienne, de la communication défaillante entre les deux gouvernements sur l'enjeu du cannabis.

«Honnêtement, quand j'ai pris connaissance de sa réponse ce matin dans les médias, je me suis dit que ça aurait été bien qu'elle me téléphone mais bon, ça ne s'est pas passé comme ça», a dit la ministre Charlebois.

Dans sa lettre, Mme Philpott écrit en caractères gras: «Au cours des derniers jours, les ministres (Gaétan) Barrette et Charlebois ont laissé entendre que le gouvernement du Canada cherche à déléguer ses responsabilités aux provinces. C'est tout simplement trompeur».

«Oui, les provinces devront adopter des règlements et prendre des décisions sur la distribution, mais elles assument déjà les conséquences causées par la situation actuelle», ajoute la ministre fédérale.

Le projet de loi fédéral qui encadre la légalisation de la marijuana a été accueilli froidement par Québec la semaine dernière. Mme Charlebois s'était plaint du fait qu'il ne soit pas assorti d'un financement adéquat pour les provinces et avait qualifié les sommes mises de côté par Ottawa pour la prévention et les soins en santé mentale de «risibles».

Mme Charlebois a maintenu, en entrevue jeudi, que le gouvernement fédéral devra augmenter les sommes dédiées entre autres à la prévention, à la santé publique et à la formation des policiers, car la légalisation de la marijuana accentuera la pression sur les provinces.

Bien qu'Ottawa fixe un âge minimal pour l'achat de marijuana, limite à 30 grammes la possession personnelle de cannabis pour usage récréatif et met en place un système de permis, entre autres, il reviendra aux provinces de contrôler la vente de la substance sur leur territoire.

«Je n'ai jamais prétendu qu'ils nous déléguaient leurs responsabilités; je dis seulement que nous aurons des responsabilités de plus, ne serait-ce qu'en matière de justice et des délais qui seront occasionnés, (...) en matière de santé. Particulièrement en prévention, il va falloir outiller mieux les familles et les parents, (...) il va falloir accompagner les milieux de travail, les syndicats, faire en sorte de mettre en place un réseau de distribution pour vendre ces produits-là», a énuméré Mme Charlebois.

Mais selon Mme Philpott, qui promet des investissements sans toutefois donner de montant, ce n'est pas le projet de loi qui vient créer la nécessité d'informer le public, d'agir contre la conduite avec facultés affaiblies et d'empêcher que les enfants aient accès au cannabis.

La législation n'est pas un fardeau, a-t-elle écrit, mais bien une occasion de protéger nos jeunes.

La ministre québécoise a promis de répondre officiellement à Mme Philpott en publiant sa propre missive dans les médias.

«Je ne peux pas la laisser dire aux gens que j'ai trompé ses messages, ce n'est pas vrai. Je n'ai pas dit que je prenais ses responsabilités; je dis que veut veut pas, on va en avoir de plus au Québec», a dit Mme Charlebois.




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