Les premiers pas de John McCallum, ambassadeur du Canada en Chine

John McCallum... (Sean Kilpatrick, archives PC)

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John McCallum

Sean Kilpatrick, archives PC

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(Ottawa) L'ancien ministre de l'Immigration, John McCallum, a officiellement mis son chapeau de diplomate. Il a entrepris son mandat d'ambassadeur du Canada en Chine il y a 10 jours. Dans une entrevue à La Presse, il nous explique le ton qu'il veut donner à la diplomatie canadienne à Pékin au moment où le gouvernement Trudeau veut resserrer les liens entre le Canada et la Chine.

La Presse : Avez-vous eu une première rencontre avec le président chinois ?

John McCallum : Oui, j'ai eu une première rencontre avec le président Xi Jinping 24 heures après mon arrivée. Tout s'est déroulé très rapidement. J'ai pu avoir une brève conversation avec le président Xi. Je lui ai dit de la part de Justin Trudeau que le Canada voulait en faire plus, c'est-à-dire plus que ce que les leaders avaient indiqué auparavant. Il avait l'air content. J'ai même utilisé un peu de mon mandarin. Je pense qu'il a compris ce que j'ai dit. Il m'a dit qu'il n'avait pas besoin de traduction pour me comprendre !

L.P. : Le premier contact a donc été établi. Est-ce que vous lui avez livré d'autres messages ?

J.M. : C'est le message principal que je voulais lui livrer. On veut faire plus, plus, plus avec la Chine. On veut faire plus de commerce, plus d'investissements, plus de tourisme, plus d'échanges étudiants, plus de coopération, surtout dans le domaine de l'environnement. Je pense qu'il était d'accord. En mandarin, je lui ai dit que mon attachement à la Chine s'exprimait avec trois chiffres : 100, 50 et 40. Mon épouse est 100 % chinoise, mes deux fils sont 50 % chinois et 40 % des gens de Markham, qui m'ont élu pendant 16 ans, sont d'origine chinoise. Il a aimé cette remarque.

L.P. : Vous commencez donc votre mandat comme ambassadeur du Canada en Chine. Est-ce qu'il y a des choses sur lesquelles vous comptez vous concentrer davantage durant ce mandat ?

J.M. : Il y a toujours deux éléments quand on aborde les relations entre le Canada et la Chine pour un ambassadeur. Premièrement, il y a beaucoup de place pour de la croissance, pour des choses positives. Mais il y a aussi des choses où nous ne sommes pas d'accord, notamment sur les droits de la personne. Donc il faut faire les deux. En ce qui a trait aux choses positives, il y a le dossier de l'accord de libre-échange que l'on continue de discuter. Nous n'avons pas encore commencé les négociations et nous n'avons pas encore pris de décision. Mais les consultations continuent à Ottawa la semaine prochaine et nous avons aussi lancé une série de consultations avec les Canadiens et les entreprises pour savoir quelles sont leurs priorités.

L.P. : Jusqu'à quel point comptez-vous soulever la question des droits de la personne en Chine ? C'est toujours un dossier délicat...

J.M. : Les droits de la personne ont toujours été un élément fondamental de notre politique étrangère. Cela ne va pas changer. J'ai servi sous trois premiers ministres - Jean Chrétien, Paul Martin et Justin Trudeau - et ils ont toujours fait la même chose, c'est-à-dire que là où il y a des désaccords avec les Chinois, il faut les soulever d'une manière franche avec eux, et je suis convaincu qu'on va continuer de faire cela.

L.P. : En ce qui concerne le traité de libre-échange, est-ce que vous avez un échéancier précis en tête pour conclure un tel accord ?

J.M. : Je n'ai pas d'échéancier précis à donner. Les Australiens ont maintenant un accord de libre-échange avec la Chine. Cela a pris 10 ans de négociations. Étant donné qu'on a déjà un modèle avec l'Australie, ça pourrait être beaucoup moins de 10 ans.

L.P. : L'Australie a récemment refusé d'entériner un traité d'extradition avec la Chine. Quelle conséquence aura cette décision australienne sur les pourparlers entre le Canada et la Chine ?

J.M. : Il faut être clair sur cette question. Nous avons dit que nous aurions des conversations avec les Chinois sur ce sujet. Ils voulaient le faire. Mais nous n'entrons pas dans des négociations. Donc, c'est une très longue route avant qu'on arrive à des négociations. Cette route sera même plus longue que celle qui nous mènera à un accord de libre-échange. Ce serait extrêmement difficile, parce que nous avons des normes très élevées avec n'importe quel pays quand il est question d'extradition. Je pense que nous sommes très loin d'un accord avec la Chine. On a dit qu'on aurait des conversations. Mais c'est tout. Des conversations, ça ne veut pas dire des négociations.

L.P. : Est-ce que la Chine s'inquiète de la tournure des événements aux États-Unis ? Est-ce que cela a été évoqué durant votre rencontre avec le leader chinois ?

J.M. : Je n'ai pas parlé de cela jusqu'ici. Je présume que j'aurai un peu plus d'informations d'ici quelques semaines avec la rencontre prochaine entre le président chinois et le président américain aux États-Unis. Mais la position des États-Unis n'est pas très claire envers la Chine. Ils n'ont pas encore confirmé qui serait le nouvel ambassadeur. Donc, ce n'est pas tout à fait clair où ils s'en vont. Mais c'est 100 % clair où va le Canada ! On veut faire plus, plus, plus avec la Chine.




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