Course PCC: les passages illégaux à la frontière comme ultime argument de vente

From left Maxime Bernier, Andrew Scheer, Andrew Saxton,... (Photo John Woods, La Presse canadienne)

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From left Maxime Bernier, Andrew Scheer, Andrew Saxton, Steven Blaney, Michael Chong, Pierre Lemieux, Brad Trost, Rick Peterson listen in as Deepak Obhrai speaks at a Conservative Party of Canada leadership forum in Winnipeg, Thursday, January 19, 2017. THE CANADIAN PRESS/John Woods

Photo John Woods, La Presse canadienne

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

À moins de 24 heures de l'échéance pour le recrutement de membres en prévision de l'élection à la chefferie conservatrice, les candidats Kevin O'Leary et Maxime Bernier se disputent le titre de défenseur de l'intégrité territoriale canadienne.

Les deux candidats à la direction du Parti conservateur, qui sont dans le peloton de tête de cette course, ont suggéré lundi de mettre en oeuvre des mesures plus corsées pour contenir les passages illégaux à la frontière entre le Canada et les États-Unis.

C'est M. O'Leary qui a lancé le bal avec une série de gazouillis matinaux. Il a écrit qu'Ottawa devrait invoquer la disposition de dérogation pour empêcher les migrants qui franchissent illégalement la frontière d'avoir droit à la protection des tribunaux ou aux soins de santé.

«La beauté de cette disposition, c'est qu'elle permet de modifier la loi canadienne pour offrir de la sécurité à la population canadienne. Elle doit être invoquée dans des situations hors du commun, et je dirais que nous avons une situation hors du commun», a-t-il plaidé en entrevue.

L'homme d'affaires espère ainsi colmater les brèches de l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. L'accord prévoit que ceux ayant déjà demandé l'asile au sud ne peuvent déposer une autre demande au Canada si elles se présentent à un poste frontalier officiel.

En entrevue avec La Presse canadienne depuis Toronto, lundi après-midi, Kevin O'Leary n'a pas identifié spécifiquement à quel(s) article(s) de la Charte canadienne des droits et libertés sa proposition dérogerait.

«Il faut créer une nouvelle loi qui dit: »Si vous traversez la frontière et que vous venez au Canada, il y a une disposition qui dit qu'on vous renvoie. Si nous demandons à notre allié s'il veut de vous et qu'il dit non, on vous retourne dans votre pays d'origine«», a-t-il tranché.

L'avenue législative qu'a suggéré d'emprunter l'ancien «dragon» de l'émission «Dragon's Den» n'a pas fait l'unanimité. Parmi ses détracteurs figure Gerald Butts, secrétaire principal de Justin Trudeau, qui lui a reproché sur Twitter de ne pas comprendre la Constitution.

Bernier d'accord

En revanche, Maxime Bernier s'est rallié à l'idée: «Si l'utilisation de la clause dérogatoire est nécessaire pour combler ces lacunes, nous l'utiliserons sans hésitation», a-t-il signalé dans une déclaration écrite transmise quelques heures après la sortie Kevin O'Leary.

L'équipe du candidat de Beauce ne s'est pas non plus étendue sur les modalités d'un possible recours à la disposition. «Nous n'entrons pas dans ces détails», a indiqué le conseiller principal de sa campagne, Kory Teneycke, un ancien directeur des communications de Stephen Harper.

«Ce que nous disons, c'est que si c'est nécessaire, nous y aurions recours. Mais il n'est pas clair, en ce moment, si c'est nécessaire, a-t-il enchaîné au téléphone. Ce qui est important, c'est l'intégrité de la frontière, et le résultat est plus important que les moyens d'y parvenir.»

Déployer l'armée?

Mais le Beauceron ne s'est pas arrêté là. Il a fait monter les enchères en ajoutant qu'il était ouvert à l'idée d'«examiner d'autres mesures temporaires, y compris le déploiement des Forces canadiennes dans les régions frontalières en difficulté» si les ressources à la frontière manquaient.

Son rival O'Leary est en désaccord total avec l'envoi de troupes à la frontière.

«Ce serait une énorme erreur, ça encouragerait les États-Unis à en faire de même. En aucun cas il ne faut militariser la frontière. Cela se ferait au détriment des Canadiens, car cela minerait notre relation avec notre principal partenaire commercial», a-t-il fait valoir.

Au bureau du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, on a assuré lundi que les autorités géraient la situation «d'une manière sûre et mesurée, appliquant nos lois et nos procédures dans le but de protéger les Canadiens, tout en respectant entièrement les obligations internationales de notre pays».

«Pour quelqu'un qui a pourtant passé tant de temps à l'extérieur du pays, Kevin O'Leary fait preuve d'une ignorance malheureuse des lois et procédures d'immigration canadiennes», a ajouté dans ce courriel Scott Bardsley, l'attaché de presse du ministre Goodale.

La sortie des candidats O'Leary et Bernier survient à quelques heures de l'échéance pour la vente de cartes de membre du Parti conservateur. Il faut être membre de la formation pour avoir droit de vote dans le choix du prochain chef.

Dans la dernière ligne droite de cette longue course, les 14 aspirants à la direction conservatrice ont multiplié les messages sur les réseaux sociaux pour tenter de rallier le plus grand nombre de personnes à leur cause.

Le député Steven Blaney a de son côté choisi de lancer un appel aux dons en envoyant un courriel dans lequel il dénonce une série de propos antisémites qu'il a attribués à des leaders de la communauté musulmane.

«Croyez-vous qu'Allah devrait tuer tous les juifs? J'imagine que non, comme moi. Qui voudrait d'une telle chose?», est-il écrit en ouverture de ce message intitulé «Voulez-vous tuer les infidèles?».

L'élection du successeur de Stephen Harper comme chef du Parti conservateur aura lieu le 27 mai à Toronto. La direction intérimaire de la formation a été assurée par Rona Ambrose.




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