Des protecteurs d'Edward Snowden demandent l'aide du Canada

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Les Srilankais et leurs avocats canadiens : Francis Tourigny, Ajith Pushpa Kumara, Michael Simkin, Vanessa Mae Rodel, Marc-André Séguin, Nadeeka Dilrukshi Nonis avec son fils Dinath, Robert Tibbo et Supun Thilina Kellapatha. En avant plan, Keana et Sethmundi Kellapatha.

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(Ottawa) Les avocats représentant les familles qui ont hébergé Edward Snowden pendant deux semaines à Hong Kong en 2013, alors qu'il tentait d'échapper à la traque des autorités américaines, pressent le gouvernement Trudeau d'accélérer le traitement de leur demande de réfugiés afin qu'ils puissent s'installer rapidement au Canada.

Selon les avocats, ces familles qui ont caché M. Snowden - cet ancien contractuel de la National Security Agency (NSA) qui avait mis au jour les pratiques douteuses de surveillance de cette organisation et qui est toujours recherché par les autorités américaines - craignent plus que jamais pour leur vie depuis qu'on a appris récemment que des membres de la police du Sri Lanka s'étaient rendus à Hong Kong afin de retrouver leurs traces.

Torture au Sri Lanka

Trois membres de ces familles - Ajith Pushpakumara ainsi que Supun Kellapatha et sa femme Nadeeka Dilrukshi Nonis - ont fui le Sri Lanka après avoir été victimes de torture ou de persécution de la part des autorités locales. Ils vivent à Hong Kong depuis quelques années dans l'espoir qu'on les accepte comme réfugiés. Mais leur dossier n'a jamais été traité. Il y a quelques semaines, elles ont soumis une demande de statut de réfugiés aux autorités canadiennes, avec l'aide de trois avocats de Montréal.

M. Kellapatha et sa femme ont eu deux enfants depuis qu'ils vivent à Hong Kong. Une mère originaire des Philippines, Vanessa Mae Rodel, qui a une fille de 4 ans, a aussi hébergé M. Snowden.

Joint mercredi à Hong Kong, l'un des avocats de ces familles, Marc-André Séguin, a affirmé que le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, disposait de pouvoirs exceptionnels qu'il peut utiliser lorsqu'il est devant des cas exceptionnels. Le dossier de ces familles qui vivaient dans l'anonymat, malgré l'aide qu'elles ont accordée à Edward Snowden, jusqu'à ce qu'un film produit par Hollywood sur cette affaire les propulse à l'avant-scène de l'actualité, l'an dernier, tombe dans cette catégorie.

Edward Snowden vit en Russie depuis 2013.... (PHOTO ARCHIVES REUTERS) - image 2.0

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Edward Snowden vit en Russie depuis 2013.

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«Nous avons fait une demande statut de réfugiés il y a quelques semaines. Mais il faut maintenant presser le pas. Leur situation a beaucoup changé», dit Marc-André Séguin. «À plus d'une reprise, des agents du Criminal Investigation Department du Sri Lanka, qui est essentiellement le service secret du Sri Lanka, ont été vus à Hong Kong. Ils sont activement à la recherche de nos clients.»

«Cette organisation a un bilan extrêmement inquiétant en matière de violation des droits de la personne et de recours à la torture. C'est un développement très inquiétant», a ajouté M. Séguin à La Presse.

En juin 2013, les membres de ces familles ont hébergé le célèbre lanceur d'alerte à tour de rôle dans leurs modestes appartements de Hong Kong alors que les autorités américaines avaient lancé une traque pour le retrouver après qu'il eut remis des documents confidentiels à des journalistes du Guardian et du Washington Post au sujet des pratiques de surveillance de la NSA.

L'un d'entre eux, Ajith Pushpakumara, ancien militaire du Sri Lanka, agissait même comme garde du corps de M. Snowden à Hong Kong pendant cette période. L'avocat montréalais Robert Tibbo a aidé M. Snowden à trouver refuge chez ces familles. Il défend d'ailleurs la cause de ces familles et celle de M. Snowden à Hong Kong.

Accélérer les procédures

«Nous estimons qu'il est dans l'intérêt de nos clients de vraiment accélérer les procédures pour être relocalisés au Canada le plus rapidement possible. Nous espérons que le gouvernement canadien va nous écouter. Plus important encore, nous espérons qu'il va écouter les familles qui sont inquiètes. Dans leur cas, c'est une question de vie ou de mort, essentiellement. Elles ne peuvent plus rester à Hong Kong. C'est une situation exceptionnelle. Nous ne cherchons pas à créer un précédent. Mais nous voulons une solution exceptionnelle à une situation exceptionnelle», a ajouté M. Séguin.

Il a affirmé que même si M. Snowden, qui a trouvé refuge en Russie, demeure une personne recherchée par les autorités américaines, cela ne devrait pas peser dans la décision du gouvernement Trudeau d'accélérer le traitement des demandes des familles qui l'ont hébergé.

«Les autorités canadiennes sont au courant du dossier et on espère qu'elles déploieront tout le nécessaire pour venir en aide à ces familles qui sont dans une situation fort exceptionnelle et dangereuse», a dit M. Séguin.




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