Abandon de la réforme électorale: la partisanerie a guidé Trudeau

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Justin Trudeau avait promis à plusieurs reprises qu'il changerait la façon dont les Canadiens allaient voter aux élections fédérales à temps pour le scrutin de 2019. Il a cependant abandonné cet engagement la semaine dernière.

La Presse canadienne, Sean Kilpatrick

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
IQALUIT, Nunavut

Au moment où ses commentaires négatifs au sujet d'une potentielle rivale conservatrice suscitent la controverse, Justin Trudeau défend sa décision d'abandonner son engagement de modifier la façon dont les Canadiens choisissent leur premier ministre.

Dans une séance de questions et réponses à Yellowknife, M. Trudeau a expliqué avoir «tourné le dos à sa promesse» parce qu'il craignait qu'aller de l'avant ne favorise la discorde et l'instabilité.

Il a ajouté qu'il savait qu'il avait déçu des gens et a laissé entendre qu'il était prêt à accepter les conséquences politiques, quelles qu'elles soient.

Justin Trudeau a semblé faire suite aux remarques qu'il avait faites la veille, lorsqu'il a nommé la candidate à la direction du Parti conservateur Kellie Leitch comme exemple d'une personne qui ne doit pas avoir trop de pouvoirs au Parlement.

Il avait tenu ces propos à Iqaluit, alors qu'il conversait avec une femme qui voulait savoir pourquoi il ne croyait pas qu'un système de représentation proportionnelle puisse remplacer le système électoral actuel.

Mme Leitch, une députée de l'Ontario, a lancé une proposition controversée visant à filtrer les immigrants potentiels et les réfugiés avec un test sur les «valeurs canadiennes», une idée qui a été comparée à celles avancées par le président américain Donald Trump.

«C'est parce que je crois que ce n'était pas dans l'intérêt de notre pays et de notre avenir que j'ai tourné le dos à cette promesse», a déclaré Justin Trudeau, vendredi, lorsqu'une personne dans la foule lui a demandé pourquoi il avait abandonné le projet de réforme électorale.

«Je sais que des gens seront déçus, oui», a-t-il poursuivi alors que des huées se faisaient entendre.

«Mais c'était à moi de faire un choix, et j'ai choisi de le faire en sachant les conséquences qu'il pourrait avoir, mais sans compromettre les intérêts du Canada. C'est pourquoi les Canadiens m'ont élu.»

Il a expliqué que l'idée d'un bulletin de vote par classement des candidats avait été abandonnée parce que plusieurs jugeaient que ce système favoriserait les libéraux. Et un référendum, a-t-il ajouté, ne ferait que favoriser la discorde et l'absence d'unité à un moment où les forces du nationalisme et du populisme frappent les gouvernements et les pays partout dans le monde.

Jeudi, une conversation de Justin Trudeau avec une femme dans une foule à Iqaluit a été captée avec un micro par des chaînes de télévision. Le premier ministre discutait alors de représentation proportionnelle, un système qui refléterait davantage la volonté des électeurs, selon certains.

«Croyez-vous que Kellie Leitch devrait avoir son propre parti?», a lancé M. Trudeau.

La femme a indiqué que Mme Leitch était un autre sujet, mais M. Trudeau l'a assurée du contraire.

«Parce que si vous avez un parti qui représente les voix marginales (...) ou la limite de notre perspective et qu'il détient 10, 15, 20 sièges à la Chambre des communes, il détient du même coup la balance du pouvoir», a-t-il avancé.

M. Trudeau avait pourtant promis à plusieurs reprises qu'il changerait la façon dont les Canadiens allaient voter aux élections fédérales à temps pour le scrutin de 2019. Il a cependant abandonné cet engagement la semaine dernière.




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