Cyberattaques contre le processus électoral: le Canada prudent

Un ancien dirigeant de l'agence américaine de sécurité nationale (NSA) croit... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Jim Bronskill
La Presse Canadienne
OTTAWA

Un ancien dirigeant de l'agence américaine de sécurité nationale (NSA) croit que le Canada fait preuve de prudence en évaluant la vulnérabilité de son processus électoral face aux cyberattaques.

Michael Hayden, qui a également dirigé l'agence centrale du renseignement (CIA), juge qu'il est possible de compliquer la tâche des pirates informatiques qui ciblent des bases de données clés.

Le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé plus tôt cette semaine qu'il chargera le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) de conseiller Élections Canada, de même que les formations politiques, en matière de cybersécurité.

La divulgation de courriels du Parti démocrate sur WikiLeaks avait pour le moins gêné la candidate à la présidence des États-Unis Hillary Clinton, l'automne dernier.

Les services de renseignement américains avaient pointé la Russie du doigt, mais le Kremlin a nié toute implication.

À l'issue d'une conférence sur la prévention de catastrophes à Ottawa, jeudi, Michael Hayden a avancé qu'il est «très légitime d'être inquiet».

«Ce qui nous est arrivé était sans précédent et terrible. Nous n'avions jamais vécu ça auparavant aux États-Unis», a-t-il ajouté.

«Je crois que votre gouvernement prend une mesure prudente pour s'assurer que tout le monde comprenne que nous voyons nos processus électoraux comme une infrastructure cruciale de la nation, au même titre que l'industrie de l'acier ou du transport», a-t-il illustré.

Contrecarrer les pirates informatiques pose un défi, croit M. Hayden, mais il serait possible de leur opposer une plus grande résistance.

L'ex-directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Dick Fadden, affirme qu'il est sage de se pencher sur les points vulnérables de la sphère politique sur le plan numérique.

Le CST, qui est l'équivalent canadien de la NSA, peut donner une «idée de l'environnement» et prodiguer des conseils, a-t-il exposé à la suite d'un débat d'experts avec M. Hayden.

Or, Dick Fadden estime qu'Ottawa ne devrait pas chercher à assurer la protection des formations politiques.

«Je crois que les partis politiques doivent faire leur propre travail, comme les entreprises du secteur privé», a souligné l'ancien conseiller en matière de sécurité nationale.

Le risque d'une cyberattaque qui influencerait le résultat d'un scrutin est amoindri par le fait que les bulletins de vote sont en papier et comptés manuellement, a-t-il nuancé.

Au-delà des cyberattaques, plusieurs pays essaient d'influencer des élections étrangères par l'entremise de contributions financières, a d'ailleurs rappelé M. Fadden.

«Où s'arrête l'encouragement diplomatique et où commence l'infiltration? Je ne suis pas certain que ce soit très clair», a-t-il souligné.




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