Transferts en santé: les provinces invitées à faire preuve de réalisme

Bien qu'il ne veuille pas dicter l'allure des... (Photo Adrian Wyld, La Presse Canadienne)

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Bien qu'il ne veuille pas dicter l'allure des négociations qui pourraient déboucher sur un accord de 10 ans, le ministre Bill Morneau laisse entendre que la décision de l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper de ramener à 3 % la hausse annuelle des transferts aux provinces à compter de janvier 2017 sera maintenue.

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Alors que les ministres des Finances et les ministres de la Santé du pays doivent se rencontrer lundi à Ottawa afin de négocier un nouvel accord sur les transferts que verse le gouvernement fédéral aux provinces pour la santé, le grand argentier du pays, le ministre Bill Morneau, tient à rappeler que le gouvernement Trudeau a fait « des investissements importants » dans d'autres domaines pour donner un coup de main à la classe moyenne.

Résultat : les coffres du gouvernement fédéral ne débordent pas d'argent et il est illusoire de croire qu'Ottawa peut continuer d'augmenter les paiements de transfert pour la santé de 6 % par année, comme c'est le cas depuis une décennie.

Bien qu'il ne veuille pas dicter l'allure des négociations qui pourraient déboucher sur un accord de 10 ans, M. Morneau laisse entendre que la décision de l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper de ramener à 3 % la hausse annuelle des transferts aux provinces à compter de janvier 2017 sera maintenue. En entrevue avec La Presse, hier, le ministre Morneau a toutefois rappelé qu'Ottawa s'était engagé à investir 3 milliards au cours des quatre prochaines années pour améliorer les services de soins à domicile et la santé mentale.

« Il faut rappeler nos investissements dans l'Allocation canadienne pour enfants et dans les infrastructures, par exemple. Cela veut dire que nous avons déjà fait des investissements très importants. Durant la dernière campagne, nous avons aussi fait quelques promesses au sujet de notre système de santé, comme le niveau de transfert qui va continuer comme c'était déterminé par le dernier gouvernement. Mais en plus, nous sommes prêts à faire des investissements de 3 milliards dans les soins à domicile », a affirmé hier M. Morneau.

« PRUDEMMENT OPTIMISTE »

L'épineux dossier des transferts en santé a été abordé à la toute fin de la conférence des premiers ministres convoquée par Justin Trudeau la semaine dernière pour mettre la dernière touche au plan pancanadien de lutte contre les changements climatiques. Il a alors été décidé de confier aux ministres des Finances et de la Santé le mandat de conclure un accord.

« La négociation aura pour but de voir comment nous pouvons faire des investissements ensemble avec les provinces pour améliorer notre système dans le domaine des soins à domicile et de la santé mentale. Nous avons entendu les Canadiens et les Canadiennes, y compris les Québécois et les Québécoises, [qui nous ont fait comprendre] que les soins à domicile et la santé mentale sont deux domaines importants et prioritaires. Si nous pouvons faire ces investissements, ce sont des enjeux où nous pouvons faire une différence pour les Canadiens. Cela est notre position », a ajouté M. Morneau, qui se dit « prudemment optimiste » quant à la possibilité de conclure une entente.

« Nous avons entendu que les premiers ministres des provinces veulent plus d'argent, bien sûr, mais sur une plus longue période de temps. Nous pouvons faire des investissements plus importants s'il y a un accord, mais en plus, nous pouvons avoir un accord sur plusieurs années. »

Le ministre des Finances a aussi souligné que l'entente tiendrait compte « de la situation unique du Québec », confirmant ainsi qu'Ottawa n'imposerait pas de conditions strictes au gouvernement Couillard pour qu'il obtienne sa juste part et s'en tiendrait donc à un accord asymétrique pour le Québec.

Dans les coulisses, l'Ontario a fait circuler un projet d'entente d'une durée de 10 ans qui permettrait aux provinces d'obtenir une hausse des transferts équivalant à 5,2 % par année, en tenant aussi compte des investissements dans les soins à domicile, a rapporté cette semaine le quotidien The Toronto Star.

« AMÉLIORER LE SYSTÈME »

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, également en entrevue avec La Presse hier, n'a pas voulu commenter la proposition de l'Ontario, mais elle s'est dite optimiste quant à la possibilité d'un accord.

« Il est important de poursuivre les discussions dans un esprit de collaboration. J'ai eu plusieurs discussions avec mes homologues au cours des derniers mois. Et nous sommes tous d'accord qu'il y a des défis dans les soins de santé, en particulier dans le domaine des soins à domicile et de la santé mentale. Nous sommes d'accord que cela doit être les priorités. Les provinces savent déjà que nous allons augmenter les transferts en matière de santé. Mais si on doit avoir des investissements supplémentaires, il faut qu'ils permettent d'améliorer le système », a dit la ministre Philpott, qui s'est entretenue avec son homologue québécois Gaétan Barrette hier matin.

Mme Philpott a souligné que le ministre Morneau était en train de préparer son prochain budget et qu'il faudrait conclure un accord au cours des prochaines semaines pour qu'il soit inclus dans le cadre financier du prochain exercice financier.




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