L'ombre de Trump plane sur le sommet de l'OTAN

Justin Trudeau au sommet de l'OTAN en juillet dernier.... (ARCHIVES PC)

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Justin Trudeau au sommet de l'OTAN en juillet dernier. Le Canada arrive au 20e rang des pays contributeurs de l'OTAN sur 28, ses dépenses militaires équivalant à environ 1% de son PIB.

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(Ottawa) Les critiques de Donald Trump durant la campagne présidentielle au sujet de la contribution insuffisante de la majorité des membres de l'OTAN pourraient convaincre certains pays européens de revoir à la hausse leurs dépenses militaires. Et le Canada pourrait difficilement faire bande à part face aux critiques du président désigné, estime le député conservateur Pierre Paul-Hus.

De passage à Istanbul, en Turquie, afin de participer à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN qui a pris fin hier, M. Paul-Hus a soutenu que plusieurs de ses collègues des autres pays craignaient que les critiques de Donald Trump ne portent ombrage à la session automnale de l'organisation qui regroupe des élus des 28 pays membres de l'OTAN et de 14 pays associés.

Or, les pays européens ont plutôt convenu qu'ils ne peuvent plus se fier uniquement à leurs alliés américains pour mener à bien les grandes opérations militaires aux quatre coins du monde et qu'ils doivent donc mettre davantage l'épaule à la roue en haussant leurs dépenses militaires.

«Il semble que les critiques de Donald Trump aient sonné le réveil de certains pays européens», a indiqué hier M. Paul-Hus en entrevue téléphonique, soulignant les propos que des parlementaires européens lui ont tenus durant les quatre jours de la rencontre.

«Les Européens ont décidé de se regarder dans le miroir. Ils ont convenu que Donald Trump avait raison. Certains pays n'en font pas assez.», ajoute M. Hus. 

«Les investissements des Américains en Europe, sous Barack Obama, sont passés de 1 milliard de dollars à 4 milliards de dollars par année, pour consolider la défense sur le territoire face à la menace de la Russie. Un député britannique s'est levé durant l'Assemblée pour dire que les Européens doivent faire un examen de conscience», a ajouté M. Paul-Hus.

Le Canada montré du doigt?

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, s'est d'ailleurs servi des critiques de Donald Trump en fin de semaine pour inviter les pays membres de l'alliance militaire à intensifier leurs dépenses militaires. M. Stoltenberg a aussi nommé le Canada à trois reprises parmi les pays qui doivent en faire plus, selon M. Paul-Hus.

Hier, M. Stoltenberg a indiqué aux parlementaires avoir discuté de l'avenir de l'OTAN avec le président désigné Donald Trump vendredi. Durant la campagne électorale, M. Trump a évoqué la possibilité que les États-Unis ne viennent pas en aide aux pays de l'OTAN qui ne respectent pas le critère concernant les dépenses militaires, qui doivent atteindre 2% de leur produit intérieur brut (PIB) respectif. «Il est clair qu'il montrait le Canada du doigt», a dit M. Paul-Hus.

Au 20e rang des contributeurs

À l'heure actuelle, seulement 5 des 28 pays de l'OTAN respectent ce critère : les États-Unis, la Grèce, la Pologne, la Grande-Bretagne et l'Estonie. Le Canada arrive au 20e rang des pays contributeurs, ses dépenses militaires équivalant à environ 1% de son PIB. Pour respecter l'objectif de dépenses militaires fixé par l'organisation, le Canada devrait donc les doubler. Il est peut-être illusoire de penser que le Canada pourrait doubler du jour au lendemain ses dépenses militaires, a convenu le député conservateur, qui est aussi membre du comité permanent de la défense de la Chambre des communes. Mais il est évident que le gouvernement Trudeau a choisi une autre voie en reportant dans le dernier budget des dépenses de 3,7 milliards de dollars.

Pour M. Paul-Hus, qui a été élu vice-président de la commission de défense et de sécurité de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, en fin de semaine, il est évident que l'alliance militaire demeure une organisation importante en raison des velléités expansionnistes de la Russie. «Après la fin de la guerre froide, la pertinence de l'OTAN a peut-être diminué. Mais la montée en puissance des organisations terroristes et les gestes faits par la Russie en Crimée et en Syrie» en montrent la pertinence, a dit M. Paul-Hus.

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