Réfugiés palestiniens: Ottawa rétablit le financement

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Au cours d'une annonce surprise mercredi, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a révélé qu'Ottawa allait accorder 20 millions de dollars pour les activités de l'organisme, en plus d'un 5 millions pour une assistance d'urgence.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le gouvernement de Justin Trudeau rétablit le financement de l'UNRWA, l'agence onusienne venant en aide aux réfugiés palestiniens, qui avait été coupé sous Stephen Harper.

En 2010, la ministre conservatrice d'alors, Bev Oda, avait aboli complètement le financement de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), accusant l'agence d'avoir des liens avec le Hamas et d'être proche des terroristes. Le Canada avait été le seul pays donateur à se retirer de la sorte.

Au cours d'une annonce surprise mercredi, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a révélé qu'Ottawa allait accorder 20 millions $ pour les activités de l'organisme, en plus d'un 5 millions $ pour une assistance humanitaire d'urgence.

Elle a insisté sur le fait qu'elle préférait voir les enfants palestiniens sur les bancs d'école plutôt que dans la rue, où ils pourraient être recrutés par des organisations terroristes. Comme les besoins sont criants, l'argent sera versé rapidement, a-t-elle indiqué.

Devant les allégations à l'effet que l'agence onusienne aurait eu des liens avec le Hamas, Mme Bibeau s'est faite rassurante.

«On a fait vraiment une enquête approfondie sur ces différentes allégations-là, on a eu des discussions très honnêtes avec la direction d'UNRWA. On a eu les réponses satisfaisantes», a-t-elle indiqué.

La ministre Bibeau a dit que le Canada prendrait de nombreuses précautions en rétablissant son financement, afin de s'assurer qu'il «ne soit pas détourné».

Elle a affirmé que le gouvernement allait effectuer des visites sur le terrain, faire adopter des mesures antiterroristes «robustes» et effectuer des contrôles de sécurité «rigoureux» pour les employés d'UNRWA qui effectuent des transactions financières.

«Nous sommes ceux qui avons les mesures les plus rigoureuses en termes de suivi», a-t-elle dit.

UNRWA, dont les activités remontent à aussi loin que 1950, vient en aide aux quelque 5 millions de réfugiés palestiniens au Moyen-Orient. L'agence est notamment impliquée dans des programmes d'éducation, de santé et d'aide humanitaire d'urgence.

«L'éducation est l'un des outils les plus puissants pour assurer une plus grande stabilité dans la région. Cette stabilité est également essentielle à la sécurité d'Israël», a fait valoir Mme Bibeau.

La ministre admet néanmoins que cette région est fragile et, conséquemment, commande la prudence. «Nous sommes très, très au courant, conscients qu'il y a des risques. Mais on gère ces risques-là pour faire en sorte que l'argent des Canadiens va vraiment pouvoir se rendre aux enfants réfugiés palestiniens», a-t-elle insisté.

Selon François Audet, de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire (OCCAH), il n'est pas démontré que l'UNRWA ait eut les liens allégués. «Ça reste une agence onusienne, qui doit rendre des comptes extrêmement complexes et sophistiqués au système onusien des bailleurs de fonds», signale-t-il en entrevue.

Et les besoins sont tellement immenses auprès de cette population qu'il importe d'agir, aux yeux du chercheur. «Pour moi, l'impact humanitaire de ce groupe-là (UNRAW) est beaucoup plus important qu'un soutien informel ou informationnel avec un groupe terroriste ou un autre», a-t-il noté.

Grogne des conservateurs

L'annonce de Mme Bibeau a fait réagir les conservateurs, qui y voient une menace pour Israël. Peter Kent, qui était ministre d'État des Affaires étrangères lorsque fut prise la décision de couper le financement, s'est dit carrément «horrifié», affirmant que l'agence onusienne «était complice de la poursuite des hostilités du Hamas».

La leader conservatrice intérimaire Rona Ambrose a repris ses inquiétudes à la période de questions aux Communes. «Alors que le premier ministre clame qu'il soutient Israël, ses actions prouvent le contraire. Comment peut-il s'assurer que ces dollars ne mettront pas les citoyens israéliens encore plus en danger?», a-t-elle demandé.

Alors que la ministre Bibeau répondait à cette question, des députés conservateurs scandaient le mot «honte».

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a quant à lui indiqué qu'il continuait «à émettre de sérieuses réserves au sujet de l'UNRWA, une organisation impliquée dans des groupes terroristes comme le Hamas».

Mme Bibeau a néanmoins pu compter sur l'appui des troupes de Thomas Mulcair.

La députée néo-démocrate Hélène Laverdière a personnellement félicité la ministre Bibeau pour le réengagement d'Ottawa et affirmé que la décision des conservateurs en 2010 était «très idéologique».

«C'était la politique étrangère des conservateurs, avec un manque d'équilibre dans leur approche. Et à courte vue», a-t-elle signalé.

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