Ottawa veut obtenir des milliards de dollars pour des projets d'infrastructure

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Le premier ministre a notamment évoqué des occasions d'investissement totalisant environ 180 milliards $.

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Colin Perkel
La Presse Canadienne
TORONTO

Le Canada n'a aucune raison de s'inquiéter de la concurrence des États-Unis sous la gouverne du prochain président Donald Trump pour attirer des investissements étrangers dans les infrastructures, estime le premier ministre Justin Trudeau.

Prenant la parole à la suite d'une rencontre avec certains des plus riches groupes d'investisseurs au monde, lundi, à Toronto, M. Trudeau a déclaré que le Canada n'aurait aucun problème à attirer sa part de capitaux en concurrence avec les États-Unis.

M. Trudeau a fait valoir la «stabilité» du Canada comme argument pour attirer les investisseurs, faisant référence indirectement au résultat très serré de l'élection présidentielle américaine et à la victoire d'un homme protectionniste et imprévisible en la personne de Donald Trump.

M. Trump a promis d'injecter 1000 milliards $ sur dix ans pour faire du secteur américain des infrastructures le meilleur d'entre tous, par l'entremise de partenariats public-privé et d'incitatifs fiscaux pour encourager l'investissement privé.

Le premier ministre du Canada cherche à attirer certains des mêmes investisseurs mondiaux.

Les investisseurs internationaux recherchent des occasions à faible risque, selon M. Trudeau, qui compte faire valoir le potentiel de croissance à long terme de l'économie canadienne, le peu de barrières réglementaires et une main-d'oeuvre scolarisée.

À Ottawa, les néo-démocrates ont promis de combattre vigoureusement ce qu'ils ont qualifié de stratagème de M. Trudeau pour privatiser les infrastructures publiques. Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de finances, Guy Caron, a dit croire que les investisseurs privés en viendraient à contrôler environ 80 pour cent des routes, ponts, hôpitaux et autres infrastructures construites dans le cadre de la proposition de banque d'infrastructure, destinée à engranger de 4 à 5 $ d'argent du privé pour chaque dollar injecté par le gouvernement fédéral.

En plus, les entreprises chercheraient à obtenir un rendement pouvant aller jusqu'à neuf pour cent, ce qui forcerait les Canadiens à payer des péages et des frais d'utilisation et en viendrait à coûter deux fois plus aux contribuables, a soutenu le député du NPD.

M. Trudeau a reconnu que l'idée d'utilisateur-payeur ne faisait pas l'unanimité.

«Il y a divers modèles à étudier, a dit le premier ministre. Bien sûr, les Canadiens ont des sentiments très forts concernant les divers modèles et nous devons nous assurer que nous répondons aux inquiétudes des Canadiens.»

Le premier ministre Justin Trudeau a passé la journée de lundi à tenter de convaincre certains des investisseurs institutionnels les plus puissants au monde des vertus économiques du pays et de la pertinence d'investir au Canada, en particulier dans les infrastructures.

La première rencontre de M. Trudeau s'est déroulée en compagnie de représentants financiers canadiens, dans un chic hôtel de Toronto. Le premier ministre y a notamment évoqué des occasions d'investissement totalisant environ 180 milliards $.

«Le Canada s'est engagé très fermement à investir dans les infrastructures au cours des 12 prochaines années», a indiqué M. Trudeau au groupe de régimes de retraite et d'institutions financières du Canada.

«Nous devons nous assurer que nos investissements vont diriger le Canada dans la bonne direction et qu'ils seront aussi efficaces que possible.»

M. Trudeau a évoqué l'idée de tirer profit du capital privé pour permettre à l'argent des contribuables «d'aller encore plus loin» - avec l'objectif de placer le pays à l'avant-garde en ce qui a trait aux infrastructures vertes, de transport et d'autres types.

«Nous savons que ces choses joueront un rôle clé dans la croissance du Canada.»

M. Trudeau et plusieurs membres de son cabinet participaient aussi à une deuxième rencontre, plus tard lundi, qui réunissait notamment des représentants de banques centrales, de fonds, d'assureurs et de caisses de retraite dont les actifs combinés totalisent jusqu'à 2100 milliards $.

L'idée d'attirer plusieurs milliards de dollars du secteur privé pour des projets «innovateurs» d'infrastructures est cruciale dans la stratégie à long terme du gouvernement libéral pour stimuler la croissance de l'économie stagnante.

Le sommet des investisseurs a lieu deux semaines après que le ministre des Finances Bill Morneau eut annoncé son intention d'instaurer une banque de l'infrastructure l'année prochaine, dans laquelle le gouvernement devrait investir 35 milliards $ sur dix ans.

En plus de cette banque, le gouvernement prévoit créer un nouvel organisme fédéral, appelé Investir au Canada, dont l'objectif sera d'attirer des investissements étrangers. Ottawa devrait également assouplir les restrictions sur les investissements étrangers.

Le sommet est parrainé par le gouvernement fédéral, mais celui-ci a embauché BlackRock - la plus grande firme de gestion d'actifs du monde - pour organiser l'événement. Le célèbre fondateur de BlackRock, Laurence Fink, devait y être présent.

Aucun projet spécifique n'a été visé jusqu'ici par la banque de l'infrastructure. MM. Trudeau et Morneau, ainsi que le ministre de l'Infrastructure, Amarjeet Sohi, devaient faire valoir à de potentiels investisseurs que des ponts à péage, des réseaux électriques et des systèmes hydrauliques seraient des investissements intéressants pour des gestionnaires qui cherchent des rendements stables et à long terme.

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