Terrorisme en Afrique: le Canada à la recherche d'un «appui optimal»

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Le Canada souhaite renforcer son aide envers les pays africains qui combattent le groupe terroriste Boko Haram.

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Le Canada s'inquiète de la présence de groupes terroristes en Afrique, dont les milices islamistes shebab, responsables d'exactions contre les populations en Somalie et qui font des incursions au Kenya et en Éthiopie, mais aussi Boko Haram, au Nigeria, et la multitude de groupes présents dans le Sahel.

De passage aujourd'hui en Éthiopie, où se trouve le siège de l'Union africaine, le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion annoncera des investissements totalisant près de 1 million de dollars en lien avec la lutte contre l'extrémisme violent dans sept pays africains, ainsi qu'au Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme.

Hier, au Kenya, le ministre Dion a annoncé un investissement de 2,38 millions pour la lutte contre le terrorisme, la prévention de la radicalisation, l'amélioration de la sécurité frontalière et la gestion de l'immigration.

Lundi, au Nigeria, il avait rappelé que le Canada avait versé depuis de début de l'année 8 millions à différentes organisations, dont la Croix-Rouge, qui viennent en aide aux populations touchées par l'insurrection de Boko Haram dans le nord-est du pays.

Outre ces annonces, « le principal objectif de mon voyage, c'est de bien comprendre comment le Canada pourrait avoir un appui optimal » dans les pays qu'il souhaite aider, a indiqué Stéphane Dion en entrevue téléphonique avec La Presse.

Au Nigeria, par exemple, « on est déjà présents », mais le ministre souhaite « renforcer notre aide, non seulement pour lutter contre Boko Haram, mais aussi pour d'autres problèmes », poursuit le ministre, évoquant les problèmes environnementaux liés à l'exploitation pétrolière dans le delta du Niger, l'assèchement du lac Tchad, « qui a perdu 90 % de son volume », ou encore les tensions intercommunautaires.

RÉFUGIÉS ET DROITS DE LA PERSONNE

Stéphane Dion a profité de sa rencontre avec le président kényan Uhuru Kenyatta pour rappeler l'importance que le Canada accorde au camp de réfugiés de Dadaab et lui demander de le maintenir en place.

Nairobi avait annoncé en mai dernier son intention de fermer ce camp de réfugiés, le plus grand du monde avec une population de 344 000 personnes, et d'expulser ceux qui y vivent, affirmant qu'il sert de « sanctuaire » aux shebab somaliens.

En Éthiopie, le ministre Dion entend par ailleurs appeler les autorités à un plus grand respect des droits de la personne et à une amélioration du « processus démocratique », à la suite des manifestations réprimées dans le sang au cours des derniers mois.

PLAIDOYER POUR LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE

Cette première visite en Afrique subsaharienne du ministre Dion est également l'occasion pour lui de se livrer à un plaidoyer en faveur de la Cour pénale internationale, dont trois pays africains ont annoncé récemment leur retrait.

« Le message, c'est "si vous avez des problèmes avec l'institution, exprimez-les et voyons comment on peut l'améliorer, mais on ne peut pas l'améliorer si on en sort" », explique le ministre Dion.

Il ne s'inquiète cependant pas outre mesure, rappelant que de nombreux pays africains « ont parlé très fort pour la Cour » et critiquant ceux qui souhaitent faire défection, la Gambie, l'Afrique du Sud et le Burundi.

« Ce n'est pas tout un pays qui demande à s'en retirer, affirme Stéphane Dion, c'est un gouvernement, lequel est parfois assez déconnecté d'une bonne partie de sa population. »

***

ET DONALD TRUMP ?

« On ne s'est pas trop attardés à ça », confie Stéphane Dion à propos de l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, disant avoir mis l'accent sur les relations entre le Canada et l'Afrique avec ses interlocuteurs africains. Il note toutefois que le résultat de l'élection présidentielle états-unienne a suscité « un intérêt additionnel pour le Canada », pour le « rôle positif et constructif » qu'il pourrait jouer auprès de la prochaine administration à Washington « pour que les institutions multilatérales du monde s'en portent le mieux possible ».

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